Le livre de Dina – Herborg Wassmo

C’était au milieu de la journée. Le cheval et la femme, après avoir descendu le flanc raide de la montagne, étaient arrivés à une grande ferme. Une large allée de sorbiers allait de la grande maison de maître blanche jusqu’aux hangars peints en rouge. Deux de chaque côté jusqu’au débarcadère empierré.

Les arbres étaient déjà nus, portant des baies rouge sang. Les champs étaient jaunes, parsemés de flaques de neige et de glace. Le ciel se découvrit tout à coup. Mais il n’y avait toujours pas de soleil.

Celui qu’on appelait Thomas sortit de l’écurie au moment où le cheval et sa cavalière faisaient leur entrée dans la cour. Il resta planté comme un piquet à la vue des limons vides et de la femme échevelée aux vêtements ensanglantés.

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Le livre de Dina – Herborg Wassmo

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Aujourd’hui « attention parti­culière à faire.. » – 20 octobre

Il faut que je fasse plus particulièrement attention lorsque j’écris sur mon portable maintenant que j’ai mis en permanence la correction automatique.
Tenez par exemple dimanche soir je met un commentaire chez Mind the gap sur le « chœur des femmes » et quand je tape liposuccion il l s’affiche l’opossum. Heureusement que j’ai vu l’erreur et que j’ai corrigé de suite : vous voyez la tête de Mind si je me mets à lui parler d’opossum ?

Vous conviendrez qu’opossum et liposuccion n’ont pas grand chose en commun alors si un jour j’écris « j’ai rendez vous avec un opossum  pour chanter  » c’est la lutte finale » », vous saurez de quoi je parle, même si je n’ai pas relu et qu’il faudra comprendre « j’ai pris rendez-vous pour une liposuccion « cellulite finale » ».
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Aujourd’hui « besoin d’un objet essentiel »

« Aujourd’hui je me suis fracturée la motivation ». Vous connaissez sûrement cette image avec un minion qui affirme cette impossibilité : c’est où d’abord la motivation ?
J’aurai donc besoin d’une attelle (atelle?, atèle?) d’une taille phénoménale vue la dimension de ma fracture qui est abyssale : Abyssale en regard d’un très bon week-end et d’un lundi qui a été calamiteux.
Enfin mieux vaux une fracture de la motivation plutôt qu’une fracture du myocarde voire une fracture numérique (autre terme pour un écran de smartphone en deux morceaux)
Une fois attelée (attellée ? atelée?) ma motivation pourra se reconstruire et recommencer à ruer dans les brancards …

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D’acier – Silvia Avallone

dacier

Dès le premier chapitre le malaise est présent et va grandissant : Un homme regarde des ados à la jumelle. Une brune et une blonde jouent au volley en bikini sur la plage.  Plus tard,  on apprend que cet homme est le père de la blonde, Francesca.

Et cela devient alors franchement glauque (mais formidablement bien écrit) ce père qui refuse de voir sa fille grandir, ce père qui n’a de père que le nom…..

Les filles sont complices et font plaisir à voir, innocentes et perverses à la fois. Une des deux mères est comme effacée (battue), l’autre militante et amoureuse d’un voyou.

Entre Anna et Franscesca, 14 ans, c’est leur dernier été insouciant et en symbiose (si on peut dire), presque jumelles jusqu’au jour où Anna rencontre Mattéa plus âgé.
En parallèle de l’amitié délurée des deux filles, on suit aussi la vie d’Alessio, le frère d’Anna. A 23 ans, il a déjà travaillé 7 ans dans l’aciérie voisine, il complète son maigre revenu en trempant dans des histoires louches de drogue et de petits larcins.

Au début,  j’ai cru que ce livre se déroulait en Italie dans les années 60 :  le côté terriblement dur du travail, la misère, l’inertie des services sociaux et d’un médecin indifférent aux bleus qui recouvrent une adolescente … Et bien non l’action se passe au début des années 2000 et cela fait un peu peur… Des adolescentes borderline et attachantes, des jeunes adultes abrutis de travail et de drogues, des adultes maltraitants, dépassés  ou indifférents…. C’est l’Italie des années 2000 ? On doit aussi trouver cela en France dans certains quartiers….

L’écriture est un vrai coup de poing d’une jeune italienne (25 ans à la sortie de ce livre) qui a remporté le prix prix Campiello Opera Prima.

