Lettre à Cyclopédie

Chère Cyclopédie,

Je t’écris suite à la parution de ton annonce dans le mensuel « agenda ironique » de décembre dernier.

Ton message « Silence suspect, se voir qd, où ? Courage, lutte avt éclaircie. Trust in you babe. C.  »  m’a, il faut bien le dire, chamboulé. Depuis hier soir, il neige, les nuages sombres s’accumulent sur ma tête – des sortes de Cirrhus black, je me demande si ton annonce n’était donc pas prémonitoire. Donc ce matin, je me suis levé, phénomène rare ces temps-ci , j’ai laissé mon traverssimple de nouveau célibataire  sur le lit et je  suis sorti de chez moi et de ma dépression hivernale : Je me suis dit « Jojo cela ne peut pas continuer comme ça »;  j’ai lutté, lutté contre les éléments, j’avais mis mon pull-overste, mon chapauvre,  mes moccassimples (jamais je ne renierais mes origines Cherokee) , et suis donc parti dans le froid hivernal, direction la bibli, où je pouvais espérer avoir une connexion internet correcte pour t’écrire ces quelques mots. « Pour moi la vie va commencer », c’est ce que je chantonnais pour ne pas voir la neige recouvrir mes mocassimples, j’aurai dû mettre mes bottes fourrées à lacets rouges, c’est sûr. Une fois à la bibli, le bibliothécaire m’a offert une tisane de mirabelge noyée dans le muscatorze : J’ai plongé dans ses yeux bleus, me demandant un instant si je ne l’avais pas vu récemment dans le petit écran ? il a bien vu que j’étais sous le choc de la découverte de ton annonce  : Babe, cela faisait des années que personne ne m’avait appelé Baby. Je me revois adolescent avec Magratte (tu te rappelle le nom de ma guitare ? ) que je chatouillais  avec mes mains d’argents :  » baby I’ve got you Baby », mais je ne suis plus un Bad Boy, il y a longtemps maintenant que j’ai refermé la boite de pandore, ces pommes magiques et empoisonnées, ses tablettes de chocolat gagnants comme ce fou de Charlie dans la chocolaterie.

A la bibli plus de connexions internet, nous étions seuls au monde, le bibliothécaire et moi à regarder les flocons tomber : J’avais des ronds étranges devant les yeux : tu sais un peu comme quand on va chez l’ophtalmo et qu’il nous demande si on voit un point rouge au milieu du rond vert ou un point vert au milieu du rond rouge : pour moi le cercle rouge est toujours totalement séparé du vert et je n’arrive plus à accommoder ma vue.

Il m’a dit cash : « Johnny, tu peux pas continuer comme ça avec Cyclopédie, tu as perdu tout sens commun ». Tu me connais, je suis un peu parano depuis Las Vegas et ma perte du paradis mais le fait qu’un inconnu à la bibli me dise ton nom m’a fait douter de ma raison. Sibyllin, il a rajouté : « Nom d’une pipe en boite, il ne faut plus prendre les parapluies pour des sirènes ! », si tu veux je serai ton aide-de-camphre, je connais plein de tisane pour te requinquer !

Tu comprendras qu’avec tout ce qui m’est arrivé aujourd’hui, j’ai besoin de vacamphres : je pars sur mon bateau que tu connais bien ce soir pour les Caraïbes, pour Sainte Lucie je précise (et ces 25 degrés toute l’année), Saint Barth est surpeuplé en ce moment mais à part dans les Caraïbes où penses tu que je puisse trouver une sirène ? Heureusement qu’il ne m’a pas dit « Nom d’une pipelette en boite, il ne faut plus prendre les paradigmes pour des citrouilles ! »  il aurait fallu que je mette les voiles pour le pays de Cendrillon et depuis Alice je fuis tous les contes et j’en jauni à l’idée.

Chère Cyclopédie, excuse-moi partenaire, de ce silence que tu as eu raison d’appeler suspect, je te prie de m’excuser, je te promets de me secouer les puces et de réagir : donne-moi vite de tes nouvelles :  Tu es la fille du soleil, ma panthère noire,  j’en oublie toutes les autres : Gabrielle, Laura, Pony , Carole, Jeanie, Marie, Vanessa, Clémence, Amber,  Adeline). J’embrasse aussi ta sœur Pénéloppédie, j’aime ce doux nom de Pénéloppédie qui me fait penser à mon autre Pénéloppe, la Cruz )

 

Ton Johnny qui t’aime et qui restera pour toujours ton petit ours en peluche

PS : On se retrouve comme prévu sur le tournage des Animaux fantastiques ?

Ton Johnny Depp pour la vie

 

 

L’agenda ironique de décembre 2017 est chez Clémentine et Anne avec un collage de Anne et une phrase à placer« Nom d’une pipe en boite, il ne faut plus prendre les parapluies pour des sirènes! ». quelques mots complètement inventés, de déclinaisons alambiquées ou de situations invraisemblables. Et, cerise sur la maréchaussée,  c’est que nous aimerions beaucoup, mais alors beaucoup, en plus de tout ça, qu’il soit présenté sous forme de lettre.

 

Remerciements :

Je remercie Martine pour son idée de R’né qui m’a permis de trouver ceci :

Et aussi Tu dînes ce soir pour l’idée originale de ces lettres à C. Les chansons à écouter sont celles de Johnny en particulier :  Requiem pour un fou 

Et bien entendu Glomérule et Carnets qui soulevaient ici l’autre jour, et ici précédemment, la grave question des mots sans rime.