Aujourd’hui « la ligne qui va de » – 8 mai

Sur une idée de Leiloona et une photo de kot  

kot-metro-boulot

Métro boulot Dodo

 

La journée c’est fac de géo

Le soir c’est boulot au Mac do

Entre les deux le dodo

Dans le métro

Arrêt Campio-Formo

 

Tu vois l’topo

J’suis réglo

Un peu robot

Trop d’boulot

J’reste à flot

Dans le métro

 

A flot de peau

Les yeux clos

C’est pas l’Eldorado

Mais pas la fin des haricots

Dans le métro

 

Au boulot

On m’appelle Marco

A la fac des bobos

J’ m’ prend pour Polo

Togo, Burkina Faso

Dans l’métro

 

J’M la faune du métro

C’est l’marigot

Des crocos, un corbeau

Des drôles d’oiseaux

Un mulot, un clodo

Dans l’métro

 

Complètement marteau

Ose la femme au chapeau

Drôle de zigoto

Un joli morceau

Dans tout ce zoo

C’est l’métro

 

Dans mon ciboulot

J’suis pas Quasimodo

Et même plutôt rigolo

On se comprend à demi-mot

Les yeux toujours clos

Arrêt Raymond Queneau

 

 

Ma chanson c’est pas l’tango

Ni l’Boléro, même pas calypso

O culot O sanglot O disco

O Galop, O Mambo

Un P’tit slow au dodo ?

Y a pas eu photo

Arrêt Pablo Picasso

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : KO

2. pas plus de 100 mots : 245 mots

3. éléments réels de la journée : KO (Billet rapatrié de mon ancien blog)

4. suivre la consigne de la date : OK (Tous les arrêts cités  sont sur  la ligne 5 qui va de  Place d’Italie  à Bobigny)

 

 

Il pleuvait des oiseaux – Jocelyne Saucier

IL PLEUVAIT DES OISEAUX

Lecture commune avec Asphodèle 🙂

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L’histoire commence quand « la photographe » arrive chez Charlie. Charlie, un charmant octogénaire, habite au fin fond de la forêt au Québec. Il faut des heures de piste pour arriver chez lui l’été, l’hiver c’est accessible uniquement par motoneige. En outre, la personne qui a indiqué le chemin à la photographe l’a induite en erreur pour qu’elle ne trouve pas les cabanes de Charlie, Ted et Tom. La photographe voudrait justement faire un reportage sur Ted Boychuck qui est un des rares survivants de gigantesques incendies dans les années 1910. Elle apprend de Charlie et Tom que le troisième larron Ted Boychuck est « mort de sa mort » comme disent les deux compères (comprenez qu’il ne s’est pas suicidé).

Les trois compères sont décidés à se suicider le jour où ils ne seraient plus autonomes (pour ne pas mourir dans d’atroces souffrances ou totalement dépendants de leur entourage). Ils ont chacun dans leur maison leur petit pot de strychnine.

Mourir à quatre-vingt quatorze ans, ce n’était quand même pas si mal. Ted n’avait peut-être pas été le plus heureux des hommes, mais il avait tenu le coup et il était mort libre, avec dignité, même pas eu besoin de se faire aider, et à son heure. Charlie respectait cette façon de faire. quitter sans obliger personne à des adieux, c’est une marque de respect pour ceux qu’on laisse derrière soi. Des adieux , ça ne fait de bien à personne.

Un jour, un ami des trois hommes (cultivateur de marijuana à ses heures) ramène une jeune femme (à peine quatre-vingt ans) qui a une histoire effrayante : elle a passé plus de 50 ans dans un asile. Pour elle (elle prendra comme surnom Marie Desneiges), sa vie commence à peine. Commence entre Charlie et Marie Desneiges une tendre complicité.

Les attentions qu’ils avaient l’un pour l’autre, cette tendresse dans le regard, tout cela qu’elle avait pris pour une gentille amitié amoureuse, une dernière coquetterie du coeur, était un sentiment beaucoup plus profond. Ces deux-là s’aimaient comme on s’aime à vingt ans.

Ce roman pourrait (vu son sujet « gérer la fin de sa vie ») comme triste mais le ton est très doux et pas du tout lourd, encore moins triste. Une très belle histoire d’amour et aussi l’histoire d’un homme, Ted, que l’on ne rencontre pas vivant mais qui continue d’exister dans sa peinture et dans les souvenirs de ses amis, et de ceux qui ont vécu « ces grands feux » (des scènes assez effrayantes). La fin est surprenante et m’a beaucoup plu.

Le mot de la fin pour la photographe :

Elle en était venue à les aimer plus qu’elle n’aurait cru. Elle aimait leurs voix usées, leurs visages ravagés, elle aimait leurs gestes lents, leurs hésitations devant un mot qui fuit, un souvenir qui se refuse, elle aimait les voir se laisser dériver dans les courants de leur pensée et puis, au milieu d’une phrase s’assoupir. Le grand âge lui apparaissait comme l’ultime refuge de la liberté, là où se défait de ses attaches et où on laisse son esprit aller là où il veut.

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Challenge à tout prix chez Asphodèle – Prix des 5 continents de la Francophonie (2011) pour le challenge à tous prix d’Asphodèle – Challenge Québec O Trésor chez Karine et Grominou – Challenge chez Sharon « Animaux du monde » – Challenge « un mois- une illustration » d’Angelselfie où la couverture doit comporter un homme – Challenge Top 50 dans la catégorie  « pays où j’aimerais aller un jour ».

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