Le livre du visage aimé – Thomas Bouvier

Aussi, à l’improviste, alors que mon esprit vaguait depuis un moment loin de tout travail précis, dans des moments de détente ou d’attente, me revenaient à l’esprit des images ou des sensations.

Attendant au feu rouge, pied à terre, le guidon dans les mains, je repensais qu’à Woebblin, il fallait faire la garde des morts et que des sentinelles armées de gourdins devaient tuer « ceux qui mangent cette chair misérable et fétides des cadavres » et je me souvenais où et quand nous avions lu cela : dans L’univers concentrationnaire de D. Rousset.

Dans la salle d’attente d’une gare, entre deux trains, je revoyais soudain des hordes de chevaux envahissant les routes, des centaines, des milliers de chevaux, conduits par des jeunes filles, rouges et échevelées qui montaient à cru et qui, le soir, poussaient leurs troupeaux dans les bois ou les prairies pour les laisser paître jusqu’à l’aube et je me souvenais que c’était dans La trêve de Primo Levi.

A la caisse d’un supermarché, patientant derrière une mère de famille qui avait rempli un caddie pour le week-end me revenait le passage des « Jamais je n’oublierai… » de La nuit d’Elie Wiesel et la phrase : « Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert. »

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Le livre du visage aimé – Thomas Bouvier

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