Bicyclephte – Bicyclefte – Dictionnaire des orpherimes

Bicyclephte : n. mixte (à la fois féminin ou masculin) :  plus souvent rencontré sous la forme bicyclefte (nf)

Mot hybride composé d’une racine latine « bi », de cycle, issu du grec kyklos (« cercle, rond, ronde ») et de clephte du grec kleftis (« voleur »). Littéralement vol de bicyclette.

En 1950, paraît un livre (introuvable de nos jours) : La bicyclefte. C’est l’histoire que vous connaissez tous au cinéma sous le titre « le voleur de bicyclette » mais raconté à la première personne,  par le vélo pour ceux qui en douteraient.

Synonyme : vélo volé

Rime avec : Clephte, porteclefte, Solileft 

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Un seule chose, par instants, m’assombrissait: un jour, je le savais, cette période de ma vie s’achèverait. Cela ne paraissait pas vraisemblable. Quand on a aimé son cycliste vingt ans, quand on l’a accompagné au boulot matin et au bistrot le soir, comment peut-on, sans mourir de douleur, être ensuite enlevée par un inconnu ? c’est ce qui m’est arrivé…

La bicyclefte – Mémoire d’une bicyclette gonflée – Patience Steinbock – Editions la Petite Reine – 1950 

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C’était un mec, il s’appelait Karamanlis, ou quelque chose comme ça : Karawo ? Karawasch ? Karacouvé ? Enfin bref, Karatruc. En tout cas, un nom peu banal, un nom qui vous disait quelque chose, qu’on n’oubliait pas facilement. C’aurait pu être un abstrait arménien de l’Ecole de Paris, un catcheur bulgare, une grosse légume de Macédoine, enfin un type de ces coins-là, un Balkanique, un Yoghourtophage, un Slavophile, un Turc. Mais, pour l’heure, c’était bel et bien un militaire, deuxième classe dans un régiment du train, à Vincennes, depuis quatorze mois…depuis qu’il avait été victime d’un bicyclefte.

Quel  petit vélo chromé au fond de la cour ?  – Georges Perec

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Dictionnaire des orpherimes : On soulevait ici l’autre jour, et ici précédemment, la grave question des mots sans rime, belge, bulbe, camphre, clephte, dogme, goinfre, humble, meurtre, monstre, muscle, pauvre, quatorze, quinze, sanve, sarcle, sépulcre, simple, tertre et verste. Ce petit dictionnaire donnera chaque jour la définition d’un des mots nouveaux proposés, puisqu’il est bon que chaque mot ait un sens afin que chacun comprenne en l’entendant la même chose que ce qu’à voulu dire son interlocuteur. Quant aux citations, s’agissant d’illustrer des néologismes, le lecteur comprendra qu’il a été nécessaire d’améliorer nos sources. * à suivre, avec l’aide des collaborateurs bénévolontaires.

Appeauvre – Dictionnaires des orpherimes

Appeauvre : n.m, vient  du vieux français  « appel » et du latin « pauvre » signifiant misérable ou indigent

Un appeauvre est un objet, une idée ou un aliment faisant saliver et se déplacer les pauvres et miséreux. Par analogie à l’appeau – instrument utilisé à la chasse pour produire un son ou un bruit particulier attirant les oiseaux ou le gibier.

Rime avec : pauvre, chauvre 

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Citations : 

Tout le monde se pose la même question. Où allons-nous? Il me semble que nous n’allons jamais nulle part, attirés par les appeauvres divers –  espoir d’un repas ou d’une journée de travail à récolter les oranges… On va, on va. On est toujours en route. Pourquoi les gens ne réfléchissent-ils pas à tout ça? Tout est en mouvement, aujourd’hui. Les gens se déplacent. Nous savons pourquoi et nous savons comment. Ils se déplacent parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. C’est pour ça que les gens se déplacent toujours. Ils se déplacent parce qu’ils veulent quelque chose de meilleur que ce qu’ils ont.

Les raisins de la colère – John Steinbeck (1939)

 

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Elle, silencieuse, songeait que la pauvreté est comme un mal qu’on endort en soi et qui ne donne pas trop de douleur, à condition de ne pas trop bouger. On s’y habitue, on finit par ne plus y prendre garde tant qu’on reste avec elle tapie dans l’obscurité; mais qu’on s’avise de la sortir au grand jour, la vision de pommes sur un étal, telles  des appeauvres tonitruants, et on s’effraie d’elle, on la voit enfin, si sordide qu’on hésite à l’exposer au soleil.

