HYBRIDATION

Un très beau poème chez Loisobleu

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Aujourd’hui « quelque chose de triangulaire » – 24 Décembre : Les amours de la règle et du compas (extraits)

jeudi-poesie
Le Compas glorieux se réveille en sursaut,
Ému de cette vue et d’un espoir si haut.
Il rend grâce au Soleil, et ferme comme un Aigle
Le regarde et s’en va : Puis rencontre la Règle ;
Droite, d’un grave port, pleine de majesté,
Inflexible et surtout observant l’équité
Il la suit, elle fuit d’une égale vitesse
Il double en son ardeur ses efforts vainement
Tous les coeurs s’opposaient à son contentement
Il pense la tenir, sans la voir il la touche
De ses rayons aigus il joint cette farouche


Quoi ? dit-elle en riant, je serais la conquête
D’un amant qui n’aurait que les pieds et la tête ?
Toutefois nos amours, répliqua le Compas,
Produiront des enfants qui vaincront le trépas.
De nous deux sortira la belle Architecture,
Et mille nobles arts pour polir la nature,
Ne pense pas, dit-elle, ébranler mon repos,
Ou pour autoriser tes étranges propos
Tâche à plaire à mes yeux par quelques gentillesses ;
Et montre des effets pareils à tes promesses.
Le Compas aussitôt sur un pied se dressa,
Et de l’autre, en tournant un grand cercle traça
La règle en fut ravie, et soudain se vint mettre
Dans le milieu du cercle, et fit le diamètre.
Son amant l’embrassa, l’ayant à sa merci,
Tantôt s’élargissant et tantôt raccourci,
Et l’on vit naître alors de leurs doctes postures
Triangles et carrés, et mille autres figures.

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Les amours de la règle et du compas (extraits) de Charles Perrault (source)

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : KO

2. pas plus de 100 mots :250 mots

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK

Bonnes fêtes à tous et à toutes

chval triangle

Cronopes et fameux – Julio Cortazar

Instructions pour chanter

Commencez par casser tous les miroirs de la maison, laissez pendre vos bras, regardez vaguement le mur, oubliez- vous. Chantez une seule note, écoutez à l’intérieur. Si vous entendez (mais cela ne se produira que plus tard) quelque chose comme un paysage plongé dans la peur, avec des feux entre les pierres, avec des silhouettes à demi nues et accroupies, je crois que vous serez sur la bonne voie, de même si vous entendez un fleuve où descendent les barques peintes de jaune et de noir, si vous entendez une saveur de pain, un toucher de doigt, une ombre de cheval.
Après quoi, achetez des partitions, un habit et, de grâce, ne chantez pas du nez et laissez Schumann en paix.

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Cronopes et fameux – Julio Cortazar