Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel

Au conseil de classe du premier semestre, on me jugea de la race des tâcherons. « Mais, fit remarquer l’enseignant d’histoire, il y a des tâcherons qui, par la force du travail fourni, parviennent à décrocher la timbale, ne l’oublions pas. » Sa collègue de philosophie en doutait – mais elle admit qu’il fallait de toute façon quelques percherons en khâgne, afin qu’on distinguât mieux les pur-sang.
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À la surprise de beaucoup, au mois de mai, je figurais parmi la douzaine d’admis à passer dans la classe supérieure.
J’étais le douzième. Celui sur qui personne ne misait un kopeck, sauf peut-être Clauset, le professeur de français, qui aimait humilier les élèves – il s’amusait toujours à parier sur les bourrins lorsqu’il jouait aux courses.
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Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel
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