Aujourd’hui « que reste-t- il de  » – 1er juin

Lundi, j’ai emménagé dans mon nouveau chez moi, chez Solveig.

Avant, j’habitais avec Samuel, un cinéphile averti : mais il est parti à l’est d’Eden maintenant et je me suis retrouvé chez Emmaus, au rayon électroménager, vintage et pas cher. Je suis vieux, même si mon moteur est en train bon état de marche. Solveig m’a choisi pour mes mensurations. Pour un frigo, je suis plutôt menu, mais comme sa chambre de bonne à Paris est minuscule, je remplis tout le coin gauche entre un micro-ordinateur portable, une commode à trois tiroirs et un clic-clac d’étudiante. Pour la première fois de ma vie, je me sens immense et important. Mon arrivée chez Solveig a été épique, j’ai eu des sueurs froides quand l’ascenseur s’est mis en route pour nous transporter, le papa de Solveig, Solveig et moi jusqu’au cinquième étage (j’ai eu une pensée émue pour Samuel et son « Ascenceur pour l’échafaud »). Le dernier étage s’est monté à pieds pour Solveig et son père et sur les roulettes d’un diable pour moi : j’ai pour plusieurs jours à remettre mon fluide glacial en bon fonctionnement…Aujourd’hui que reste-t-il de ma jeunesse ?

Elle est étudiante en « lettres- modernes », Solveig, et souvent elle me lit des textes à voix haute. Cela me change de Samuel qui ne faisait que regarder des films et en parler.

La semaine dernière, Solveig m’a lu quelques pages du journal d’une poignée de porte d’un certain Gérard Mordillat. Elle avait les larmes aux yeux (de rire), moi aussi j’ai aimé cet humour grinçant (enfin pour une poignée de porte). J’ai donc décidé de tenir mon journal j’ai déjà le titre : « Frigor, le journal du frigo qui aimait le froid ».

Frigor, c’est moi vous l’aurez compris : Si vous trouvez ce journal que je laisse au frais dans mon compartiment congélatueur, c’est que j’aurais rendu l’âme, que je serais parti à la casse et je tiens donc à me décrire pour fixer les idées du lecteur qui trouverait ce journal sans ma précieuse personne : je suis un congélateur Kelvinator des années 50 (1950 je précise, pas 2050, on n’est pas dans un journal de science-fiction, je précise que ces lignes sont une histoire vraie). Mes dimensions sont parfaites : 53/53/116, aussi profond que large, cent kilos en acier brossé, patiné, verni, entièrement rénové par Samuel dont je vous ai déjà parlé (paix à son âme).

Entre nous, avec Solveig, tout a bien commencé : une toilette complète à l’éponge douce sans produits agressifs comme de l’eau de Javel. Des courses quotidiennes à la supérette du coin : carottes rapées, boîte de maïs, laitue et jus d’orange frais, thé glacé… je revis.. Comme je ne suis plus de la première jeunesse, je pense que ce journal sera plutôt un hebdomadaire qu’un quotidien, j’ai du mal à tenir le rythme …..Et aujourd’hui que reste-t-il de ma jeunesse ?

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : KO

2. pas plus de 100 mots : KO (480 mots)

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK

N’oubliez pas de participer au jeu-concours devinette avec les explications ici