Aujourd’hui « une chance » – 21 novembre

devine tete

Moi : Est-ce que je suis un animal ?
Lui : Oui
Moi : Est-ce que je suis gros ou petit ?
Lui : Plutôt petit
Moi : De quelle couleur suis-je ?
Lui : Verte.
Moi : Est-ce que je suis un animal qui se mange ?
Lui : Euh ? Oui, enfin je crois….
Moi (inquiète) je suis un animal vert qui se mange ?
Lui : Ben oui, tiens je te laisse une dernière chance avec cet indice : C’est un animal qui fait des bonds partout !
Moi :  Pas d’idée !
Lui : Ben t’es une grenouille ?

Pas facile de jouer à Devine-tête !

/

;

366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 91 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

 

Publicités

La salle de soins intensifs – Mahmoud Darwich

Le vent m’emporte lorsque la terre me devient étroite. Il me faut voler et brider le vent. Mais je ne suis qu’un fils d’Adam. J’ai senti des flûtes sans nombre déchirer ma poitrine. J’ai sué de glace et j’ai vu ma tombe sur les paumes de mes mains. Je me suis éparpillé sur le lit, j’ai vomi, perdu quelque temps connaissance. Je suis mort. Et j’ai crié avant la mort brève : je t’aime. Entrerais-je dans la mort sur tes pieds ? Et je suis mort…vraiment mort. Que la mort est paisible, n’étaient tes pleurs ! Que la mort est paisible, n’étaient tes deux mains martelant ma poitrine pour que je revienne de mon trépas ! Je t’aimais avant le trépas et après ; mais dans l’intervalle, je n’ai vu que le visage de ma mère.
C’est le coeur qui a perdu brièvement son chemin avant de revenir. J’ai demandé  à l’aimée : À quel coeur ai-je été atteint ? Elle se pencha sur mon coeur et couvrit ma question de ses larmes. Coeur …Toi le coeur, comment m’as-tu menti, désarçonné de mon cheval hennissant ?
Il nous reste encore beaucoup de temps, tiens bon le coeur
Que t’atteigne la huppe venue des contrées de Balqîs.
Nous avons envoyé les missives,

Traversé trente mers, soixante rivages
Et il nous reste vie suffisante pour être dispersés.
Et toi le coeur, comment as-tu menti à une jument qui jamais ne se lassa des vents ?
Va doucement, va doucement, que je sache si tu es mon coeur ou sa voix, quand elle crie : prends moi.

Mahmoud Darwich – La terre nous est étroite et autres poèmes 1966-1999. Traduit de l’arable par Elias Sanbar – Gallimard 2000

;

Un poème en écho à ceux programmés par  Martine (Mémoire du 13 Novembre 2015)

Plumes à Jokullsarlon – juillet 2015

JOKULLSARLON
Trois glaciales – mais néanmoins belles – journées de 4X4 nous ont bercés, chahutés et finalement conduits dans la baie de Joküllsarlon, littéralement « lagune des glaciers », plus prosaïquement, pays des glaçons éternels. L’eau, toujours agitée, apporte un souffle givré du glacier Vatnajökull, un air pur que nous respirons à petite gorgées, bien emmitouflés dans une chapka en peau de lapin synthétique  (7 degrés et vent du nord – on est bien peu de chose le nez rougi par le froid).
Cette baie fermée lâche, dans l’océan tout proche, de minuscules icebergs ou de gros glaçons, c’est selon.
Dans la foule de touristes, le poète peut alors s’abstraire du brouhaha. De la poudre de neige volette et fugue comme  les plumes d’un oiseau. Difficile d’imaginer un lieu si bleuté dans le vert de l’Islande…
Un manuscrit islandais du XVIIIème raconte l’envolée d’Odin sur son destrier à huit jambes, Sleipnir. Odin est un dieu polymorphe, dont le nom signifie fureur, esprit et poésie. Il n’est pas le dieu de la guerre mais celui de la victoire.
Ce livre raconte qu’un jour, Odin en voyage avec ses deux frères, trouva deux arbres couchés le long de la mer, arbres à qui ils auraient donné la vie  et qu’ils auraient changé en homme et en femme, Ask et Embla. Ces deux auraient partagé leur couche et engendré la population islandaise.
Odin monte Sleipnir – celui qui glisse rapidement – et parcourt les neufs mondes. Le cheval selon la légende serait le fils d’un Dieu et d’une jument et serait capable de traverser les enfers et de duper sa première gardienne Modgud. Dans ses nombreuses cavales, Spleinir aurait changé plus d’un destin ..
A la fin du rêve éveillé et d’une promenade le long d’une plage jonchée de glaçons qui fondent au soleil, nous regagnons notre doux nid et quittons les lieux pour Vik. Rencontrons nous un viking ou Sleipnir ?
;
Les mots collectés par Asphodèle
belle, gardien, lapin, destin, envolée, fermer, souffle, partage, quitter, s’abstraire, voyage, cavale, réchapper, chose, respirer, poète, nid, rêve, vie, doux, fugue, oiseau, imaginer, balles, poudre,  bercé.
Et pour lire le texte initial de Hervé Le Tellier c’est ici