Aujourd’hui « je n’aime pas » – 3 juin

Début ici, Episode 2

Deuxième semaine : Solveig continue la fac et nous raconte toujours des histoires, à Tosh et à moi. La lecture du jour était un certain Raymond Queneau et des « fleurs bleurs », j’en suis encore tout retourné, un certain duc parle de mets que l’on ne trouve plus et c’est bien dommage « les pâtés de rossignol au safran, la tarte de châtaigne à la graisse de campagnol, le chaud-froid d’ours à la graine de tournesol, tout cela arrosé d’essence de fenouil » m’ont fait frétiller les papilles.
Peu à peu j’apprends à connaître Solveig : je sais maintenant qu’elle est allergique aux coquillages, aux crevettes, aux huîtres….cela tombe bien, j’ai horreur d’abriter des moules et autres arapèdes… ça dégouline et puis je ne vous dis pas l’odeur…quoique le chaud-froid d’ours cela doit pas mal dégager !
Hier, Solveig nous a lu des extraits de Thérèse Desquouroux : Elle a un sujet de dissert à rendre sur les grandes empoisonneuses….. Je n’ai pas tout compris, par exemple cette phrase « Elle s’est engouffrée dans le crime béant ; elle a été aspirée par le crime. » Comment peut on être aspirée par le crime ? Il faudra que je demande à l’aspirateur de poche que Solveig a installé dans le coin qui lui sert de cuisine.
J’ai bien aimé aussi le passage sur le dîner  : «  Un baiser, songe-t-elle, doit arrêter le temps ; elle imagine qu’il existe dans l’amour des secondes infinies. Elle l’imagine ; elle ne le saura jamais. Elle voit la maison blanche encore, le puits ; une pompe grince ; des héliotropes arrosés parfument la cour ; le dîner sera un repos avant ce bonheur du soir et de la nuit qu’il doit être impossible de regarder en face, tant il dépasse la puissance de notre coeur : ainsi l’amour dont Thérèse a été plus sevrée qu’aucune autre créature, elle en est possédée, pénétrée ». Au moment du puits et de la pompe qui grince, j’y suis allé de mon grincement pour accompagner ma lectrice mais elle a levé le sourcil d’un air inquiet et j’ai arrêté de suite (ne jamais oublier, que la vie est un sursis). Je n’aime pas quand Solveig lève les sourcils, elle ressemble à Sean Connery dans James Bond.

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : KO

2. pas plus de 100 mots : KO (370 mots)

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK

N’oubliez pas de participer au jeu-concours avec les explications ici

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28 réflexions au sujet de « Aujourd’hui « je n’aime pas » – 3 juin »

  1. Arapèdes et héliotropes, pâtés de rossignol au safran, voilà dès potron-minet mon imagination qui s’envole.
    Ils en ont de la chance « lui » et son copain Tosh d’avoir une lectrice si éclectique !
    Et clic et clac…l’heure de passer pour moi à des choses plus terre à terre : douche, déjeuner, Metro…tennis.
    Bisous. À plus. Roland nous attend de superbes parties au programme encore aujourd’hui.

  2. Peut-on empoisonner au chaud-froid d’ours ? J’ai ri à « quoique le chaud-froid d’ours cela doit pas mal dégager ! » et j’ai souri souvent… Quelle poésie merveilleuse que ce 5ème étage !!!… Vivement la suite !!!!!!!!!!!!

  3. Ping : Aujourd’hui « une action soignée  – 4 juin | «La jument verte

  4. Elle est vraiment géniale cette nouvelle, et puis j’aime le « feuilletonnage », me dire que j’ai un bout d’histoire à lire tous les jours, tu enchantes ma journée ! 😉 Attention, on s’y attache à ce Frigor, s’il devait finir au dépotoir on t’arracherait ton crayon !!! Bisous 🙂

  5. Ping : Aujourd’hui je n’aime pas | Passion : Culture !

  6. Ping : Aujourd’hui « un parfum  – 5 juin | «La jument verte

  7. Ping : Aujourd’hui « un jeu  – 6 juin | «La jument verte

  8. Ping : Aujourd’hui « orgueil de  – 7 juin | «La jument verte

  9. Ping : Aujourd’hui « je n’ai rien dit quand  – 8 juin | «La jument verte

  10. Ping : Aujourd’hui « une petite lumière  – 9 juin | «La jument verte

  11. Ping : « D’aujourd’hui, j’oublierais certainement demain que  – 10 juin | «La jument verte

  12. Le frigo transforme un peu ce qu’il entend…
    Ceci étant, je me souviens bien de ces fleurs bleues de Queneau et de Thérèse Desqueyroux de Mauriac. Les deux m’ont émue de façon différente.
    On peut devenir accro à la lecture, surtout si l’on n’a pas à faire l’effort de lire soi-même… J’adorerais écouter Solveig me lire des passages qui lui plaisent. 😉

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