Aujourd’hui , ce qu’il en restera dans un an – 21 mars

En partant de Nouvelle-Valédonie et en allant six mois vers l’ouest, vous arriverez en Ponylésie, un archipel avec soixante îles sous le vent. Les arbres y sont considérés comme des dieux  vivants, les sentiers serpentent gentiment entre goyaviers et flamboyants. Le matin, les colibris font  bruisser leurs ailes, tout doucement.
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Tous ces arbres et ces oiseaux, le voyageur les connaît déjà pour les avoir vus aussi dans d’autres îles. Mais le propre de celle-ci est que, si l’on y arrive un soir de juillembre (1), on peut y voir sortir les ponys qui donnent le nom à ces îles. Ils sortent à la tombée de la nuit.
Des ponys, mi-chevaux-mi-colibri, qui alternent tölt (2) et amble. Les scientifiques s’interrogent encore : comment le tölt islandais a-t-il émigré si loin ? Entre les étoiles qui illuminent leurs danses et le soleil couchant qui lave la mer, nul doute que vous serez heureux en Ponylésie  !
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Valentyne Dada – Les îles invisibles
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D’après Italo Calvino – Les villes invisibles sur Zazipo
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(1) l’arrache-cœur Boris Vian
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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK écrit aujourd’hui

2. pas plus de 100 mots : 150 mots

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK (je suis partie aujourd’hui donc 6 mois pour l’aller et six mois pour le retour : rendez vous dans un an)

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L’ours est un écrivain comme les autres – William Kotzwinkle

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Un titre accrocheur, une photo que je trouve rétro et drôle : il ne m’en fallait pas plus pour emprunter ce livre à la bibli.

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L’histoire en quelques mots : Un écrivain, Arthur Bramhall, vient de finir son roman. Comme son précédent roman a fini brulé dans l’incendie de sa maison, il décide cette fois d’enterrer son manuscrit. Un ours passe et lui vole le livre. L’ours part à New york et rencontre le succès, sous le pseudo de Dan Flakes.
Dan Flakes rencontre du beau monde : un éditeur mickeyphobique (le néologisme est de moi), une attachée de presse un peu amoureuse, une écrivaine de best-sellers déjantée, un révérend qui essaie de devenir homme politique …. un peu caricaturaux ces personnages secondaires mais savoureux … et puis nous sommes dans une satire de l’édition et d’un certain milieu new-yorkais.
Arthur Bramhall, lui de son côté rencontre des fermiers, des gens de la campagne : bûcherons ….il mène l’enquête pour retrouver son voleur d’ours jusqu’au jour où ……

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Plusieurs éléments m’ont plu dans ce livre :

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– Suivre l’ours qui s’humanise de plus en plus (il fait laver ses slips tous les jours ;-)).
– Suivre en parallèle Arthur, l’écrivain dépressif, qui devient de plus en plus « animal ». Les deux métamorphoses se suivent en parallèle (avec une prédominance pour l’ours du titre).

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– Les dialogues sont savoureux : les gens s’adressent à Dan Flakes, l’ours répond par courtes phrases et onomatopées, en complet déphasage avec son interlocuteur. Par exemple, Dan parle de sa caverne (où il hiberne chaque année) et le journaliste en face lui répond caverne de Platon. Le dialogue se poursuit ainsi chacun restant sur son idée….

– Quelques passages m’ont fait énormément rire (je sais, c’est mal de rire de quelqu’un qui vient de se couper le gros orteil à la tronçonneuse….)

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Le passage ci-dessous est mon préféré (peut être un effet d’une solidarité équine)

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« Dan, on peut en parler. Quelle est ta véritable orientation sexuelle ? Les hommes ou les femmes ?
 » Les bretzels ». L’ours jeta un regard par dessus son épaule. Une forte odeur de transpiration équine parvenait jusqu’à ses narines ; il avisa un policier à cheval, qui tournait le coin de la rue dans sa direction.
Les gants du policier étaient d’une propreté impeccable ; ses bottes rutilaient, il montait son cheval avec machisme, et son cheval était un cheval macho. Il aimait chier en plein carrefour, au vu et au su de tout le monde, avant de repartir d’un pas altier. Il trottait fièrement à cet instant, après avoir lâché un tas de crottin splendide devant une grande galerie d’art, le tout assaisonné d’un pet. Le cheval et son cavalier gratifièrent l’ours d’un regard chargé de mépris. Qu’est ce que ce gros lard fiche avec une belle pépée ? se demanda l’agent de la police montée. Viens par ici, ma jolie, je vais te donner quelque chose à chevaucher.
Lui et moi, tous les deux, renchérit son cheval macho. Mais un effluve des plus déconcertants parvint alors aux naseaux du cheval. Je sens bien ce que je sens ? se demanda-t-il, puis il se figea. D’un coup de talon à la John Wayne, le policier intima à sa monture d’avancer alors que celle-ci humait l’air à nouveau. Elle avait appris à garder son calme dans les foules, à ne pas réagir aux coups de feu ni aux jets des lances à incendie, mais nulle part le manuel de dressage de la police montée de New-York n’évoquait un Ours dans La Rue. Le cerveau du cheval se trouvait bombardé de vieilles images de ses congénères dévorés par les ours qui – petite touche finale issue de l’inconscient collectif des chevaux – roulaient ensuite en boule le cuir évidé de leurs proies pour marquer leur territoire. Dans un hennissement, le cheval rua, en proie à des visions de ses tripes arrachées. Le policier s’aggripait aux rênes, tandis que le cheval donnait des ruades, battant l’air de ses sabots, terrorisé. Le policier décolla de la selle et ses bottes viriles perdirent leurs virils étriers. Non, ce n’est pas possible, se dit-il en se sentant glisser vers l’arrière puis, quand le cheval rua de nouveau, descendre le long de son arrière-train, s’agrippant à sa queue au passage. L’homme tomba lourdement sur le bitume de Spring Street avant de se redresser tant bien que mal aussitôt essayant de prétendre qu’il avait volontairement sauté de selle par l’arrière, qu’il s’agissait d’un désarçonnement d’opérette, mais il avait le casque sur les yeux et son cheval fuyait au galop . (p134-135)

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En conclusion : un très bon moment de détente, humour décalé et satire.

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Challenge USA chez Noctenbule  / Rentrée Littéraire 2014  chez Hérisson (Livre sorti en France en octobre 2014 , écrit en 1996)
Challenge top 50 chez Claire dans la catégorie « livre drôle »

Challenge chez Sharon « Animaux du monde »

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