Les nuits de Reykjavik – Arnaldur Indridason

nuits Reykjavik

Après « la femme en vert » lu il y a deux ans, j’ai eu envie de replonger avec Erlundur, policier en Islande, dans le dernier opus de l’auteur.
J’ai été surprise au début car le héros policier a 28 ans alors que dans la femme en vert il a une cinquantaine d’année et une fille adulte.
Le premier effet de surprise passé, (c’est bien le dernier roman de l’auteur mais celui-ci a choisi de revenir sur les débuts d’Erlundur dans la police), j’ai suivi avec  intérêt la démarche d’Erlundur dans son enquête. Il travaille dans la police de proximité (faire la circulation en cas d’accident, se rendre sur place en cas de tapage nocturne, faire face à des hommes qui battent leur femme, gérer les nuits où tout  peut déraper pour cause d’alcool).

Sur son temps libre, il enquête sur la noyade (accidentelle?) d’un clochard à qui il avait parlé quelques jours avant sa mort …

Etait-ce le remords qui poussait ainsi Erlendur à vouloir exhumer cette histoire ? Aurait-il pu faire plus pour cet homme même s’il refusait toute forme d’aide et de compassion ? Personne ne s’était alarmé de voir un vagabond au bout du rouleau rendre son dernier souffle. Finalement, ça faisait un clochard de moins en ville. Seul Erlendur s’intéressait au sort de cet homme, mort noyé comme un chien errant.

Les réflexions d’Erlundur sur ses contemporains sont intéressantes dans ce roman  … Erlundur dans sa vie professionnelle est capable de beaucoup d’empathie (avec la soeur du défunt par exemple) et il est totalement dépourvu de sentiments dans sa vie privée (il n’arrive pas à parler avec sa petite amie)
En bref, une enquête qui n’est pas menée tambour battant mais qui fait une belle place à l’analyse des sentiments et surtout à l’analyse de la culpabilité (réelle ou imaginée )

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un deuxième extrait :

Quelques instants plus tard, un autobus arriva. Thuri se leva et salua froidement Erlendur, comme si elle voulait le voir disparaître de sa vie. Le ciel était lourd. La pluie s’était remise à tomber. Il la regarda monter et s’installer près de la vitre pour continuer son errance perpétuelle a travers la ville, sans se soucier de sa destination. Sa vie était un voyage sans but et, en voyant l’autobus s’éloigner de Hlemmur, Erlendur avait presque l’impression de se voir à sa place, voyageur solitaire et sans but, condamné à une éternelle errance dans l’existence.

Mois du polar chez Sharon

Et challenge lire sous la contrainte avec Philippe avec la contrainte « scrabble » (en comptant les lettres comme au scrabble les nuits de Reykjavik « rapportent » 57 points)

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