La coupe d’Europe des livres 2016

2 logos coupe d'europe

La coupe d’Europe des livres, c’est une  idée est séduisante lue chez Denis, Martine, qui l’ont lue chez Cajou.
C’est un challenge qui s’ouvre à l’occasion de l’Euro 2016 du 10 juin au 11 juillet.

« Ils sont 11 joueurs par équipe alors ce « challenge-qui-n’en-est-pas-vraiment-un » consiste tout simplement à créer votre équipe parfaite de 11 livres pour ce mois de Coupe d’Europe :
Le gardien de but : THE roman que vous voulez à tout prix lire, celui qui n’a pas le droit de passer à travers les mailles du filet des profondeurs de votre PAL.
Les attaquants : les 4 romans de votre PAL que vous voulez ABSOLUMENT lire.
Les milieux de terrain : les 3 romans de votre PAL qu’il serait temps de sortir de là.
Les défenseurs : les 3 romans que vous n’avez pas encore dans votre PAL mais que vous voudriez vous offrir -sans attendre le Mercato- pour parfaire votre équipe.
Les réservistes : pour celles/ceux qui pensent que 11 ce ne sera pas assez , voici encore 4 places sur le banc, pour porter votre équipe à 15.

Remarque : les livres, du monde entier (pas seulement d’Europe) peuvent intégrer votre équipe. Je sais que c’est la Coupe d’Europe, mais puisque le monde du foot importe/exporte/achète/naturalise à tour de bras, nous allons nous aussi garder toutes les frontières bien ouvertes ».

Voici mon équipe idéale :

Le gardien de but

la rose dans le bus jaune

Les attaquants 

passemiroir

koridwenLA MUETTE

Les Milieux de terrains 

RADGE TRILOGIE

Les défenseurs 

danse danse danse a paris au mois d'aout kamouraska

Je vous offre une coupe ?

Cavale d’or vert – Georges Emmanuel Clancier

Cavale d’or vert
Enfantine amazone
Fleur et licorne
Aussi blanche qu’altière.

Vol immobile
D’après l’amour
D’après le secret
D’après le secret
D’après le feu
De chair et de songe.

Si loin, si proche,
Partie pour un soleil seul,
Dans l’orgueil muet
Du sang qui s’apaise,

Et mon regard sur ton sillage,
Sur ton silence de profil
Sur ta gorge et ta jambe
Appelle.

Écritures de jours
Georges Emmanuel Clancier

felix valloton le ballon

Félix Valloton – le ballon

L’assassinat de la Via Belpoggio et autres nouvelles – Italo Svevo

Fortunato remplissait les fonctions de chauffeur depuis peu, depuis la mort du pauvre Hydran, un cheval splendide devenu poussif deux ans après qu’on l’eut acheté, et que, par fausse bonté, nous avions laissé s’épuiser jusqu’au dernier moment. Par la suite, comme sa mort nous avait grandement impressionnés, nous ne voulûmes pas entendre parler de chevaux ; alors à cause de notre amour pour un cheval, nous refusâmes tout contact avec la race qui eut tant de patience avec l’homme jusqu’au moment où l’homme pressé n’en eut plus avec elle.
C’est ainsi ainsi qu’après un long temps d’instruction qui me laissa des mois durant sans voiture et sans auto, Fortunato fut, de cocher, élevé à la dignité de chauffeur. Il était lent à comprendre les choses mais quand il les avait comprises il ne les oubliait plus.
Les premiers temps on ne parvenait jamais au but ; mais à présent on se presse un peu plus, trop même parfois, car après chaque promenade plutôt longue, les contraventions qu’on m’inflige de toute part affluent chez moi.
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L’assassinat de la Via Belpoggio et autres nouvelles – Italo Svevo

Le cavalier suédois – Léo Perutz

cavalier suedois

Le cavalier suédois – Leo Perutz

De Leo Perutz, j’avais aimé le marquis de Bolibar (je n’avais pas fait de billet mais ce livre est encore très présent dans ma mémoire pour son aspect « machiavélique », un peu alambiqué mais passionnant). J’ai donc souhaité relire cet auteur et je n’ai pas été déçue.
Le début de ce cavalier suédois est mystérieux : on suit une petite fille qui parle de son enfance (au XVIII siècle) et de son père : on pourrait la juger un peu « folle », qu’elle croit aux fantômes et les voit …. et puis par un tour de passe passe très subtil, Leo Perutz nous embarque dans l’épopée d’un voleur, qui deviendra le cavalier suédois en usurpant l’identité du vrai cavalier et qui deviendra le père de l’enfant du prologue ….
Après cette lecture, il me reste plus de questions que de certitudes : Ce voleur, dont on ne connaîtra pas le vrai nom, vend il son âme au diable ou saisit-il juste l’opportunité qui lui tend les bras ? Y a t il une morale ? peut-on tout faire et même le pire pour accéder au bonheur ? si nous trahissons, le châtiment inévitable est il de mourir par la trahison ?
En tout cas quel talent d’écrivain ! Le lecteur se trouve tour à tour dans la campagne entouré par le froid et la neige, dans une bande de brigands sans foi ni loi et sans aucun respect pour l’église.

