Aujourd’hui « tourne » – 8 février

tourne

http://www.designwars.com/inspiration/wheel-life/

Ce matin, je regardais cette vidéo et je pensais au fond de mon canapé :
Les saisons passent,  les années tournent et filent de plus en plus vite.
Les mois s’enchaînent et rien ne les ralentit. Les heures virevoltent et s’éparpillent oubliant de compter jusqu’à 60.
Le temps qui passe me donne le tournis.
Les minutes débordent, se chevauchent et se télescopent.
Les secondes ne savent plus où donner de la tête ….quand soudain j’ai entendu une petite voix (celle de la raison ?) :
 .
– Maman c’est dimanche on peut faire des œufs à la coque au ptit déj ?
– 3 minutes !  Banco
.

366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif

2. pas plus de 100 mots : 98 mots

3. éléments réels de la journée

4. suivre la consigne de la date

Sauf les fleurs – Nicolas Clément

sauf les fleurs
Quel livre ! Un coup de coeur !
Une concentration de poésie dans 75 pages dévorées en un trajet, une relecture plus calme quelques jours plus tard.
Marthe raconte son enfance à la ferme auprès de son petit frère Léonce, de sa mère à la fois aimante, protectrice et dépassée, d’un père violent qui  » tabasse » quotidiennement femme et enfants.
Comment grandir dans un tel climat ?
Grace aux mots, à l’amour fraternel, maternel puis celui de Florent …
Parfois Marthe n’emploie pas les bons mots : ceux auxquels on s’attend mais cela fait toute la poésie.
Quelques extraits  :
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Dans mon dictionnaire, je cherche la langue de Papa, comment la déminer, où se trouve la sonnette pour appeler. Mais la langue de Papa n’existe qu’à la ferme hélas. Il nous conjugue et nous accorde comme il veut. Il est notre langue étrangère, un mot, un poing, puis retour à la ligne jusqu’à la prochaine claque. 
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Je ne trouve plus mon frère dont le père a brisé le nez de maman. Je secoue la chambre, je demande à l’étable j’implore le jardin, mes cris dans la cour sont l’envers de mon pressentiment. Qui croire si les coups me privent à présent de l’eau qui m’assoit et de la terre qui m’élance ?
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Les mots marchent sur les mots, je couve un silence dont je ne peux rien faire, à part apprendre. Pour fatiguer la ronce. Au plus près du monde usé que je porte en signe de galet.

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Notre ferme n’est pas grande, mais c’est notre ferme.
Nous y vivons à quatre, toutes les chambres nous vont, retournées ou rangées. Quand la neige avale nos pelles, j’apprends à coudre sur une machine ajustée à mes doigts, d’où naissent de longues robes dessinées sans faiblir. Avec mes aiguilles, je m’installe avant la traite face au jardin brouillon entrelacé de coloquintes. Ma machine à coudre est une Singer offerte par maman, la rigueur de mes points en dépend. J’ai toujours un vêtement sur le métier, un velours à bâtir, un ourlet à marquer. J’aime habiller Maman, l’inviter dans ma chambre, recevoir son miroir, couvrir ses cicatrices. Car je voudrais que Maman soit belle sans attendre mes mains, que tous voient ce que je vois, la source de mon or, l’épine qui me guide, son beau visage de travailleuse. Ici, loin de l’école, deux joies me rappellent à la vie qui me gèle : coudre pour Maman et lire des histoires à mon frère. Je  suis  heureuse alors, je n’appartiens qu’à moi.
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Challenge top 50 chez Claire  dans la catégorie « lu en une journée » et
challenge  » A tout prix » chez Asphodèle (Prix Festival du premier roman de Chambéry en 2014) entr’autre