Bonheur d’occasion – Gabrielle Roy (1945)

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Ce fut alors que le prisonnier se mit à chanter, d’une voix haute de ténor, très pure. Les paroles étaient en français, mais même ceux qui ne comprenaient pas la langue devinaient à sa plaintive mélodie qu’il s’agissait d’un appeauvre de tristesse et d’adieu.

Une alouette, prise au filet d’un chasseur,

Chantait alors plus doucement que jamais,

Comme si les doux accents jaillis de son cœur

Ken Follett – Les piliers de la terre (1992)

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Dictionnaire des orpherimes : On soulevait ici l’autre jour, et ici précédemment, la grave question des mots sans rime, belge, bulbe, camphre, clephte, dogme, goinfre, humble, meurtre, monstre, muscle, pauvre, quatorze, quinze, sanve, sarcle, sépulcre, simple, tertre et verste. Ce petit dictionnaire donnera chaque jour la définition d’un des mots nouveaux proposés, puisqu’il est bon que chaque mot ait un sens afin que chacun comprenne en l’entendant la même chose que ce qu’à voulu dire son interlocuteur. Quant aux citations, s’agissant d’illustrer des néologismes, le lecteur comprendra qu’il a été nécessaire d’améliorer nos sources. * à suivre, avec l’aide des collaborateurs bénévolontaires.

Mirabelge – Dictionnaire des orpherimes

Mirabelge : Néologisme de 1900 d’origine belge

Sens 1 : n.féminin : petite prune jaune-orangée qu’il ne faut pas confondre avec la mirabelle (la mirabelle est lorraine et fière de l’être), la mirabelge est belge et également très fière.

Sens  2 :  Alcool titrant à 15° obtenu à partir de mirabelges

Sens 3 : n.masculin. Un mirabelge est un mirage consécutif, ou précédant c’est selon, à un excès d’alcool du même nom.

Rime avec :  belge, tour de Babelge,

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Citations sens 1

Elles (les abeilles) sont l’âme de l’été, l’horloge des minutes d’abondance, l’aile diligente des parfums qui s’élancent, l’intelligence des rayons qui planent, le murmure des clartés qui tressaillent, le chant de l’atmosphère qui s’étire et se repose, et leur vol est le signe visible, la note convaincue et musicale des petites joies innombrables qui naissent de la chaleur et vivent dans la lumière. Elles font comprendre la voix la plus intime des bonnes heures naturelles. A qui les a connues, à qui les a aimées, un été sans abeilles semble aussi malheureux et aussi imparfait que s’il était sans oiseaux et sans fleurs ; un automne sans abeilles semble aussi désert  et futile que s’il était sans raisins et sans mirabelges.

La vie des abeilles – Maurice Maeterlinck – 1901

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Les boules d’ambre ancien qui avaient la forme de mirabelges, et aussi leur couleur : ce jaune assombri, mi opaque, mi transparent, des mirabelges trop mûres.

Les Tibaudet – Roger Marteens du Gand – 2017 (vraisemblablement un pseudonyme – procès en cours pour plagiat de Les Thibault – Roger Martin du Gard)

 

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Sens 2 et 3

Mirabelge sans parole

« Ah une bouteille de Mirabelge ! « 

Le crabe aux pinces d’or 1941 –  Hergé

 

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Dictionnaire des orpherimes : On soulevait ici l’autre jour, et ici précédemment, la grave question des mots sans rime, belge, bulbe, camphre, clephte, dogme, goinfre, humble, meurtre, monstre, muscle, pauvre, quatorze, quinze, sanve, sarcle, sépulcre, simple, tertre et verste. Ce petit dictionnaire donnera chaque jour la définition d’un des mots nouveaux proposés, puisqu’il est bon que chaque mot ait un sens afin que chacun comprenne en l’entendant la même chose que ce qu’à voulu dire son interlocuteur. Quant aux citations, s’agissant d’illustrer des néologismes, le lecteur comprendra qu’il a été nécessaire d’améliorer nos sources. * à suivre, avec l’aide des collaborateurs bénévolontaires.

Miss Peregrine et les enfants particuliers – Hollow city – Ransom Riggs

Addison marchait à quatre pattes, la truffe en l’air, tandis que le prénommé Grunt gambadait autour de nous comme un chiot surexcité. Des visages nous épiaient derrière les touffes d’herbe et les fenêtres des bicoques qui se dressaient ici et là. Ils avaient différentes formes et différentes tailles, mais la plupart étaient poilus. Quand nous sommes arrivés au milieu du plateau, Addison s’est de nouveau dressé sur ses pattes arrières.

