Elles ne se rendent pas compte – Boris Vian

Je vais à vingt milles à l’heure à peu près et ça fit déjà du bruit, sur la flotte. Pour retrouver l’entrée du canal, il faut que je parte dans le mauvais sens, l’entrée est en face de l’île Théodore-Roosevelt – et sur le canal, attention aux péniches, ces andouilles-là en collent tout du long, tirées par des chevaux, pour des promenades, à quoi ça ressemble, je me demande.

Je réfléchis à ma pénible situation. Me voilà avec la police fédérale aux fesses, c’est normal, d’ailleurs, puisqu’il s’agit d’une affaire de drogue, mais, bon Dieu, pourvu qu’ils n’aillent pas voir là-dedans une rapport avec le Chinetoque…Décidément, je suis mal embarqué.

Voilà l’entrée. La barre à bâbord toute ! Kane junior file comme un vrai petit cheval marin et le moteur ronronne à croire qu’on lui a collé toute une assiette de crème Chantilly devant le nez.

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Elles ne se rendent pas compte – Boris Vian

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