Les gens dans l’enveloppe – Isabelle Monnin

Je prends en note tout ce que Laurence dit, des lignes serrées dans mon cahier qui dessinent cette chance (chance, chance, chance, elle répète le mot) que lui a donnée sa mère en quittant son père. Elle me raconte l’enfance dédoublée, pas diminuée mais augmentée, presque une enfance au carré. Sa vie urbaine, avec ses parents, ses copines de toutes les origines, les parcs, les bus, les centres commerciaux, et sa vie de sauvageonne à la campagne, petit garçon manqué qui piquait les rames dans la cabane de pêche et partait toute seule en barque, qui grimpait dans les tas de seigle à la ferme (elle aurait pu tomber dedans, se faire engloutir, c’était risqué), montait aux arbres et sur les chevaux sans selle ni personne, cette vie de liberté, elle devait juste rentrer avant la nuit mais refaisait le mur parfois. Elle se souvient, le jars des voisins la coursait quand elle maraudait des poires dans leur arbre.
-A me voir j’étais une petite fille sage mais à l’intérieur j’étais un garçon qui bricole, chante, joue au Meccano et adore les petites voitures. J’écrivais des poèmes aussi.

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Les gens dans l’enveloppe – Isabelle Monnin

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10 réflexions au sujet de « Les gens dans l’enveloppe – Isabelle Monnin »

    • C’est l’exercice de style qui m’a intéressée … Voir le décalage entre ce que l’on peut imaginer avec des photos puis la confrontation avec la réalité …
      Un exercice que j’ai trouvé réussi 🙂
      Bisess Mind 🙂

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