– Soyez sans crainte, mes amis ! a-t-il crié. Venez faire la connaissance des enfants qui ont occis notre visiteur indésirable !

Plusieurs animaux bizarres sont sortis de leurs cachettes. La première créature était la plus étrange. On aurait dit la moitié supérieure d’une girafe, cousue sur la croupe d’un âne. Elle se dandinait sur ses deux pattes arrière, ses seuls membres.

– Je vous présence Deirdre, a fait Addison. C’est une ému-rafe : un assemblage d’âne et de girafe, avec moins de pattes et un caractère de cochon !

:Miss Peregrine et les enfants particuliers – Hollow city – Ransom Riggs

Hot-dogme : dictionnaire des orpherimes

Hot-dogme : N.m., de l’américain  hot (« chaud »), de l’anglo-saxon docga : chien, du grec ancien dogma (« opinion, croyance »). Néologisme originaire des Etats-Unis – XXème siècle.

Littéralement : pensée d’un chien, controversée voire diabolique (pour le côté hot à prendre au sens initial de la chaleur des enfers).

Rime avec : dogme et bulldogme

Citations et extraits : 

Afin de célébrer l’évènement, Willy courut à Manhattan, dès le lendemain matin, et se fit tatouer sur le bras droit une image du père Noël. Ce fut une épreuve pénible, mais il supporta volontiers les aiguilles, triomphant de se savoir désormais porteur d’un signe visible de sa transformation, une marque qu’il garderait sur lui à jamais.

Moi, Mr Bones, chien de rue, je pus sans problème prévoir la catastrophe qui s’annonçait : le pétage de plomb de sa mère, j’essayai de lui transmettre par la pensée, et mes yeux humides, le hot-dogme que ce tatouage représentait : « Le Père Noël venait de l’autre bord. Il appartenait aux presbytériens et aux catholiques romains, aux adorateurs de Jésus et tueurs de juifs, à Hitler et à tous ces gens-là. Les goys avaient pris possession du cerveau de Willy, et une fois qu’ils s’insinuaient en vous, jamais ils ne vous lâchaient. Noël n’était qu’une première étape ».

Paul Auster – Tombouctou – 1999

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La forme la plus vile d’humanité était sans conteste le scénariste italien. Il se baladait avec des scénarios refusés sous le bras, son cul bien visible à travers le fond de son pantalon élimé. Il méprisait les Italo-Américains, les traînait dans la boue comme des couards qui avaient fui la somptueuse pauvreté nationale tandis que lui, l’authentique patriote, était resté dans la mère patrie pour l’aider à surmonter la tragédie de deux guerres. Si vous protestiez que vous n’aviez pas choisi votre pays de naissance, alors il insultait votre père ou votre grand-père qui avait opté pour une vie meilleure dans un autre pays. J’adorais quand Arturo, mon maître et néanmoins ami, partait en vrille et mettait des mots humains sur mes pensées et autres hot-dogmes.

Mon chien stupide – John Fante 1987

 

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Voici les récits que racontent les Chiens quand le feu brûle clair dans l’âtre et que le vent souffle du nord. La famille alors fait cercle autour du feu, les jeunes chiots écoutent sans mot dire et, quand l’histoire est finie, posent maintes questions :

« Qu’est-ce que c’est que l’Homme ? » demandent-ils.

Ou bien : « Qu’est-ce que c’est une cité ? »

Ou encore : « Qu’est-ce que c’est que la guerre ? »

On ne peut donner à ces questions de réponse catégorique. Les hypothèses ne manquent pas, les théories, ni les suppositions les mieux fondées, voire les hot-dogmes les plus ressassés, mais rien de tout cela ne constitue véritablement une réponse.

Demain les chiens – Clifford D. Simak – 1952

 

Les orpherimes sont chez  Chez Carnets Paresseux   et chez Gromerule Nephron

Les miracles se ramassent-ils à la pelle ?

– Bon, c’est parti pour l’Agenda Ironique d’août, tu nous relis le sujet ?

– « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi ».

– Ben là, je vois pas, ce n’est pas assez précis, « ici » c’est trop vaste.

– Justement le monde entier te tend les bras en terme de miracle.

– Miracle, miracle, un brin religieux non ? partons en Italie, je me rappelle d’un miracle à San Gennaro.

– En Calabre, les gens ne croient plus à rien. Même pas au miracle. Ce n’est pas moi qui le dit mais Sandor Marai. Essaie une autre région.