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Un extrait :

Ca veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d’immeubles d’où tombent des morceaux de balcon et d’amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent? Quel genre d’idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de na pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter les journaux, de ne pas lire de livre, où la question ne se pose même pas ?

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L’avis  de Jean Charles

Challenge à tout prix d’Asphodèle (prix Campiello Opera Prima 2010)
Challenge Top 50 chez Claire pour un livre dont l’auteur a moins de 30 ans
Challenge « mois Italien » Chez Eimelle

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Venise grand canal italie

aujourd’hui « ombre » – 18 octobre

Ce matin, j’ai hésité à me mettre de l’ombre à paupières, mais je n’ai pas retrouvé ma trousse de maquillage.
Dans la voiture, j’ai eu envie de réécouter « marche à l’ombre » de Renaud mais le CD  était égaré (le CD où le chanteur veut être l’ombre de l’ombre de son amour aussi …..ou l’ombre de son chien)
Et puis dans la frénésie de la journée j’ai oublié la consigne du jour.
Ce n’est que le soir qu’un certain Lucky Luke m’a fait de l’œil.
Merci à lui de m’avoir sauvée.

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Aujourd’hui « argent » – 17 octobre

Le samedi est le jour de l’argent de poche. L’argent que l’on peut compter et recompter, les pièces que l’on amasse jusqu’à pouvoir échanger contre un billet, les billets que l’on plie précieusement. Les calculs que l’on faits : les soldes pour la grande fille ou les brocantes pour le petit garçon. L’argent qui brûle les poches et les doigts … Et qui fait briller les yeux.
L’argent de poche qui permet de s’acheter des fraises tagada, des « têtes brûlées  » et autres cochonneries que les Parents, ces grippe-sous, ne veulent pas financer.
Le samedi est le plus beau jour de la semaine (surtout quand la veille la souris est passée prendre une dent de lait)

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Aujourd’hui « Comme une gosse » – 16 octobre

Aujourd’hui j’ai voulu jouer avec les mots, comme une gosse.
J’ai lu que la langue française comprenait 698 mots d’origine italienne.

698 italianismes – Presque autant finalement que d’anglicismes (un peu plus de 1000).

Comme je suis joueuse, je vous propose de me laisser ici même votre italianisme préféré (qui peut ne pas être dans la liste donnée en lien car il y a environ 200 mots cités sur les presque 700 existants)
Je ferai  un texte avec vos mots ! quand ce texte sera-t-il en ligne ?  Mais pronto voyons, ou illico presto !

Tchao 😉

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La vie solitaire – Leopardi

jeudi-poesie

La vie solitaire

Le matin, à l’heure où la poule bat des ailes et saute dans sa chambre fermée, où le villageois se montre à son balcon et où le soleil darde ses rayons tremblants à travers les gouttes qui tombent, la pluie qui frappe doucement ma cabane me réveille. Je me lève, et je bénis les nuées légères, les premiers gazouillements des oiseaux, la brise fraîche et les plages riantes. Car je vous ai trop vus et connus, murs fâcheux des villes, où la haine accompagne la douleur. Je vis affligé et je mourrai tel, ah ! bientôt ! En ces lieux la nature me témoigne quelque pitié, quoique bien peu : oh ! combien jadis elle me traita mieux ! Oui, tu dédaignes les malheurs et les chagrins, tu es l’esclave du bonheur tout puissant, ô nature. Au ciel, sur terre il ne reste aux infortunés d’autre refuge et d’autre ami que le fer.

Quelquefois je m’assieds dans un lieu solitaire sur une éminence, au bord d’un lac couronné de plantes muettes. Là, quand midi passe dans le ciel, le soleil reflète sa tranquille image, le vent n’agite ni herbe ni feuille ; point d’onde qui se ride ; point de cigale qui chante, point d’oiseau qui batte de l’aile sur une branche, point de vol de papillon ; on n’entend pas une voix, on ne voit pas un mouvement de près ou de loin. Un repos profond occupe ces rives : assis et immobile, je m’oublie moi-même ainsi que le monde ; et déjà il me semble que mes membres gisent épars, privés de souffle et de sentiment et que leur éternel repos se confonde avec le silence du lieu.

