L’assassinat de la Via Belpoggio et autres nouvelles – Italo Svevo

Fortunato remplissait les fonctions de chauffeur depuis peu, depuis la mort du pauvre Hydran, un cheval splendide devenu poussif deux ans après qu’on l’eut acheté, et que, par fausse bonté, nous avions laissé s’épuiser jusqu’au dernier moment. Par la suite, comme sa mort nous avait grandement impressionnés, nous ne voulûmes pas entendre parler de chevaux ; alors à cause de notre amour pour un cheval, nous refusâmes tout contact avec la race qui eut tant de patience avec l’homme jusqu’au moment où l’homme pressé n’en eut plus avec elle.
C’est ainsi ainsi qu’après un long temps d’instruction qui me laissa des mois durant sans voiture et sans auto, Fortunato fut, de cocher, élevé à la dignité de chauffeur. Il était lent à comprendre les choses mais quand il les avait comprises il ne les oubliait plus.
Les premiers temps on ne parvenait jamais au but ; mais à présent on se presse un peu plus, trop même parfois, car après chaque promenade plutôt longue, les contraventions qu’on m’inflige de toute part affluent chez moi.
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L’assassinat de la Via Belpoggio et autres nouvelles – Italo Svevo

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