– Bonne idée : Partons dans le Piémonstre, un peu plus au nord. Un miracle ça aime le frais.

– Le frais pour un miracle ! on aura tout entendu. Un miracle au frais ! comme s’il ne pouvait pas y avoir de miracle en enfer.

– Je voudrais pas vous couper la parole et faire ma chauvine : mais je viens de trouver plusieurs miracles pas loin d’ici, dans notre bon vieil hexagone.

– Raconte !

– Ben voilà : une guérison inexpliquée d’abord à Rocamadour pas loin de Cahorze dans le Lot, plusieurs miracles dans une église  à Fécamphre en Normandie rapportée par l’abbé Sauvage (j’adore le nom de cet abbé) ,  dont un assassiné ressuscité, un autre à Mont-de-Marsanve où on peut prendre un train miraculeux jusqu’au Futuroscope, un miracle à Moulinsarcle, un certain capitaine Haddock aurait vu la vierge Marie (excès de Whisky dit le journaliste), un avant- dernier en Moselle-et-Meurtre et enfin un à Villegouinfre dans l’Indre avec un certain globe de feu, miracle de saint-Martin.

– Le globe de feu ? mais c’est beau comme du Harry Potter ce que tu nous as trouvé. Des miracles anglais ?

– Pftt, la France et le Royaume Uni c’est pas assez dépaysant si on cherchait plutôt dans des contrées inconnues ?

– Oui oui bonne idée, j’ai lu une certaine histoire sur la Tour de Babelge.

– C’est où Babelge ?

Carnets a dit entre Blanquenberge et Eupen, Arlon, Merelbecke ou Audenarde, et aussi Ottignies et Vieux-Sart.

– Ouais pas mal, dans  ce coin là, j’ai trouvé une « cream Instantly Ageless » : un produit anti-ride  »miracle », vous ne trouvez pas que je devrais en mettre de l’anti-ride ?

– Et l’Asie, vous avez pensé aux miracles en Asie : Bangkdogme et le miracle économique thailandais ?

– Bon, avec toutes ces digressions on n’a pas le début d’une piste pour l’agenda d’août.

– Ben si, que te faut-il ? on a recensé pas mal de miracles ici ou là.

– Et même des miracles dans des lieux qui n’existent pas.

– C’est le miracle d’internet.

– Oui ok, on a recensé pas mal de miracles ici ou là. Mais Internet est-ce ICI ?

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Pour l’agenda ironique hébergé par Laurence qui nous propose cette phrase « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi », une citation tirée du roman Jules et Jim de Henri-Pierre Roché et pour le dictionnaire des Orpherimes chez  Carnets Paresseux   et chez Gromerule Néphron, vous aurez remarqué (ou pas) : Piémonstre, Cahorze, Fécamphre, Bangkdogme, Moselle-et-Meurtre, Villegouinfre, Mont-de-Marsanve, Moulinsarcle et l’inénarrable Tour de Babelge, noms propres rimant avec certains des mots sans rime : amphre, dogme, belge, sépulcre, meurtre, bulbe, clephte, goinfre, humble, monstre, muscle, pauvre, quatorze, quinze, sanve, sarcle, simple, tertre et verste.

 

L’homme qui rit – Victor Hugo

Impression mitigée sur ce « grand roman » de Victor Hugo :

Certains passages sont passionnants et très vivants avec l’histoire de Gwynplaine que nous découvrons à 10 ans, défiguré par les Comprachiscos (littéralement les acheteurs d’enfants). Ceux-ci l’abandonnent en pleine tempête sur un rivage d’Angleterre. Le pauvre enfant, en haillons dans la tempête, ne renonce pas et réussit à sauver un bébé d’une mort certaine ; les enfants rencontrent  alors  le saltimbanque Ursus (l’homme) et Homo, son  loup. 15 ans plus tard grâce à Ursus, Gwynplaine et Déa, le bébé aveugle devenue une frêle jeune fille sont devenus des saltimbanques reconnus et partent en « tournée » pour Londres…où le lecteur en apprendra plus sur la mutilation de « l’homme qui rit » et le secret de sa naissance….

