Antonio Machado – Où est le rêve et où est la réalité ?

jeudi-poesie

C’était un enfant qui rêvait
D’un cheval en carton.
L’enfant ouvrit les yeux
Et ne vit pas le petit cheval.
D’un petit cheval blanc
L’enfant se remit à rêver ;
Et par la crinière il le saisissait…
Maintenant tu ne t’échapperas pas !
A peine l’avait-il saisi,
Que l’enfant se réveilla.
Il avait le poing serré.
Le petit cheval s’était envolé !
L’enfant resta très songeur
En pensant qu’un petit cheval rêvé
Ce n’était pas vrai.
Et il ne se remit plus à rêver.
Mais l’enfant devint un garçon
Et le garçon tomba amoureux,
Et à son aimée il disait :
Existes-tu vraiment ou non ?
Quand le garçon devint vieux
Il pensait que tout n’est qu’un rêve,
Le petit cheval rêvé
Et le cheval vrai.
Et quand vint la mort,
Le vieux à son cœur
Demandait : et toi, tu es un rêve ?
Et qui sait s’il s’est réveillé ?

;

Antonio Machado – Où est le rêve et où est la réalité ?

picasso

Pablo Picasso – jeune homme et cheval

Plus d’info sur ce poète ici

Et l’hommage d’Aragon chanté par Ferrat

;

le mois Espagnol chez Sharon et Jeudi Poésie chez Asphodèle

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25 réflexions au sujet de « Antonio Machado – Où est le rêve et où est la réalité ? »

  1. Ping : LA POÉSIE DU JEUDI con José Agustín Goytisolo y Paco Ibañez | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture

    • Ce qui m’a le plus émue est la brièveté du poème en parallèle de la brièveté de la vie …. (Ou l’inverse )
      Je ne suis pas très claire je crois, vais aller prendre mon premier café …
      Bonne journée Edualc 🙂

  2. C’est magique, on se demande vraiment où est le rêve, où est la réalité, c’est si juste ! Et cette chanson de Ferrat, les mots d’Aragon …
    « Machado dort à Collioures
    Trois pas suffirent hors d’Espagne
    Que le ciel pour lui se fit lourd,
    Il s’assit dans cette campagne
    Et ferma les yeux pour toujours… »
    Je la connais par coeur et je ne m’en lasse pas ! 😉
    Bises et merci pour ce bon moment !

    • Ferrat a beaucoup chanté l’Espagne …
      Les guitares jouent des sérénades
      Que j’entends sonner comme un tocsin
      Mais jamais je n’atteindrai Grenade
      Bien que j’en sache le chemin

      Dans ta voix
      Galopaient des cavaliers
      Et les gitans étonnés
      Levaient leurs yeux de bronze et d’or
      Si ta voix se brisa
      Voilà plus de vingt ans qu’elle résonne encore
      Federico García

      Je ne connaissais ni Antonio Machado ni cette chanson de Ferrat avant de trouver ce poème …
      Bisesss

  3. Ping : La poésie du jeudi avec Georges Perec | Les mots de la fin

    • Ah Borgès …
      Ma seule tentative de le lire fut un échec (le livre de sable) …j’ai eu du mal à finir (sans pouvoir trop expliquer pourquoi …)
      Un conseil sur cet auteur, Leodamgan ?
      Bonne journée

      • Et si tu lisais « Ficciones » (Fictions) ?
        II s’agit d’un recueil de nouvelles. Quitte à évoquer Son Quichotte, tu pourrais parler de celle qui s’intitule « Pierre Ménard, auteur du Quichotte ». Ce serait rigolo. 😉
        (Ce n’est qu’une suggestion, même si mes souvenirs s’estompent car je l’ai lu il y a très longtemps, j’avais adoré « La bibliothèque de Babel ». Il faudra que je le relise.)

      • C’est que je n’aime pas cette sensation d’être « passée à côté » d’un auteur qui est plutôt unanimement apprécié 🙂
        Je vais retenter avec « Fictions » alors 🙂
        Bonne soirée Leodamgan 🙂

  4. Ping : Le mois espagnol, c’est parti ! | deslivresetsharon

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