La rose dans le bus jaune – Eugène Ebodé

la rose dans le bus jaune

Eugène Ebodé choisit de raconter le geste de rébellion de Rosa Parks à la première personne et c’est très convaincant. De suite, j’ai été plongée dans les réflexions de cette couturière qui, un jour, refuse de laisser la place de bus où elle est assise à un Blanc. Rosa, 42 ans, mariée sans enfants mais avec sa maman malade et à charge n’est pas naïve, déterminée plutôt : elle milite depuis 12 ans pour les droits civiques et sait que suite à son geste la route sera longue et très dangereuse pour faire entendre sa voix et celle de sa communauté.
1955-Montgomery-Alabama, tout le monde paie le même tarif dans le bus mais les noirs sont relégués au fonds (ils paient en montant dans le bus et doivent ressortir pour monter à l’arrière du bus). Quand Rosa refuse de céder sa place, elle part entre deux policiers pour violation de la loi. Reconnue coupable, elle est condamnée 5 jours plus tard à une forte amende mais aidée par la NAACP elle fait appel.

À partir de faits réels, l’auteur retrace le procès de Rosa puis le  boycott de 381 jours à l’encontre des compagnies de bus. Ce boycott organisée en partie par le jeune Martin Luther King, qui vient de devenir pasteur dans la paroisse de Rosa, montrera que la population noire fait partie intégrante de l’économie locale et ne peut être ignorée.

En réaction, le Ku Klux Klan ne se cache que très peu pour perpétrer ses crimes racistes. La description de la police de l’époque fait peur.
Eugène Ebodé fait de Rosa une femme énergique, mais aussi pleine de doutes, une femme qui à l’occasion de ses 94 ans se rappelle ce geste, non prémédité mais qui a changé les Etats Unis.

J’ai trouvé ce roman très bien construit avec beaucoup de détails historiques, qui fait vraiment « vivre cette période »
J’ai aimé aussi les rencontres et les dialogues que Rosa a avec l’homme à qui elle a refusé de céder sa place (je ne pense pas que ces rencontres soient réelles mais on est dans un roman, non ?). Cet homme, par qui tout est arrivé même si son nom n’est pas resté dans l’histoire à l’inverse de l’ignoble chauffeur de bus James F Blake, est émouvant et évolue de l’indifférence vers la prise de conscience de l’injustice de cette ségrégation.
Je recommande vivement ce livre pour comprendre ce qu’était la ségrégation et comment les États Unis ont pu un moment proclamer « égaux mais séparés »

challenge-contrainte

La contrainte chez Philippe est « moyen de locomotion »