Nord-Michigan – Jim Harrison

Joseph avait toujours été impressionné par le caractère net et pimpant d’une ferme en exploitation. Souvent, le gazon n’était pas tondu et la maison et les bâtiments n’avaient pas été repeints depuis longtemps, mais il y avait un charme particulier dans les vieux outils, les énormes tas de fumier et les grands champs cultivés. Il n’aimait pas les fermes proches de la ville qui avaient été rachetées comme résidences par les cadres de l’usine de laminage du comté. Après la guerre, l’usine s’était développée en fabriquant des pièces détachées pour les fenêtres et les caravanes de tourisme. Ceux qui avaient les meilleurs postes achetèrent des fermes à proximité du chef-lieu du comté et les laissèrent en friche ou les reconvertirent en pâturage pour les chevaux de leurs enfants. Une partie des terres fut revendue pour construire des lotissements pour les ouvriers de l’usine, et les maisons furent modernisées. On y ajouta des faux volets. Parfois même, on les entoura de barrières en bois blanc et on peignit en rouge les bâtiments annexes. Peut-être avaient-ils tenté de les faire ressembler aux fermes du Kentucky ou de Nouvelle-Angleterre.

Nord-Michigan – Jim Harrison