Amour, amour, tu t’es envolé loin de mon cœur qui fut autrefois si brûlant, que dis-je ? si embrasé. Le malheur l’a serré de sa main froide et il s’est glacé dans la fleur de ses ans. Je me souviens du temps où tu pénétras dans mon sein. C’était ce temps doux et irrévocable où s’ouvre au regard jeune cette misérable scène du monde et lui sourit comme une vue de paradis. Le cœur du jeune garçon bat d’espérances virginales et de désirs ; et déjà le malheureux mortel se prépare aux œuvres de cette vie, comme à une danse ou un jeu. Mais je ne te sentis pas plus tôt, Amour, que déjà la fortune avait rompu ma vie et que déjà mes yeux n’étaient plus bons que pour les larmes. Pourtant, si parfois parmi les plages brillantes, à l’aurore muette ou quand le soleil fait briller les toits, les collines et les campagnes, je rencontre le visage d’une belle jeune fille, ou si dans le repos d’une tranquille nuit d’été, arrêtant près des villes mon pas vagabond et contemplant la campagne déserte, j’entends résonner dans une chambre solitaire le chant harmonieux d’une jeune fille qui prolonge dans la nuit son travail manuel ; alors mon cœur de pierre se met à palpiter. Hélas ! mais il revient bientôt à son sommeil de fer : car les doux mouvements sont devenus étrangers à mon sein.

Ô chère lune, dont le tranquille rayon éclaire la danse des lièvres dans les forêts ; — et le matin le chasseur se plaint en trouvant les pistes embrouillées et trompeuses, et mille détours l’écartent des terriers ; — salut, ô bonne reine des nuits ! Ton rayon se glisse en ennemi à travers les buissons, les rochers ou dans les édifices déserts sur le fer du pâle voleur qui, l’oreille tendue, épie de loin le bruit des roues et des chevaux ou le son des pas sur la route muette : le cliquetis inattendu de ses armes, sa voix rauque, sa mine funèbre glacent le cœur du voyageur, qu’il laisse bientôt à demi mort et nu parmi les rochers. Ennemie aussi, ta blanche lumière rencontre par les carrefours des cités le vil galant, qui va rasant les murs des maisons et suivant l’ombre obscure, qui s’arrête et s’effraie des lampes brillantes et des balcons ouverts. Oui, ton aspect est ennemi des âmes méchantes, mais il me sera toujours clément sur cette plage où tu ne présentes à ma vue que de joyeuses collines et des plaines spacieuses. Et encore, bien que je fusse sans remords, j’accusais ton rayon gracieux quand, dans les lieux habités, il m’offrait au regard des hommes ou qu’il offrait d’autres hommes à mon regard. Maintenant je le louerai toujours, soit que tu m’apparaisses voguant parmi les nuages, soit que, sereine dominatrice de la plaine éthérée, tu regardes ce déplorable séjour des hommes. Tu me reverras souvent, seul et muet, errer dans les bois et sur les vertes rives, ou m’asseoir sur l’herbe, content s’il me reste assez de cœur et d’haleine pour soupirer.

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Jeudi Poésie avec Asphodèle et mois Italien avec Eimelle

Venise grand canal italie

Aujourd’hui « sujet brûlant » – 14 octobre

Mon sujet brûlant d’aujourd’hui est de trouver un tableau. Parce que j’ai déjà trouvé le poème pour le jeudi poésie de demain : un poète italien du XIXe siècle mais je ne trouve pas d’illustration qui irait bien avec.
Alors si vous avez un moment et si vous connaissez un peintre italien du XIXe siècle,  très romantique et qui a peint un tableau sur lequel on voit,un lac très calme, un amoureux transi d’amour, de rares rayons de soleil puis la lune et un chasseur inquiétant, alors  je suis preneuse 🙂

Ce dossier est chaud bouillant, aujourd’hui, parce que demain c’est jeudi poésie.

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Aujourd’hui « une couleur qui sent » – 13 octobre

6H20 : Je me suis levée et suis sortie de sous la couette, transie : la nuisette n’est plus pour moi , vive le pyjama de flanelle.
Sous la douche bouillante, j’ai respiré  des effluves de pommiers et d’orties blanches.
Dans le brouillard de la salle de douche, j’ai tendu la main pour attraper la serviette turquoise qui chauffait gentiment sur le sèche-serviette.
Je peux le dire officiellement et scientifiquement, le turquoise est une couleur chaude (et qui sent l’ortie blanche et le pommier)
6H50 : l’étiquette me dit que ma serviette est « made in Turkey ».
Turquoise et Turquie ont-elles la même étymologie ? je le saurai plus tard : il est 7h l’heure de réveiller les petits yeux chocolat, bouffis de sommeil, chocolat, une autre couleur chaude.

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