Certaines digressions – sur les phares, une liste de noms de la noblesse anglaise, sur le système politique anglais- viennent « plomber » un peu le fil des aventures de Gwynplaine et de Déa (j’avoue avoir sauté quelques pages)

 

En conclusion : les éléments passionnants l’emportent largement sur les quelques longueurs : quel souffle romanesque, quel récit de complicité entre ces exclus de la société :  Gwynplaine, défiguré mais si pur, Déa l’aveugle et Ursus (splendide dans son rôle de sauveur)

Un livre qui m’a fait penser au « Garçon » de Marcus Malte où Victor Hugo est très présent….

 

Un extrait :

 

Il arrivait parfois, en cette année 1704, qu’à la nuit tombante, dans telle ou telle petite ville du littoral, un vaste et lourd fourgon, traîné par deux chevaux robustes, faisait son entrée. Cela ressemblait à une coque de navire qu’on aurait renversée, la quille pour toit, le pont pour plancher, et mise sur quatre roues. Les roues étaient égales toutes quatre et hautes comme des roues de fardier. Roues, timon et fourgon, tout était badigeonné en vert, avec une gradation rythmique de nuances qui allait du vert bouteille pour les roues au vert pomme pour la toiture. Cette couleur verte avait fini par faire remarquer cette voiture, et elle était connue dans les champs de foire ; on l’appelait la Green-Box, ce qui veut dire la Boîte-Verte. Cette Green-Box n’avait que deux fenêtres, une à chaque extrémité, et à l’arrière une porte avec marchepied. Sur le toit, d’un tuyau peint en vert comme le reste, sortait une fumée. Cette maison en marche était toujours vernie à neuf et lavée de frais. A l’avant, sur un strapontin adhérent au fourgon et ayant pour porte la fenêtre, au-dessus de la croupe des chevaux, à côté d’un vieillard qui tenait les guides et dirigeait l’attelage, deux femmes brehaignes, c’est-à-dire bohémiennes, vêtues en déesse, sonnaient de la trompette. L’ébahissement des bourgeois contemplait et commentait cette machine, fièrement cahotante.

 

Livre recommandé par Moglug

le billet de Claudia Lucia 

Chez Loupiot et chez son ami Tom, de La Voix du Livre et aussi ici

et pavé de l’été (800 et quelques pages) chez Brize  

 

Conciliabulbe : Dictionnaire des orpherimes

Conciliabulbe : n.m., néologisme fait à partir de conciliabule du latin conciliabulum (« lieu de réunion »), et de conciliare (« concilier »). et de bulbe du latin bulbes (nb : Le bulbe est à prendre au sens rachidien du terme et correspond à la zone anatomique de l’encéphale située entre le cerveau et la moelle épinière)

Rime avec : bulbe et vitrobulbe

Sens 1 : dialogue intérieur au sujet de la nourriture. Ce dialogue a été mis en évidence par le docteur Hippocrate Watson  en 1952. Sa définition : lieu du cerveau actif lorsque vous êtes au restaurant en train de choisir votre menu.

Sens 2 : par extension dialogue intérieur dont le sujet peut n’avoir aucun rapport avec la nourriture.

 

2 Citations pour le sens 1 : 

– Bulbe 1 : il faut manger 5 légumes et fruits par jour : prends les haricots verts

– Bulbe 2 : on ne vit qu’une fois : prend les frites ou les lasagnes

Je n’en pouvais plus de ces conciliabulbes de mon cerveau : il me fallait 2 heures pour faire mon choix au resto (sans les vins)

Chroniques culinaires : Desproges

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– Vous savez ces jours où vous êtes dans le cirage ? […] Vous avez peur, vous suez d’angoisse, mais vous ne savez pas de quoi vous avez peur. Sauf que quelque chose d’horrible va vous arriver mais vous ne savez pas quoi. Vous avez déjà eu ça ? […] Qu’est-ce que vous devenez dans ce cas-là ?

– Un verre ne fait pas de mal.

– J’ai essayé. J’ai aussi essayé l’aspirine. Rusty pense que je devrais fumer de la marijuana, et je l’ai fait un bout de temps, mais ça me donnait seulement la danse de Saint-Guy. Ce que j’ai trouvé de mieux c’était de prendre un taxi et d’aller chez Tiffany. Ça, ça me calme immédiatement et fait taire les conciliabulbes qui me résonnent entre les oreilles.

