Aujourd’hui « liste » – 9 juillet

Ce matin, j’ai lu un billet sur la rentrée littéraire 2015

J’avais un peu oublié m’être inscrite au challenge 1% Rentrée littériare 2014 (foutue mémoire ;-))

Il fallait chroniquer 6 livres.

Liste des 11 livres de la rentrée littéraire 2014 lus. Et des 5 chroniqués :

L’île du point Nemo de JM Blas de Roblès

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Oona et Salinger de F Beigbeder
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Bain de lune de Yanick Lahens
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Sous les couvertures de Bertrand Guillot
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Un monde flamboyant de Siri Hustvedt
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36 chandelles de Marie Sabine Roger
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La lumière des étoiles mortes de John Banville

Le dernier gardien d’Ellis Island de Gaelle Josse

L’homme de la montagne Joyce Maynard

L’ours est un écrivain comme les autres de William Kotzwinkle

Retour à little Wing de Nicolas Butler

Il me reste quelques jours pour lire et chroniquer encore un livre.

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 121 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

Un privé à Babylone – Richard Brautigan

Finalement, elle a parlé, après s’être humecté les lèvres.
« Ecoutez, espèce de gros flic, dit-elle. Pour commencer, les menottes sont trop serrées. Ensuite, j’ai envie de boire une bière. Tertio, je suis riche et je m’en tire déjà pas mal comme çà. Et puis, en plus, vous ne pouvez rien prouver. Tout ce que vous avez, c’est une série de preuves indirectes, et mes avocats se feront un plaisir de les mettre en pièces, que c’en sera un vrai bonheur. Quand ils vous auront amené à la barre, une fois qu’ils en auront fini avec vous, le commissariat de police vous mettra en retraite anticipée pour troubles mentaux. Cela ou alors la prochaine affaire sur laquelle vous vous retrouverez consistera à balayer derrière les chevaux avec une petite pelle dans les écuries de la police. Cela vous paraît un peu plus clair maintenant ? »
Personne n’avait jamais dit au sergent Rink avant qu’il était une espèce de gros flic.
Il est resté planté là, incrédule.
Il avait joué et il fallait qu’il abatte sa main.
« Réfléchissez-bien » dit-elle.. Et puis elle a baissé les yeux vers ses poignets entravés en prenant un air exaspéré, quelque chose de très bien fait. Après ça, elle a regardé le sergent droit dans les yeux. Elle n’a pas baissé les siens.
Moi je suis resté là, comme au cinéma, à regarder tout cela se dérouler sous mes yeux. Le prix du billet ne s’élevait qu’à un voyage au cimetière à minuit dans une voiture volée après avoir tiré dans la jambe d’un nègre plus un arrêt chez moi pour mettre le corps d’une prostituée assassinée dans mon réfrigérateur.
Pas cher.
« Je crois que vous bluffez, dit le sergent Rink.
– Vous n’êtes tout de même pas aussi bête que vous en avez l’air, dit la blonde riche. Vous savez à quoi ça ressemble vingt-cinq ans de crottin?

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Un privé à Babylone – Richard Brautigan 

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Sur une idée de Chiffonnette

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Parfums – Philippe Claudel

Chevaux et brouillards, donc le long de la route qui me mène à Rosières-aux-Salines. Je pédale doucement. Moins il me reste de temps, plus je le prends. Le brouillard agit comme le couvercle d’une cocotte : il maintient en lui, sous lui, les odeurs de terre surprise par un automne adolescent, d’herbe fatiguée par la froidure des matins, de bêtes encore aux champs, de prés vacants et d’asphalte trempé. C’est un grand flacon sans paroi, un pulvérisateur incessant. Je respire le pelage des chevaux, leurs fortes haleines apaisées par le sommeil, leurs flancs frottés de crottin sous leurs yeux ouverts. Et je me rappelle d’autres chevaux : eux aussi sortent du brouillard comme d’un étrange songe romantique. Ils sont ardennais, percherons, boulonnais , aux robes perlées d’eau. Attelés à deux, ils tirent les basses péniches sur le chemin de halage. Je suis enfant. Leur souffles lancent des nuages et, quand je passe près d’eux, je sens leur grosse chaleur de bêtes à l’effort, de muscles tendus et fumants, et de poils séveux. J’aime le brouillard car il permet toujours d’entrer au plus profond de moi même. En marchant au-dehors, dans une nature qui ne me livre que ses marges immédiates, quoique déjà dévorées par l’abrasion d’une gomme invisible, le monde devient une simple projection de l’âme, une hypothèse pénétrante et un peu froide.
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Philippe Claudel – Parfums 

Sur une idée de Chiffonnette

citation