Aujourd’hui « pli » – 17 décembre

nana

Nana soupira. Il fallait qu’elle se remue et la douleur qui lui vrillait le ventre ne l’incitait pas à sortir de la couette. Et pourtant elle avait rendez vous aujourd’hui avec son oncle Vania, le russe pas l’australopithèque. Ils devaient s’occuper des cadeaux de Noël de leur nombreuse famille : loanna Mouskouri, son arrière-grand-mère qui lui avait laissé son prénom en héritage, voulait une nouvelle corde vocale à son arc, Julien Saforelle une boîte de préservatif pour épater sa dulcinée Mme de Gardenal. Il lui fallait acheter un nouveau GPS à son frère Tom-Tom, un nouveau royaume pour dieu le père Sangarios, son cousin Vlad Pitt désirait un Jean Lewis pour se rappeler sa jeunesse, Gervaise sa mère voulait une bouteille de gros rouge, bien charpenté, sa cousine Amélie qui chante le blues souhaitait des crayons …
Et puis faire du shopping alors qu’elle est absorbée par la poésie qu’elle a envie d’écrire  pour les Plumes …d’un coup elle déteste vers et rimes sous toutes ses formes : vivement la ménoprose !

Dans un sursaut d’énergie, Nana sortit la main de sous la couette et tapota sur son smartphone :
Cher oncle Vania
Peut pas sortir aujourd’hui ….Les anglais ont débarqué 💂🏻

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 200 mots

3. éléments réels de la journée : OK Réel oui j’ai mal au ventre, j’écris sous Spasfon

4. suivre la consigne de la date : OK pour en savoir plus sur le PLI sélectif il faut se rendre ici chez Bastramu.

 

Amélie les crayons – blues des ragnagnas

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Retour à Little Wing – Nicolas Butler

Quand je me réveille, je fais souvent cent pompes, juste parce que. Parce que pourquoi pas, bordel ? Parce qu’à la télé, on montre toujours les mêmes grosses merdes. De vieilles infos recyclées en nouvelles infos et les vieux problèmes ressassés sans arrêt comme si ça devait me toucher ou m’énerver. Voilà ce que j’en ai glané, moi : de plus en plus de gens, de moins en moins de planète, et le tout qui serait réchauffe de plus en plus ; ça résume à peu près la situation en ce qui me concerne.
Les gens aiment bien régler mon poste sur le genre de programme qu’il pense que j’aime d’habitude un documentaire sur la nature est ou à propos de chevaux.
Ça me donne l’impression d’être dans une maison de retraite ou un truc dans ce genre, avec une infirmière bien intentionnée qui entre dans ma vie pour choisir ce que je dois regarder, comme si j’étais pas fichu de me servir de la télécommande. Je pense qu’ils le font parce qu’ils savent plus quoi me dire, parce qu’ils sont tristes pour moi ou parce qu’ils me croient triste. Mais vous savez quoi ? La plupart du temps, je le suis pas. Je suis pas triste. Je m’emmerde mortellement, voilà tout. Je m’emmerde tellement que si je regarde un documentaire sur les chevaux sauvages du Colorado, je pense plus qu’à une chose : si j’étais un cheval sauvage, je déguerpirais et je galoperais sans jamais m’arrêter.

J’ai une furieuse envie de m’enfuir et je sais même pas où je veux aller. N’importe où, sans doute. Je sais qu’ils me croient pas capable de me débrouiller seul, mais c’est totalement faux. Je suis pas très intelligent – j’en suis conscient – mais je suis pas idiot. Et dans ma situation, j’ai l’impression d’être en cage. Je crois que les gens oublient que j’ai monté un nombre incalculable de taureaux et des chevaux, que je me suis bagarré dans des bars d’ici à Baton Rouge en passant par Boise et, qu’avant mon accident, je pouvais entrer dans un bar, n’importe lequel, aborder une fille et avoir une sacrée bonne chance d’en faire mon amie pour la nuit. Les doigts dans le nez. Je suis un homme. Je suis une personne, bon sang. Et je tiens plus en place.

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Retour à Little Wing – Nicolas Butler