Encore des nouilles (Chroniques culinaires) – Desproges

J’étais littéralement fou de cette femme. Pour elle, pour l’étincelance amusée  de ses yeux mouillés d’intelligence aiguë, pour sa voix cassée lourde et basse de luxure assouvie, pour son cul furibond, pour sa culture, pour sa tendresse et pour ses mains, je me sentais jouvenceau fulgurant, prêt à soulever d’impossibles rochers pour y tailler des cathédrales où j’entrerais botté sur un irrésistible Alezan fou.

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Encore des nouilles (Chroniques culinaires) – Desproges

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Frénégonde – Lydia Bonnaventure

Malheureusement pour Frénégonde, ces moments idylliques passés avec son époux furent brutalement interrompus au bout de deux ans de mariage. Un des loisirs d’Eberhard était les balades à cheval. Il passait de longues heures, le dimanche, sur Mutig, un fier destrier qui appartenait au palefrenier voisin, Hank. Une après-midi, elle entendit arriver un cheval au galop. De loin, au milieu de la poussière, elle reconnut l’ami d’Eberhard qui fonçait droit devant comme si la ville était en feu. Elle s’attendait à ce que suive son époux, souriant à l’idée qu’ils étaient complètement fous d’arriver en ameutant tout le bourg. Mais son sourire n’éclaira son visage qu’une seule seconde. Elle s’aperçut que le cavalier n’était pas seul sur le destrier. Un corps pendait, le ventre sur le dos de la bête, les bras et les jambes dans le vide. Son sang ne fit qu’un tour.

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Frénégonde – Lydia Bonaventure