Aujourd’hui « c’est bien une vache » – 6 juillet

C’est bien une vache !
C’est bien de Mr Queneau de proposer ce thème.
Parce que je n’en ai pas vu une seule de ces charmantes bestioles à 4 pattes.
Aucune dans le métro (quelques poules caquetant), aucune au bureau (quelques têtes de linotte), aucune sous le lit (quelques pauvres moutons égarés)
Je désespérais de trouver un sujet quand, en rentrant, j’ai regardé dans ma boîte aux lettres : Une super bonne surprise m’attendait : ce livre que j’ai commandé lundi dernier était arrivé !

MARIAGE
Un livre pour une association qui aide les enfants malades à réaliser leurs rêves.
Je l’ai feuilleté et au début de l’ouvrage, j’ai recensé – je ne donne que les personnages non humains : Lubie, une jument, une chatte et ses chatons, Bzzt la mouche, Émilie la mouette, Prunelle et Pacha (chiens), Coco (âne), une corneille et un pigeon…. Mais aucune vache.

Si vous souhaitez en d’avoir plus sur ce livre, Quichottine  explique très
bien cette aventure, que j’ai suivie avec bonheur, mois après mois.

Bon je le lis ce « mariage » et je vous dis s’il n’y aurait pas quand même une petite vache qui se cacherait dans ces pages.

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1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 189 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

Samedi « permission accordée » et dimanche « moment où la nuit tombe »

(Samedi) Aujourd’hui,  je me suis accordée une permission.
Les enfants sont partis avec les grands-parents : direction la Bretagne.
Alors « permission coiffeur » parce que avec les chaleurs qu’il fait, je ne supporte plus ces cheveux trempés.
Et puis, suite à une proposition de mon cher et tendre, nous avons vogué vers d’autres cieux pour échapper à la chaleur de ce début juillet. Direction la Normandie.
Il y a 15 ans et 4 jours nous nous étions également accordé une permission.
Noce de cristal, cette année.

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(Dimanche) Ce soir, le soleil ne veut pas aller de coucher. Il est 22 h00, les cloches l’ont tonitrué : au lit au lit !! J’ai obéi et je suis dans mon lit à regarder quelques news sur mon téléphone.
Mais rien n’y fait, le soleil ne se couche pas et la nuit ne tombe pas.
En tout cas, si jamais la nuit est chez vous, prévenez là que si elle tombe, je n’irai pas la relever : je suis tombée de fatigue : la mer et le grand  air m’ont fait chuter et je n’ai pas la force de me relever pour poster ce textulet 🙂
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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 181 mots pour 2 jours

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

6h48 et je vois que le sujet du jour est « c’est bien une vache » (avec toutes les vaches que j’ai vu hier en Normandie et la probabilité quasi nulle que j’en rencontre aujourd’hui !!! ce sujet tombe mal)

