Fantômes et farfafouilles – Fredric Brown

C’est en inventant la machine à voyager dans le temps qu’Eustache Weaver devint un homme heureux. Il sut qu’il tenait alors le monde entier à sa merci, à condition de maintenir sa découverte secrète. Il pouvait devenir l’homme le plus riche du monde, riche au-delà des rêves les plus cupides. Il lui suffirait de faire de rapides excursions dans l’avenir, afin de s’y documenter sur les hausses en Bourse et les chevaux gagnants dans divers hippodromes, puis de revenir dans le présent afin d’acheter les actions qui allaient monter et de parier sur les chevaux victorieux. 

Il lui faudrait évidemment commencer par les courses de chevaux, car le jeu en Bourse exigeait des capitaux importants, alors qu’avec deux dollars on peut rapidement en gagner des milliers sur les champs de courses. Et il n’était pas question de jouer ailleurs que sur un hippodrome, car aucun bookmaker n’avait les reins assez solides pour les gains qu’Eustache Weaver envisageait – de toute façon il ne connaissait pas de books. Malheureusement, les seuls hippodromes ouverts au moment où il mit au point son invention se trouvaient en Californie du Sud et en Floride, c’est-à-dire à une distance correspondant à une centaine de dollars de billets d’avion.

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Fantômes et farfafouilles – Fredric Brown

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