1275 âmes – Jim Thomson

Il a plu durant la nuit et j’ai assez bien dormi, comme toujours quand il pleut. Ce matin vers dix heures, pendant que j’expédie un deuxième petit déjeuner, vu que j’ai pas mangé grand chose en me levant, à part trois ou quatre œufs, des crêpes et des saucisses, Rose Hauck me téléphone.

Elle essayait de me contacter depuis un bout de temps déjà mais c’était toujours occupé à cause de Myra  qu’arrêtait pas de cancaner sur Sam Gaddis. Myra lui fait la conversation une ou deux minutes, puis elle me la passe. 

– Dis donc, Nick, j’ai bien peur qu’il soit arrivé quelque chose à Tom, me dit Rose, comme si elle n’était pas au courant. Son cheval est rentré sans lui, ce matin.

– Pas possible ! Tu crois que je devrais commencer à le rechercher ?

– Ben, euh … je ne sais pas trop, Nick. Si Tom n’a rien, il pourrait la trouver mauvaise que j’envoie le shérif  après lui.

À quoi je réponds que c’est sûr et certain. Tom, il aime pas bien qu’on se mêle de ses affaires. Peut-être qu’il se sera abrité quelque part en attendant que la pluie cesse et que ça sèche un peu, avant de rentrer ? 

– Oui, ça doit êt’  ça, elle dit, en feignant le soulagement. Probable qu’il n’avait pas de couverture pour la jument ; c’est pour ça qu’il l’aura renvoyée toute seule.

– Probable, oui. Après tout, il ne t’avait pas dit qu’il rentrerait hier soir, si ?

– Non, non. Il ne me dit jamais combien de temps il compte rester absent.

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 1275 âmes – Jim Thomson