La neige de Saint Pierre – Leo Perutz

Lecture commune avec Edualc

 

3ème Lecture pour ma part de Leo Perutz (auteur né à Prague fin du XIXème)

J’avais été conquise par Le marquis de Bolibar, opus qui a ma préférence à ce jour (ah, LE livre qui nous fait découvrir un auteur est parfois inégalable, je n’avais pas écrit de billet à ce moment mais vous trouverez ici un extrait, ce livre met en scène LE Diable)

Ma deuxième lecture de l’auteur fut le célèbre « cavalier suédois » qui m’a également beaucoup plu (un récit également fantastique où le Diable à nouveau est un personnage presque à part entière).

Quelle est donc l’histoire de cette « neige de Saint pierre » ?

1932, un homme se retrouve à l’hôpital, il se réveille d’un coma qui selon lui a duré quelques jours mais qui, selon l’infirmière et le médecin, a duré plusieurs semaines…il va nous raconter ce qui lui est arrivé pendant ce laps de temps : mais le fait qu’il nous raconte son histoire de son lit d’hôpital ajoute une dimension fantastique à son récit : est-il un affabulateur ou ce qu’il dit s’est réellement passé ?

Georg, ce jeune médecin trouve son premier poste à la campagne. Il nous fait part tout d’abord de ses études où il fait la connaissance d’une certaine Kallisto, étudiante grecque, mais, timide, il n’ose lui déclarer sa flamme et la perd de vue. Etrange coïncidence, il retrouve cette jeune femme juste chez son nouvel employeur, un certain baron ou peut être le Diable ou Dieu allez savoir…. L’homme est étrange et travaille sur l’invention d’un composé chimique qui pourrait « changer l’humanité ». Georg, faible, accepte de participer modestement à ces expériences, puis renonce et fait marche arrière sans le dire à son employeur….ce mensonge précipitera-t-il une issue qu’au fil des pages on devine fatale…. ?

En tout cas, Georg est témoin de ces expériences qui ne sont pas sans rappeler celles qui seront pratiquées plus tard dans les camps de concentration… Visionnaire, Léo Perutz ? en tout cas, ce livre est interdit en Allemagne dès 1933…Dénoncer que l’on puisse ainsi manipuler les foules….

En conclusion : un bon roman où on retrouve des ingrédients fantastiques mais aussi une situation bien réelle, plausible. Le seul bémol  est que j’ai rapidement pris en grippe Kallisto et ses minauderies (pfttt cette façon qu’elle a de se faire appeler Bibiche….Bibiche par ci, Bibiche par là ….Je me demande comment on dit Bibiche en Allemand ….)

:

Un extrait :

 

 Le Baron vida son verre de whisky. Son cigare, posé dans le cendrier, continuait de fumer.

« Je possède moi-même une voiture, dit-il. Bien sûr, je ne l’utilise presque jamais. J’appartiens à cette race d’hommes en voie de disparition qui ne sont pas pressés et qui préfèrent s’asseoir sur une selle plutôt que de prendre le volant. Je n’aime guère cette époque qui raffole des machines. Sur mes terres –  de bonnes terres, d’ailleurs, docteur, des sols calcaires, des terres argileuses, de la lande sablonneuse, mais aussi des terrains marneux – vous ne trouverez ni tracteurs ni machines agricoles, vous ne verrez que des chevaux de trait, des valets de ferme et des charrues. Et à la fin de l’été, dans les granges, vous entendrez encore la chanson ancestrale du fléau. Il en était ainsi du temps de mon grand-père et il en sera ainsi tant que je serai en vie. »

:

L’avis d’Edualc est ici 

Publicités