L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – Haruki Murakami

 

Difficile parfois de comprendre les agissements de Tsukuru Tazaki (l’incolore du titre). Au lycée il était très ami avec 4 personnes, deux garçons et deux filles (leur nom contient chacun une couleur – Akamatsu – pin rouge -, Ômi – lac ou mer bleue, Shirane – racine blanche – et Kurono – champ ou prairie noire)  et celui de Tsukuru Tazaki n’en contient pas  d’où le début du titre « incolore »

Au début, ce jeune homme m’a paru bien insipide (histoire de ne pas dire incolore) : Il se fait rejeter par ses amis et ne demande aucune explication…étrange… Le début m’a un peu pesé (les idées de suicide qu’il rumine me rappelait trop la ballade de l’impossible) et puis Tsukuru se remet à vivre (quand il parle de sa passion la construction de gares il peut devenir réellement intéressant et convaincant)

A l’université, il rencontre un jeune homme (dont le prénom signifie « Marais gris », ami avec lequel il écoute Litz et les années de pèlerinage. Ce jeune homme disparait mystérieusement de sa vie…Tsukuru se croit alors incapable de se faire des amis et se consacre à sa seule profession.

Plus tard, il rencontre une jeune femme, Sara, qui l’incite à chercher une explication au rejet à la fin du lycée de ses 4 amis…commence alors la réelle année de pèlerinage de Tsuruku qui le mènera dans un périple au Japon puis en Finlande…

Bien que jeune (36 ans), Tsukuru utilise très peu Internet et n’a jamais eu l’idée de rechercher ses anciens amis…

Ce roman a commencé à m’intéresser une fois que la jeune femme entre dans sa vie et le convainc de rechercher ses anciens amis… Les rencontres successives montrent bien l’évolution que chacun prend après la fin du lycée…

J’ai beaucoup aimé aussi l’explication des prénoms japonais (étant moins même une jument verte aux yeux légèrement bridés)

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Quelques extraits

Nous vivons dans une époque d’indifférence totale et, pourtant, nous sommes cernés par une énorme quantité d’informations, très faciles à obtenir, sur tout un chacun. Et en réalité nous ne savons presque rien sur les autres.

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Tsukuru était surtout impressionné par l’innombrable quantité d’humains qui peuplaient cette planète. Il lui semblait tout aussi miraculeux que, dans ce monde, circulent un si grand nombre de trains. Que tant de gens dans tant de wagons soient ainsi transportés aussi méthodiquement. Que tant de gens viennent de quelque part et se rendent autre part.

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Il se peut que je sois un homme vide de contenu,
pensait Tsukuru. Il y a néanmoins des gens qui m’approchent, au moins temporairement. Comme des oiseaux de nuit solitaires en quête d’un lieu sûr et désert, sous les toits, où ils pourront se reposer durant la journée. Ces oiseaux- là se sentent bien dans un espace vide, peu éclairé, très silencieux. Tsukuru devait donc peut-être se réjouir de son vide.

 

 

Livre recommandé par Soène et qui rentre parfaitement dans le challenge lire sous la contrainte de Philippe avec la contrainte « apostrophe »

 

Chez Loupiot et chez son ami Tom, de La Voix du Livre et aussi ici

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