Le caillou – Sigolène Vinson

Livre recommandé et chroniqué ici par Mind the gap

Tout d’abord, j’ai eu beaucoup de mal  à « rentrer » dans ce livre.

Voici l’histoire : une prof de français a démissionné de l’enseignement, elle vit depuis toute seule dans son appartement, pour subsister elle fait quelques remplacements dans la restauration, fuit les contacts humains, bref s’enlise dans la dépression. Son unique ambition est de devenir un caillou :  « Je sais bien qu’on dit : « malheureux comme les pierres ». Mais je mettrais ma main à couper que les cailloux ne sont jamais aussi désespérés qu’ils en ont l’air. Ce sont les hommes qui sont désemparés. »

Bref un personnage ni très sympathique, ni très dynamique….mais très lucide

J’oubliais que mon langage n’avait de sens que pour moi. Depuis quelque temps, je vivais recluse, et mon vocabulaire s’était appauvri, ma syntaxe réduite à la plus simple expression, comme si la solitude m’avait rendue aphone. Les sons qui sortaient de ma gorge étaient ceux de l’Homme placé à l’isolement ou alors, ceux d’un enfant sauvage que seule la nécessité, la faim en un mot, pousse à s’exprimer.

Jusqu’au jour où elle rencontre son voisin un retraité qui va changer sa vie.

« Au fond, c’est bien utile d’avoir un petit vieux qui perd la boule sous la main, on peut prendre la mesure de l’inévitable et verser dans le pessimisme sans aucune obscénité. »

Ce retraité est un passionné de sculpture et va réussir à lui donner un élan (la sculpture est très présente dans ce livre et certains passages sont magnifiques).

La narratrice  part pour la Corse et là ….tout change…

J’ai eu de mal à rentrer dans ce livre parce que justement le personnage principal n’est pas sympathique : ce laisser-aller démissionnaire m’a plombé, cette femme un peu dépressive (voire beaucoup : Je suis à l’orée de disparaître, parce que la vie n’est pas habitable.) et puis d’un seul coup son voisin la fait réagir et au milieu du livre il y a un rebondissement que je ne vous révèlerai pas, le procédé m’a beaucoup plu et m’a convaincue.

En conclusion  : un livre plutôt déprimant au début et qui a su me conquérir dans la deuxième partie. (Merci Mind pour le conseil)

 

 

Chez Loupiot et chez son ami Tom, de La Voix du Livre et aussi ici

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