Aujourd’hui « mémoire morte » – 8 juillet

La mémoire d’un petit enfant est élastique, malléable. Langage, comptine il absorbe sans effort.
Comme une éponge…
Plus tard, il faut faire des choix. Pour que quelque chose rentre dans ma caboche, il me faut des efforts particuliers et parfois surhumains.
J’appréhende un futur où ma mémoire va fuir (fuire ?)
De toute part, comme celle de ma grand-mère, celle de sa mère avant elle et celle de la mère de sa mère ……
Ces mémoires mortes me disent de profiter de ma mémoire d’aujourd’hui.
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 366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 83 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

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Avant que j’oublie, je vous conseille ce roman : l’héroïne a perdu la mémoire et oublié totalement 8 ans de sa vie , elle  dit des choses très justes sur la mémoire (Frédérique Deghelt – La vie d’une autre)

Un extrait

La nounou est revenue avec les enfants, et je continue à explorer mes papiers. Je commence à me faire à l’idée de fouiller dans mes propres affaires comme une étrangère. Je ne peux pas continuer longtemps, car j’ai été capturée en pleine lecture par un Indien de huit ans. Je suis attachée à une chaise par sa squaw qui pousse des cris perçants, et rassurée par une petite haute comme trois pommes qui vient me caresser les mains, inquiète de voir les deux grands gesticuler autour de moi avec des danses sauvages.

Rien n’arrive à me détacher de la fascination que ces trois enfants exercent sur moi. Je suis captée par leurs jeux. Je les observe. Ils me replongent dans des souvenirs d’enfance très précis, dans lesquels les rebords d’un lit assez haut étaient des chevaux bien dressés, qui m’obéissaient au doigt et à l’œil. Mon frère et moi les montions sans selle et, d’un petit coup sur les flancs, indiquions la direction aux braves bêtes, qui sautaient n’importe quel obstacle sans sourciller. La proximité du matelas nous permettait de nous jeter sans danger de notre « cheval » pour ramper par terre, quand il arrivait que l’ennemi nous tire dessus à l’improviste. La mémoire de mon enfance semble toujours intacte et ça me rassure de m’y replonger comme dans une eau tiède et douce.

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