J’ai espéré un moment que l’usurpateur finalement sympathique s’en sortirait …

un extrait :

– Messire est donc pressé ? fit posément le voleur. Pour moi, j’ai tout le temps de bénir vos chevaux. Allez, et qu’ils se rompent le cou !
– C’en est trop ! hurla le baron. Tête de colonne à droite ! ouvrez les rangs ! Préparez-vous à attaquer ! Et toi, dégringole ton perchoir et rends-toi où je tire!
Il leva son pistolet et mit en joue tandis que ses cavaliers se rangeaient selon ses instructions.
– Que le renard défende sa peau ! cria le voleur d’une voix si forte que tout le bois résonna. Le signal était donné. Le coup de feu partit. La balle toucha le voleur à l’épaule à l’instant même où il lançait l’essaim de frelons au beau milieu des dragons.
Ce fut d’abord un bourdonnement sourd. Les cavaliers, déconcertés, tendirent l’oreille. Un cheval se cabra net, un second fit un écart brusque et rua, zébrant l’air de ses sabots arrière. On entendit un juron, une exclamation rageuse, le hurlement des cavaliers touchés par les fers. Un instant, la voix du baron Maléfice domina le tumulte :
– Rompez ! Formez un seul rang ! criait-il, conscient du danger.
Mais déjà le chaos régnait alentour.
Assailli par les frelons, les chevaux qui avaient pris position au centre cherchaient à fuir : ils se cabraient, tombaient à la renverse, piétinaient les cavaliers désarçonnés. Un vacarme indescriptible emplissait la forêt ; aux hennissements se mêlaient les hurlements, les jurons, les disputes, les ordres contradictoires que personne n’écoutait. Des coups de mousquets et de pistolets ponctuaient ce tumulte qu’amplifiait l’écho. La bataille rangée avait dégénéré en une mêlée de chevaux et d’hommes vociférant parmi les sabots fous ; les cavaliers s’agrippaient aux crinières ou, jetés à bas, pendaient lamentablement aux étriers ; ce n’était plus qu’une cohue de mousquets, de sabres, de mains battant l’air et de faces convulsées. Et c’est au fort de cette débandade que les brigands ouvrirent le feu.
C’en était fait de la belle ordonnance des assaillants. Les chevaux s’égaillaient en tous sens, avec ou sans cavalier, piquant un galop endiablé à travers la futaie et le désordre de ses taillis. Une poignée de dragons s »étaient remis d’aplomb et tentaient de reformer un rang mais déjà les brigands fondaient sur eux à coups de gourdins et de crosses.
Le baron Maléfice était parvenu à maîtriser son cheval : il fit une volte brusque afin de porter secours à ses hommes. Mais il était trop tard, déjà les brigands les avaient dispersés. Voyant la partie perdue, il poussa un juron, éperonna sa monture et s’enfuit au galop, tandis que le voleur, toujours perché, lui lançait son adieu sarcastique :
– Quelle mouche vous pique, Messire ? Prenez garde d’éreinter votre cheval !
La voie était libre. Il ne restait plus qu’à capturer les chevaux vacants et à sauter en selle. Le voleur se coula au bas de son arbre et s’adossa un moment au tronc. Sa blessure commençait à le faire souffrir, le sang déjà transperçait sa chemise et sa redingote.

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Lecture commune  avec Lire le monde – Challenge chez Sandrine

 