Je hais les dimanches – Hervé Bellec

je hais les dimanches
Ce qui m’a décidé pour choisir  ce livre présent dans la liste de la dernière Masse Critique  de Babelio?
Et bien, d’abord la couverture. Un homme à cheval qui charge (quoi ?) avec une lance « stylo-plume » et aussi la quatrième qui dit « Quelle noble folie est donc celle d’Hervé Bellec qui combat les dimanches comme l’autre combattait les moulins « 
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Hervé Bellec hait les dimanches et pendant 52 semaines, il a écrit une chronique sur le sujet….. En vrai, il ne les déteste pas tant que cela….
Je vous livre mes impressions sur ces chroniques qui m’ont fait sourire pour la plupart, intéressée , et aussi émue….
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Hervé traîne son vague à l’âme du dimanche à Quimper, à Locquirec.  Mais aussi à Brooklyn, à Doha, dans des salons du livre divers et variés.
Il nous parle de ses enfants, partis de la maison et du dimanche soir si vide…. Il évoque ses rencontres avec ses lecteurs (plus de lectrices que de lecteurs) …
Au détour d’un dimanche pluvieux ou ensoleillé, des souvenirs d’enfance en région parisienne surgissent, l’émotion d’un coup de fil annonçant le décès d’une ancienne nounou, l’adolescence en Bretagne comme une seconde naissance….
De chronique en chronique, j’ai apprécié un peu plus….
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Ne croyez pas que ces chroniques soient tristes … Il y a beaucoup d’humour et d’auto-dérision (je pense à un certain magasin de lingerie, une rencontre mémorable avec des « Miss France » et un cas de sorcellerie avéré….)
Un ton léger et impertinent , sucré-salé, comme une pluie bretonne ou une crêpe (bretonne elle aussi) … Un bon moment…..
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Ah j’oubliais, Mr Bellec me donne discrètement des envies  de lecture (comme si je manquais d’envies) : rajout sur ma liste de « L’amour et les forêts » d’Eric Reinhardt.
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Un petit extrait le début de la chronique qui m’a le plus surprise :
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« Un cas de sorcellerie »
Tâchons de reconstituer les faits en toute objectivité. Je faisais l’autre samedi une intervention à l’Autre Rive, un fameux bistrot-librairie paumé en pleine forêt du Huelgoat. La lecture en public est un exercice à la fois ingrat et gratifiant. Gratifiant parce qu’il s’agit de mettre en voix et donc en musique ses propres écrits, ingrat pour exactement les mêmes raisons. Le trac me met les tripes sens dessus dessous, raison pour laquelle, une fois l’épreuve achevée, je me rue vers le bar pour avaler cul sec, deux bières d’affilée avant de pouvoir me remettre à causer, à signer des bouquins et à faire des risettes aux dames, en particulier à celle-ci, la petite brune avec une grande bouche et des yeux à vous crever le coeur. Par conséquent, à fuir comme la peste. N’a pas cessé de me mater pendant que je lisais. Puis, sans attendre d’être invitée, s’est assise à mes côtés. Et patati et patata, la poésie ceci, le roman cela. Ses yeux rivés dans les miens et vice-versa. Violaine, m’a-t-elle répondu.
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Et aussi : « L’écriture est pareille à la peinture. Des consonnes, des voyelles et des ponctuations « en un certain ordre assemblés ». Rien de plus. Un exercice cérébral et technique, en somme, et peu importe si l’ombre du cheval est mauve ou verte, et peu importe si l’anecdote racontée est vraie ou non. »

Agenda ironique – Prends ta pelle et ton seau

Je suis une paire de sandale secondaire : secondaire, comme une résidence secondaire.

Enfin je suis la moitié d’une paire : ma jumelle est l’autre moitié (forcément ;-))
Toute l’année, je suis laissée dans le sous-sol de la maison et personne ne s’occupe de moi. Mais quand voilà arrivée l’heure des grandes vacances alors là c’est la fête et on ne voit plus que moi, on ne parle que de moi et c’est à qui voudra m’avoir aux pieds.
En général, c’est la foire d’empoigne parmi les cousins et les cousines : j’ai connu toute la famille : d’abord Bastien pour lequel nous avons été achetées ma soeur jumelle et moi, il y a maintenant 10 ans. Il est grand maintenant Bastien : 1, 80 et 15 ans. Ensuite j’ai accompagné sa soeur, Camille 13 ans, qui maintenant ne jure plus que par des tongs griffées Havaianas, cette pimbêche. La deuxième cousine Fabienne m’en a fait voir de toutes les couleurs, j’ai même fait de la trottinette avec elle, elle appelait sa trottinette son fougueux destrier. !

Moi, je n’ai pas bougé ou presque : taille 30, ou taille 5 ans à peu près: je suis une splendide paire de sandale en plastique rouge, une sandale à trou-trou comme disent les enfants, ou aussi des chaussures de mer : je suis sûre que vous avez déjà eu aux pieds deux de mes consoeurs et que je n’ai pas besoin de me décrire plus en détail.
Après la sieste des plus petits, chaque membre de la famille enfile, qui des baskets, qui des sabots, qui des tongs. Cette année, un des deux petits, celui qui répond au surnom de Boubou, a flashé sur moi : il faut dire que rouge vif comme je suis, j’ai presque une allure de Ferrari : il s’imagine déjà courir plus vite que les cousins. Pas facile d’être le plus petit de la tribu !! Enfin après lui, y’en a un autre de petit mais il est encore dans la poussette !

