Desproges par Desproges – Un cheval entre deux âges….

 Un cheval entre deux âges rentrait tristement au poulailler par un soir sans Mars. Il paraissait soucieux et deux rides profondes barrait sa croupe fripée. La rue Mazarin-Drouet était déserte. Seul un contractuel attardé glissait sa dernière chenille sous l’essuie-main d’une deux-vaches.

Hubert – car c’était lui – ruminait de sombres pensées. Une lueur équidée ravinait son beau visage de cheval-pirate.

La journée avait été percheronne. Une de ces journées où tout trotte mal de l’aube au  couchant. Hubert avait d’abord perdu un escarpin au saut du foin. Puis ç’avait été cette queue interminable devant la forge du maréchal-escarpant. Et puis encore l’indigeste fourrage-mironton qu’une sotte pouliche lui avait servi à la boufferie chevaline, alors qu’il n’aimait que le fourrage à la coque. Enfin et surtout la défaite à Champcourt où Roquézob  l’avait coiffé d’une longueur sur le poteau.

Rue Galop-de-Monroy, une jument de joie l’accosta : « Tu viens, bijou ? » hennit-elle en crottinant derrière lui. Elle portait la crinière relevée en queue d’homme et empestait le «Soir de Purin ». Hubert lui répondit d’une ruade en pleine panse.

Lors un cheval arabe sortit de l’ombre. Selle d’alpaga et oeillières noires, c’était visiblement l’esturgeon de cette mule. Il était armé d’un 22 long Mufle. Il fit feu à bout portant sur Hubert qui, atteint en pleine bavette, s’abattit sans un cri.

«C’est la mort du petit cheval » devait conclure le rapport de pouliche.

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Desproges par Desproges 

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14 réflexions au sujet de « Desproges par Desproges – Un cheval entre deux âges…. »

  1. « Pour bien réussir le cheval Melba , prenez un cheval. Un beau cheval. Le poil doit être lisse, c’est un signe de bonne santé. L’oeil doit être vif, éveillé, et on doit y sentir ce regard indéfinissable, plein de tendresse débordante et de confiance éperdue dans l’homme dont ces cons d’animaux ne se départissent habituellement qu’aux portes des abattoirs. Donc, prenez un cheval. Comptez environ 800 Kgs pour 1 200 personnes. Pendant qu’il cherche à enfouir son museau dans votre cou pour un câlin, foutez-y un coup de burin dans la gueule. Attention! Sans le tuer complètement : le cheval, c’est comme le homard ou le bébé phoque, faut les cuire vivants, pour le jus c’est meilleur! Bon. Réservez les os et les intestins pour le Tiers Monde. Débarrassez ensuite la volaille de ses poils, crinière, et de tous les parasites qui y pullulent, poux, puces, jockeys, etc… »

    Réquisitoire contre Troisgros / Éditions du Seuil / 13/08/2008

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