Petit déjeuner chez Tiffany – Truman Capote

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Une citation pour le sens 2

[…] le livre que j’ai perdu est un traité de philosophie. Mon chapitre préféré concerne le chien. L’auteur y explique que le chien n’est pas un animal. Le chien, selon lui, ou elle (de la même façon que j’ignore le nom des auteurs, j’ignore aussi leur sexe), le chien est un concept. Le doberman ressemble assez peu au cocker, qui lui-même partage peu d’attributs avec le chihuahua ; le saint-bernard peut rencontrer un pékinois, ils ont la capacité, théoriquement, de s’accoupler, mais cela arrive-t-il et cela est-il souhaitable ? Car, si d’un point de vue zoologique, ils appartiennent à la même espèce, d’un point de vue pratique, il saute aux yeux qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre. L’auteur, il ou elle, s’étonnait ensuite que sa fille de trois ans (cette façon de mêler vie personnelle et rationalisation me ferait pencher pour un auteur anglo-saxon) fût capable de reconnaître à tout coup un chien quand elle en voyait un dans la rue, alors que les animaux qu’elle montrait, d’un index enthousiaste, réjouie de pouvoir étaler sa maîtrise conjuguée du langage et de la catégorisation, ne se ressemblaient pas le moins du monde entre eux. […] Même muet, même les oreilles taillées en pointe, même sans queue, même vêtu d’un anorak miniature pour le protéger des intempéries, le chien conserve son intégrité conceptuelle. L’auteur sait tellement bien mettre en scène son conciliabulbe que, bien qu’embrouillée, j’ai lu ce livre deux fois.

Mangez moi  – Agnès Desarthe

 

Les orpherimes sont chez  Chez Carnets Paresseux   et chez Gromerule Nephron

 

Pingouinfre – Dictionnaire des orpherimes

Pingouinfre : Néologisme des années folles – n.m. : homme habillé en smoking noir, chemise blanche, noeud papillon, qui a pour principale occupation de se gaver de petits fours dans des soirées où il n’a pas été invité mais où le champagne coule à flot.

Rime avec goinfre et Maringouinfre – Synonyme :  Pique-assiette sur son 31

Quelques citations :

Sur des tables, garnies de hors-d’œuvre luisants, s’entassaient des jambons épicés et cuits au four parmi des salades multicolores comme des manteaux d’arlequin, des pâtés de porc et des dindes qu’un sortilège avait teintes de brun doré. Dans la galerie principale, on installait un bar muni de son appuie-pied en cuivre et garni de gin, de liqueurs et de cordiaux depuis si longtemps oubliés que la plupart des pingouinfres présents étaient trop jeunes pour les distinguer les uns des autres.

F.S Fitzgerald  : Gatsby le magnifique – 1925

 

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Nous achetâmes en plus la traditionnelle bouteille de pisco pour les maîtres de maison, certificat d’honorabilité qui nous évitait de figurer sur la liste des pingouinfres. — (Luis Sepúlveda, Une maison à Santiago, nouvelle du recueil Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre. Traduit de l’espagnol (Chili) par François Gaudry. 1997.)

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César (brusquement) : Eh bien, monsieur Brun, à Marseille, on n’a pas de pingouinfre, on ne mange pas très souvent du caviar, des truffes ou du fois gras, mais on construit vingt kilomètres de quais, pour nourrir toute l’Europe avec de l’aïoli, de la bouillabaisse et des pied-paquets. Et en plus, monsieur Brun, en plus, on emmerde tout l’universte. L’universte tout entier, monsieur Brun. De haut en bas, de long en large, à pied, en cheval, en voiture, en bateau et vice versa. Salutations.

Mr Brun (vexé) : mais c’est quoi l’universte ? racontez moi cela !

Marcel Pagnol – César – 1936

 

Les orpherimes sont chez  Chez Carnets Paresseux   et chez Gromerule Nephron

Jeu de l’été 9 / 14

Bonsoir à tous et à toutes,

Voici la neuvième énigme du jeu de l’été 🙂 Quel est le point commun entre ces 4 livres ?

Règle du jeu : Pour participer, il faut deviner le titre et auteur de ces 4 livres et  laisser votre ou vos réponses en commentaires dans ce billet.

Chaque bonne réponse vaut un point pour la première personne qui la trouve : Dans cette  énigme il y a donc cinq points à gagner : un pour chaque  titre et auteur des  quatre livres et un point pour la découverte du point commun entre ces livres.

Vous pouvez faire juste une proposition, ou deux ….ou cinq…

A la fin de l’été, nous connaîtrons les vainqueurs de ce quinté géant 🙂

PS :

A la demande de Soène et de Mind, un grand prix  de consolation a été créé: pour concourir il faut proposer au moins un titre de livre qui pourrait coller à une des couvertures (livre pouvant exister ou non) et un auteur (auteur  réel ou imaginaire) 

Lâchez vous 🙂