Nous sortons donc tous de concert pour la promenade : Nous tournons d’abord à droite : direction les Champs Elysées : oui oui vous avez bien entendu les Champs Elysées; nous longeons ensuite la rivière ou plutôt le plus petit fleuve de France (1194 mètres disent les plus précis) où on peut voir à certains moments de l’année des truites Fario.

C’est mon éternel regret ce fleuve, car malgré tous les essais de mes petits propriétaires successifs, je n’ai jamais pu m’y plonger, ne serait ce qu’un court instant : les parents et les grands parents sont catégoriques : « on ne se baigne pas dans la rivière : il y a du courant, tu pourrais être emporté » disent ils au petit intrépide, qui voudrait bien m’emmener faire un plongeon.

Notre balade nous emmène le long des cressonnières où la mamie achète quelques bottes de cresson qu’elle servira en soupe le soir.

Ensuite direction la plage, avec vue sur la falaise. Là c’est le meilleur moment : selon la marée, nous nous retrouvons soit sur les galets, soit sur le sable à peine découvert par la mer et encore humide: j’adore patauger dans les quelques flaques d’eau de mer qui restent à marée basse et dans les algues qui sont si craquantes sous les pieds des estivants. A marée haute, nous restons sur les galets et je fais tout mon possible pour que l’enfant dont j’ai la charge ne se torde pas trop les chevilles. Il faut faire aussi attention lorsque nous allons sur l’estacade, les planches sont irrégulières et une chute est si vite arrivée.

Après des jeux et un concours de châteaux de sable géants, les enfants ont le droit d’aller dans la pataugeoire installée sur la promenade. Là c’est chaussures interdites et je reste bien sagement à l’entrée avec les autres sandales et tongs, à côté du pédiluve : j’y discute avec les copines que je n’ai pas vu depuis l’an dernier : salut t’es revenue cette année? : il est sympa ton petit maître cette année !!!

Au moment de repartir, c’est là qu’il faut se concentrer et que chaque enfant reprenne la bonne taille et la bonne couleur de sandale : je connais des enfants qui sont arrivés chaussés de bleu et qui sont repartis en vert.
Oh là la que ces vacances à Veules les Roses sont sympathiques !!!. Allez y faire un tour peut être nous rencontrerons nous dans les petites rues, qui longent la Veules et les moulins encore en activité.

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Voici le lien pour une visite virtuelle mais sans le cri des mouettes et l’odeur des poissons ramenés par les pêcheurs.

280px-Les_Cressonnières (1)

Veules – les cressonières – source photo

plus de photos ici 

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Texte écrit en août 2011 et « ressorti » pour « Agenda ironique » de 1pattedansunencrier qui nous invite à faire parler les objets de l’été.

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Consigne de l’atelier en 2011 de Gwenaëlle :

La plupart des voyages dont on rêve n’ont jamais lieu.

Ou alors on les accomplit intérieurement.

L’avantage, quand on emprunte ces vols intérieurs, c’est qu’on a de la place pour les jambes.

Henning Mankell (1948- ) – Les Chaussures italiennes (2009)

Et si votre paire de chaussures préférées prenait la parole, quel voyage fait ou rêvé nous raconterait-elle?

Aujourd’hui « Elle ressemblait à  » – 2 juillet – Moon Palace – Paul Auster

Moon Palace – Paul Auster

Une ou deux fois par quinzaine, oncle Victor m’envoyait une carte postale. C’étaient en général de ces cartes pour touristes, aux quadrichromies criardes : couchers de soleil sur les montagnes Rocheuses, photos publicitaires de motels routiers, cactus, rodéos, ranchs pour touristes, villes fantômes, panoramas du désert. On y lisait parfois des salutations dans la ligne dessinant un lasso, et il y eut même une mule qui parlait, avec au-dessus de sa tête une bulle de bande dessinée : « un bonjour de Silver Gulch ». Les messages au verso étaient brefs, des griffonnages sibyllins, mais j’étais moins affamé de nouvelles de mon oncle que d’un signe de vie occasionnel. Le vrai plaisir se trouvait dans les cartes elles-mêmes,  et plus elles étaient ineptes et vulgaires, plus j’étais heureux de les recevoir. Il me semblait que nous partagions une blague complice chaque fois que j’en trouvais une dans ma boîte aux lettres, et j’ai même été jusqu’à coller les meilleures (la photo d’un restaurant vide à Reno, une grosse femme à cheval à Cheyenne) sur le mur au-dessus de mon lit. Mon compagnon de chambre comprenait pour le restaurant vide, mais pas pour la cavalière. Je lui expliquai qu’elle ressemblait étrangement à l’ex-femme de mon oncle, Dora. Vu la façon dont les choses vont en ce monde, disais-je, il y a de fortes chances pour que cette femme soit Dora elle-même.

