Déménagement

Je suis en plein déménagement 🙂

A demain pour l’ouverture du jeu de l’été : tout est programmé…..je ne sais pas si je pourrais répondre aux commentaires régulièrement mais je vais essayer 🙂

En attendant demain, Rediffusion du billet du 8 juin 2012 (en pixels recyclés et recyclables)

:Chaque semaine, le lundi au saut du lit, je regarde le sujet des Impromptus Littéraires.
Le mardi, je regarde chez Olivia et son blog « Désirs d’histoires » les mots qui tombent inexorablement.
Cette semaine est un peu particulière puisque je déménage. C’est donc branle-bas de combat à la maison : cartons et compagnie …Un déménagement, deux textes, un boulot, deux enfants, un mari, 2H40 quotidiennes dans les transports…. Jamais je n’aurais le temps de tout faire, à moins de rajouter quelques heures à la journée.
Et pas moyen de laisser tomber ces jeux une semaine, je suis « addict ».
Aujourd’hui, j’étais donc décidée à expédier le déménagement pour pouvoir enfin me consacrer à l’écriture de mes deux textes. J’avais déjà un titre «Octave, le chevalier mélanique ».
« Pour le sujet c’est pas compliqué » a dit Oncle Dan « on prend le mot le plus compliqué et on part de là ».
J’avais donc cherché la signification de mélanique dans mon dico (définition du Larousse : mélanique : qui contient de la mélanine) et j’étais prête à raconter l’histoire d’Octave et de son amour des mathématiques.
J’avais compté le nombre de cartons (123), le nombre de marches jusqu’au camion (25). A raison d’une minute par carton, c’était bon sur mon planning minuté.
Seulement, vers 13H55, je suis peu opérationnelle (au moment de la digestion) et à force de descendre les escaliers quatre à quatre, j’ai un peu raté la marche.

Quand je me suis réveillée, une bosse sur le crâne, (pas la bosse des maths) il y a avait devant mes yeux non pas le SAMU mais deux adorables Zertes.
Pour ceux qui ne connaissent pas les zertes, j’ouvre une parenthèse en 1.1.
Pour ceux qui connaissent vous pouvez aller directement au paragraphe 1.2.

1 .1 Une zerte est un petit personnage créé par Claude Ponti : Une zerte a un corps de carton (mensuration 60 – 90 – 60 cm). Une zerte mesure 100 centimètres de haut, soit un peu plus que trois pommes quand même. Il (ou elle) a une tête rigolote avec trois cheveux sur le caillou, un gros nez, des mollets de coqs, des bras peu musclés. Pour ceux qui ne voient toujours pas ce qu’est une zerte allez voir cette une photo (www.femme-qui-monte-a-cheval-avec-les-deux-jambes-du-meme-côté.Com L’île des Zertes 5. 32 Euros)

zertes

1.2 J’ai reconnu tout de suite les deux zertes qui me regardaient, inquiètes : il y avait Jules et Roméotte, avec ces boucles d’oreilles rouge et son ruban dans les cheveux.

Jules a parlé le premier : « Valentyne, tu ne vas jamais y arriver, on va t’aider ».
Moi j’étais super contente, vous pensez bien. Je voyais déjà les zertes empaqueter les millions de bibelots chez moi dans leur corps de carton et emmener tout cela dans mon nouvel appartement, en sautillant sur leurs mollets de coqs.
Une zerte, c’est mieux qu’un déménageur. Je leur ai dit « d’accord vous pouvez commencer par transférer les bouquins, y’en a des tonnes »
Mais Roméotte m’a interrompu tout de suite et m’a dit : « Pas question, toi tu déménages et nous, on écrit ton texte avec Jules »
– Mais c’est que j’ai deux textes à écrire, aie je bafouillé : un pour les impromptus et un pour Désirs d’histoires avec Olivia.
– Pas de problème, m’ont il répondu. On s’occupe de tout. Ils ont couru, se sont installés dans le canapé (avec un peu de mal à s’installer car cela a les fesses carrées, une Zerte) et ils ont commencé à écrire. Je leur avais donné la liste de mots à utiliser, la consigne des impromptus « Ecriture Mathématique »
– N’oubliez pas que j’ai déjà le titre «Octave, le chevalier mélanique», leur ai-je dit et je suis retournée à mes cartons.
Dans l’escalier, je les entendais à chaque passage.
Jules disait : « Il faut que le texte parle de chevaux. Elle est folle de chevaux, la Valentyne »
– Oui, disait Roméotte mais il faudrait quand même un peu élever le niveau littéraire de ses textes et si on mettait une citation de Shakespeare ?
– Oui oui, très bonne idée : mettons : « Mon royaume pour un cheval ». Surtout que Valentyne n’a pas vraiment besoin d’un destrier, même un bourricot ferait l’affaire.