Un dimanche chez le clan McKnee

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C’était à Portobello, faubourg d’Edimbourg, dans les jardins de mon oncle Patrick McKnee (surnommé Patrick les beaux genoux rapport à sa prestance en kilt).
Il a toujours été qualifié d’un peu original mon oncle, mais on l’aime comme ça.
On ne le voit pas sur la photo, puisque c’est lui qui la prend  (original l’oncle mais pas encore passé à l’appareil photo avec trépied et retardateur de déclenchement).
Pour l’anniversaire de sa femme, Tatie Mc Queen, il nous avait tous invités, ceux de la jeune génération en organisant un concours :  » Celui qui apporterait le plus beau cadeau se verrait récompenser d’un voyage « . Dans son invitation, il avait précisé que le cadeau devait être fabriqué avec « notre coeur et nos idées et ne pas sortir d’un commerce – sur l’ « internet », fut-il ce commerce » avait il ajouté)
Avec ma soeur jumelle Tara (dizygotes et en bas à droite de la photo) nous avions eu l’idée de recourir à la magie : lui offrir à ma chère tatie un génie qui lui exaucerait ces trois voeux les plus chers voire les plus rentables. Franchement frotter la lampe d’Aladin avec un chiffon alors que nous sommes à l’ère des nouvelles technologies!!! j’ai donc branché mon iphone Mcintosh sur mon imprimante « big brother », je l’ai fourbi avec un kleenex propre de la veille et j’ai tapé la formule magique « Genies, sos kdo anniv ». Dans une bouffée d’encre, les quatre zigotos sont apparus : il y avait Mac Magenta, Mac Yellow, Mac Cyan et Mac Black (pas black M. un homonyme).
J’ai senti tout de suite que cela n’allait pas être simple parce que les quatre larrons n’avaient pas l’air de trop s’entendre : nous avions demandé un génie et nous nous retrouvions avec quatre égos qui voulait chacun tirer la cornemuse à eux.
– L’analyse spectrale c’est mon domaine de prédilection a dit Black (pour des raisons de rapidité, je laisse tomber le « Mac », j’espère que les puristes me pardonneront)
– Spectrale ? a dit ma soeur. Ah non, on a assez de fantômes dans notre manoir fin XIIème. Celui de la tour, celui des 39 marches, celui de l’écurie ….
– Par saint Mac Loup, vous aimez le haggis au praliné ? a demandé ma tante, coupant la parole à ma soeur, comme si se retrouver avec quatre extra-terrestres monochromes et monomacniaques était dans ces habitudes au petit déj.
– Je pourrais avoir un whisky ? a demandé Cyan, chuchotant à l’oreille de Black. tu crois qu’on est tombé chez des cannibales ?
– Un petit jaune pour moi ! a dit Yellow.
– Bon les gars on est tombé chez les pictes. Va falloir vous remuer les pixels parce que je sens que l’impression des kilts ça va pas être coton ! a dit Black
Sean, mon cousin, s’est interposé, tout en restant près de Tatie : c’est quoi ce cirque ? la caméra cachée, un remake de Chapeau melon, bottes de cuir et la soupe aux choux ?
– Arrêtes tes conneries, Sean, ! a dit Diana sa soeur qui ne mâche pas ses mots. Il est où ton cadeau ?
Quant à moi, Emma, je sautillais sur place, j’étais pressée de voir si les foot-dumb(*) pouvaient exaucer les souhaits de ma Tatie quand soudain ils ont dit : « on travaille pas le dimanche !  »
Les quatre brothers se sont installés tranquillou à deviser ensemble des quatre éléments, de la supériorité des quatre planètres telluriques (la planète bleue était défendue par Cyan, Mars par Magenta), des quatre z’amis qui repassent bientôt à la télé… un sans gêne les génies de nos jours …finalement c’est dans les vieilles lampes qu’on trouve les meilleurs génies…
C’est quand Cyan a commencé à s’incruster dans le portrait de mon arrière-arrière-grand mère (celui qui a vu le loch , pas le loup hein…) que je me suis dit que le weekend allait être long….d’autant plus que mon chiphon commençait à cramer (ce qui un mac cramé n’est ni très orthodoxe ni très écossais).
Tonton, sans se démonter, a alors dit : « Tous en place pour la photo et dîtes cheeeeese »
Juste après, je file téléphoner et  faire une réclamation chez HP.
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(*) équivalent probable de pieds-Niquedouille

L’agenda ironique de juin est organisé par Anne 

U4 Yannis – Florence Hinckel

U4

U4-Yannis

Après « Stéphane », ma lecture de la semaine a été « Yannis » de Florence Hinckel (un autre des tomes de cette série de 4 tomes à lire dans l’ordre que l’on souhaite).

Forcément l’effet de surprise n’est plus là, je connais la fin de l’aventure de Stéphane et Yannis (ou alors le début de leurs prochaines aventures)

Mais connaître la fin m’a permis de lire en « profitant bien » des nouveaux détails de la catastrophe U4 qui a décimé 90% de la population (Les survivants ont entre 15 et 18 ans).