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Moon Palace – Paul Auster

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1. écrire sur le vif : KO

2. pas plus de 100 mots : 234 mots

3. éléments réels de la journée : KO , livre lu en décembre 2014

4. suivre la consigne de la date : OK

Pierre Reverdy – les jockeys mécaniques

jeudi-poesie

La nuit polaire

A bord les hublots sont ouverts
Les trappes bâillent
Assis sur le balcon qui se détache
Le voilà sur fond bleu
Les nuages seront peut-être les gagnants de la course

On ne voit plus que lui et eux
Ils disparaissent un moment derrière la colline où quelqu’un se promène

Ils meurent
Les chevaux ne sont plus que des bruits de grelots

En même temps que les feuilles tremblent
En même temps que les étoiles regardent
En même temps que le train passe en crachant des injures

Et la fumée
Un bout de cigare refroidi reste

Et ce tronc d’arbre au bord de la forêt
L’acre odeur de l’herbe roussie tout autour

La main énorme qui s’avance.

On ne voit pas le corps se pencher
La bouche avide

Il faudrait sauter la forêt comme une haie
Comme le monde entier est un obstacle à franchir
Il n’y a rien derrière pour se retenir ou leur casser les pattes

Pas même de l’eau
Pas même de l’air
Le vide épais
On entendait grincer les jointures d’acier
Les cloisons étanches
Un réverbère brûlait la crinière et la queue
Fil de fer

Toile d’araignée sur les yeux
On passe

La cavalcade roule sur les toits
La terre à traverser dans un instant

Les chevaux dirigeaient la vapeur de leurs naseaux contre les avions rencontrés au passage
Le passage à niveau de
Mars
Il aurait fallu s’arrêter pour apprendre quelque chose
Et la longue avenue des étoiles s’ouvrait
Les trottoirs les maisons les rues avoisinantes s’écartaient

La plus grande place du ciel illuminait ses phares

Les fenêtres pâlissaient l’ombre de leur clarté
Et les cavaliers levaient leurs lances
Les chevaux battaient leur ventre des fers lunaires de leurs pieds

Les croissants de leurs pieds gardaient la couleur de la lune où ils étaient passés
En bas tout le monde levait la tête et regardait

On ouvrait les portes de derrière avec fracas
Les jardins se remplissaient d’enfants mal réveillés
Et sur les fenêtres où les balcons manquaient des gens en chemise grelottaient

Il y a des lueurs sur le fond noir du ciel

Il y a des lumières qui courent entre les étoiles
Il y a des yeux qui s’ouvrent à la lueur des étoiles
Et son cœur battait plus fort à cause d’une main qui se posait près d’elle

A ce moment tous les yeux se tournèrent vers l’ouest d’où venait le vent
Il y avait aussi des hirondelles blanches qui venaient

de la mer
Il y avait encore des paroles qu’on n’entendait pas
Elles venaient de plus loin que la mer

Et les cavaliers lumineux dont les chevaux battaient le ciel de leurs sabots lunaires descendirent en bloc vers le poteau qui indiquait le but

La dernière chute éclaboussa le mur où se posaient les taches claires de la nuit
Tout le reste était dans l’ombre

Et l’on ne vit plus rien en dehors de la tunique sombre du vainqueur
On n’entendit plus rien que le grincement métallique qui accompagnait chaque mouvement du cheval gagnant et du jockey vainqueur

source

JOHN LOPEZ 2

 

Source photo : John Lopez