Plus tard j’ai entendu : « mais c’est quoi ce mot, je ne l’ai pas dans mon dico. Mélanique : j’ai bien mélange et mélasse mais pas mélanique : elle a du se tromper prenons mélancolique. «Octave, le chevalier mélancolique», ça en jette. »

Là j’ai fait une pause, Mousse au chocolat (145 calories) et j’ai continué à descendre mes cartons, en jetant de temps en temps un coup d’oeil sur le binôme de Zertes en plein travail.

Au retour de mon énième voyage, j’ai vu Jules et Roméotte à quatre pattes dans le salon en train d’utiliser ma balance, Ils avaient aussi vidé tous les paquets des gâteaux apéritifs, même mes préférés, ceux en forme de triangle.

– C’est quoi ce cirque ? leur aie je demandé, mi-figue mi-raisin.
– Nous pesons les mots avec ta balance, m’a répondu Jules imperturbable.

Moi : ça je vois, mais pourquoi les gâteaux apéritifs ?

– Ah ça ? Tu n’avais pas de cacahouètes alors on a fait avec les moyens du bord !

– OK, expliquez moi, les Zertes, tous les mots n’ont pas le même poids ?

Roméotte : Pas du tout, on croit toujours qu’un phrase réussie est une phrase musicale, c’est totalement faux il faut qu’une phrase soit Mathématique !

– Mathématique ? ai je bafouillé

– Oui : un tiers de noms, un tiers de verbes, un tiers d’adverbes et d’adjectifs, un tiers de ponctuation !

– Mais cela fait quatre tiers, leur ai je fait justement remarquer

– Oui mais le tiers de ponctuation est plus léger, m’a dit Jules.

Là ils m’ont dit de retourner à mes cartons et j’ai obtempéré devant leur assurance et leur professionnalisme. Au passage j’ai fait une deuxième pause (Whisky – 20 ans d’âge)

Plus tard, je suis remontée et plus de zertes, juste des emballages vides d’apéritifs, un pot de mousse au chocolat à moitié vide (ou à moitié plein), une bouteille (totalement vide)
Heureusement que parmi les papiers épars, j’ai trouvé leur texte et je l’ai envoyé illico presto aux Impromptus.

Octave le chevalier mélancolique
« Octave, l’expert en calcul sentimental est formel : l’amour dure trois ans, après c’est mort. L’espérance de vie de votre amour après ces 1095 jours (ou 1096 en cas d’année bissextile) est largement surestimée mais peut être inversement proportionnelle à l’incrustation d’étoiles dans les yeux des enfants.
Cependant l’amour n’est pas une maladie, n’en déplaise au chanteur, et peut connaître un retour de flamme, si vous procédez à un déménagement total de vos habitudes.
Il faut jouer d’un brin de folie, entreprendre chaque année des travaux de grande envergure. Dans l’orchestre des sentiments, le premier violon peut vous faire voir 36 chandelles.
Il faudra également vous tenir éloigné des mensonges, ces faux frères de l’amour.
La probabilité de survie d’un amour à un mensonge est du domaine du plausible, sous-ensemble de l’improbable.
La solution à tous ces problèmes insolubles dans le marc de café est un voyage sur la presqu’île des Zertes. En allant sur cette île, vos compteurs seront remis à zéro et vous repartirez avec votre âme d’enfant sous l’acclamation de vos trois trilliards de neurones
Sur ce, nous vous laissons à vos méditations, c’est pas tout ça mais nous sommes invités à manger un mille-feuille chez le rat Ramoli. »

Jules et Roméotte

Les mots imposés Chez Olivia
Mort – jouer – presqu’île – brin – frère – méditation – mélanique – travaux (ou normal) – expert – orchestre – éloigné – acclamation – plausible – espérance – maladie – retour – déménagement – incrustation