Dans le premier tome que j’ai lu, Stéphane est une jeune fille de milieu aisé, son père est médecin à Lyon. Ici, Yannis est un jeune beur de Marseille. La situation a l’air beaucoup plus apocalyptique à Marseille qu’à Lyon. A Marseille, des bandes rivales s’affrontent dans le « grand retournement » alors qu’à Lyon la survie s’organise autour d’étudiants en médecine.
Yannis a vu ses parents et sa petite sœur mourir alors que Stéphane pense que ses parents et son petit frère sont toujours vivants.
Yannis est beaucoup plus traumatisé, il voit des fantômes et parfois pour survivre il « bascule » et devient le « chevalier Adrial » du jeu WOT.

Dans le premier opus, pendant la cavale des 4 amis (Stéphane, Marco Francois et Yannis ) j’avais deviné bien avant ce qui allait arriver à Marco. Si j’avais lu d’abord Yannis je n’aurais rien vu venir….
Yannis est très sympathique, beaucoup plus fragile que la « dure » Stéphane.
Son amour pour Happy, son chien, le sauve de la folie.

Le prochain livre sera la découverte de ce qui arrive à Jules …Jules que l’on voit peu dans « Stéphane » et peu également dans « Yannis »

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Un extrait (il s’agit d’un dialogue entre Yannis et Stéphane)

– Qui te manque le plus ? je demande soudain, en relevant le nez de la boîte de conserve.
Prise par surprise, elle me foudroie d’abord du regard, puis se détend et sourit, en hochant doucement la tête.
– La personne qui me manque le plus, c’est … mon père, finit-elle par dire.
– Je comprends. Mes parents me manquent atrocement. C’est peut-être idiot, ce que je vais dire, mais ça me réconforte qu’on ait tous les même blessure. Qu’on soit tous orphelins. Ca nous fait une raison de survivre, ensemble.

 

J’ai choisi cet extrait parce qu’à ce moment là le lecteur qui a déjà lu « Stéphane » sait que le père de Stéphane est toujours vivant. Par contre, un lecteur qui aurait commencé par « Yannis » ne le sait pas…..

Le jour où ….une minute de recherche sur g**gle

Il y a deux mois, Ponette apprenait qu’elle irait à la commémoration Verdun 2016 avec sa classe de germanistes.
Des recherches généalogiques furent demandées par le prof d’histoire.
Un coup de fil à son grand-père, en retour un courrier avec un carnet militaire de son arrière-arrière-grand père Alexandre B. (carnet incomplet : date de décès inconnue et non connue non plus par mon père : « Quelques semaines avant l’armistice du onze novembre)
Un tour sur Google : saisie du nom-prénom et date de naissance  et acte de décès trouvé ici  instantanément : 22 septembre 1918 (hôpital militaire de M., maladie – (grippe espagnole))

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mode d’emploi

Parfums – Philippe Claudel

La cuisine nous fait nous enfoncer dans l’Europe et dans le temps, voyageurs enfarinés et gourmands. J’ai voulu pendant des années établir une géographie du strudel, ce subtil gâteau roulé de pâte fine, aux pommes et raisins secs dans sa version la plus authentique, et qui dessine, peu ou prou, les frontières de l’Empire austro-hongrois puisqu’on peut aussi bien le déguster à Vienne qu’à Venise, Trieste, Bucarest, Varsovie, Prague, Budapest ou Brno, mais également à New York ou tant d’émigrés des ruines et des cendres  sont venus espérer de nouveau en la vie. À vrai dire, au travers de ce gâteau, c’est la cannelle qui me hante, son entêtante musique olfactive d’hiver et de fête, stupéfiant licite propre à rendre élégante et raffinée la plus française des pâtes, à lui donner en vérité la beauté d’un accent. Même  le vin rouge ordinaire, pour peu qu’on le laisse frémir longuement dans une casserole sur un coin de  fourneau, après y avoir jeté sucre, tranche d’orange, clou de girofle et poignée de cannelle, se  mue grâce à elle en un diable ensorcelant qui brûle les mains autour du verre dans lequel on le serre, chauffe bouche  et gorge,  verse le feu dans le ventre, fait naître rires et lumières au coin des yeux et sur les joues heureuses que le froid du dehors a rosies. Les langues se mettent à tisser  contes et fantasmagories. On bat les souvenirs, ceux de la vie, ceux de l’Histoire et  ceux  des romans comme des cartes. Alors on se met  à parler soudain de minaret, de toundra et de princesses recluses. De caravansérails,  de petits chevaux et de steppes. De gros tabac, d’épées brisées, d’Empereur en son château transi, de cuir gelé et de soldats restés fidèles, noyés dans une eau russe, alors que tout est perdu, que le monde est mort et qu’ils ne le sauront jamais.
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Philippe Claudel – Parfums
citation