Aujourd’hui « bouche » – 9 août

Chère B.

J’avais un peu de fièvre ce matin au réveil et cela m’a fait penser à toi. À peine deux dixièmes de degré de trop et je me sens tout émoustillé. Pourtant, la pleine lune est passée de quelque jours, mais je me suis rendu au fonds des bois et je n’ai pu m’empêcher d’écouter le brame des cerfs.

Ta bouche pulpeuse, rouge sang sur ton teint pâle de diamant, tes yeux exhorbités et ta façon d’humidifier tes lèvres rebondies, me poursuivent.
Je rêve de toi et d’embrasser ton cou gracile, où je sens palpiter ta carotide.

Il faut absolument que l’on se marie tous les deux ! J’ai prévenu ma très chère mère qui m’a dit « quelles noces feras tu ? » Elle t’aime déjà, je crois.

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Ton D.

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 153 mots

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK

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Enigme : Il faut trouver qui est B. et qui est D.

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Réponses exclusivement dans les commentaires et pas par mail.(règles complètes du jeu-concours ici)

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Chroniques du Pays des mères – Elisabeth Vonarburg

quebec chroniques

L’idée de départ de ce roman de Science-fiction est très originale. Dans un futur non daté, la terre est peuplée à 90% de femmes (et donc 10% d’hommes). Elisabeth Vonarburg raconte l’histoire de Lisbeï, une de ces femmes, mais aussi celle de Tula , sa soeur, celle de Selva sa mère…..
Et je dois dire qu’Elisabeth Vonarburg a réussi à m’intéresser pendant 635 pages fascinantes.
Tout d’abord, nous suivons la petite Lisbeï, agée de 5 ans. Elle vit dans une garderie. La mortalité des « enfantes » est très élevée du fait d’une Maladie dont on saura peu de chose (une « enfante » sur deux meurt avant ses 7 ans). Afin de se protéger, les femmes de la « tribu » de Lisbeï préfèrent séparer les enfants des mères à la naissance pour avoir moins de chagrin en cas de décès.
Au fur et à mesure que Lisbeï grandit, on en apprend plus sur cette communauté féminine où tout est fait pour la reproduction de la race humaine (recherche génétique, insémination artificielle). Cette société fonctionne avec toute une symbolique de couleurs  : il y a d’abord la garderie, puis les enfantes deviennent des « vertes », à l’âge de la puberté, elles deviennent des « rouges » et doivent accomplir un « service » (avoir un bébé par an), enfin quand elles ne sont plus fertiles elles deviennent des « bleues ».

Lisbeï est destinée à devenir la « mère  » de sa communauté jusq’au jour où…..

Elle devra partir de sa communauté, en rejoindre une autre (Wardenberg) où elle retranscrit toutes les différences avec sa propre communauté. Elle se destine à devenir historienne et étudie les papiers du grand Déclin (catastrophe nucléaire ? ), elle décide de partir explorer les Mauterres (terres très polluées par les hommes dans le passé)

Les personnages masculins sont peu nombreux mais très attachants, ils sont plus considérés comme des « géniteurs » que comme des citoyens à part entière (car ils portent en eux la responsabilité du Déclin, je caricature un peu). En particulier l’ami de Lisbeï (Toller) est fin et sensible et s’intéresse aux « enfantes » qu’il a engendrées (plus d’une centaine – insémination artificielle oblige – dont il n’en connait que très peu).

Ce livre est passionnant au niveau des analyses sur les rapports hommes-femmes, complètement faussés, sur la place de la religion (on n’a plus affaire à Dieu et à Jésus mais à Elli et sa fille). Le langage est très poétique : tout a été féminisé : on dit une « hiverne » et pas un « hiver », une « enfante » et pas « un enfant », une « chevale’ et pas un « cheval ».

Un extrait : (P 60)
La gardienne bleue s’appelait Antoné et c’était une Médecine. Elle avait vingt années. Elle aurait dû être une Rouge, mais elle n’avait jamais pu faire d’enfantes. Aussi était-elle une Bleue. C’était aussi une « pérégrine », une Bleue qui ne restait pas chez elle mais se promenait de Famille en Famille. Lisbeï était une Verte, ou une « dotta ». Les Mosta aussi étaient des Vertes, mais ce n’étaient pas des dotta. Il faudrait un certain temps à Lisbeï pour comprendre la nuance.
Les Bleues normales étaient celles qui ne pouvaient plus faire d’enfantes parce que leurs graines étaient épuisées, après 35 années, en général. Les Rouges seules étaient les  » mères », celles qui faisaient les enfantes. On les appelait aussi « génitrices ». Mots, catégories, hiérarchies, les réponses se multipliaient de façon vertigineuse de l’autre côté du mur de la garderie. La plupart du temps, Lisbeï ne savait même pas à quelles questions correspondaient ces réponses qu’on laissait tomber en passant, comme si elles allaient de soi.On croyait donner des explications : on lui révélait surtout la profondeur de son ignorance.

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En conclusion : tout simplement excellent. Merci Karine pour le conseil 

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