La horde du Contrevent – Alain Damasio

hordecontrevent

Quand j’ai commencé ce billet, j’ai failli écrire « Un roman fleuve », ce n’est pas faux mais c’est plutôt un « roman tornade » car le vent est bien le personnage principal de ce pavé de 700 pages (en poche).

Alain Damasio laisse la parole à tour de rôle aux 23 membres de la Horde du Contrevent. Certains personnages reviennent plus souvent comme Sov le scribe (son rôle dans la horde est de noter tout ce qui a trait à l’expédition de cette 34 ème horde), Coriolis la Cro (chargé avec deux autres de trouver de la nourriture), Caracole le troubadour (amuseur public), le Prince Pietro Della Rocca, Oroshi Melicerte l’aéromaîtresse (spécialiste en vents)

;Les autres membres principaux sont : Golgoth, le chef ou traceur, tourmenté par la mort de son frère aîné quand il avait 6 ans, Steppe, Arval l’éclaireur, Callirhoé la feuleuse (chargée d’alimenter le feu)

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Cette horde a pour mission de rejoindre l’Extrème-Amont pour découvrir la cause de ce vent qui existe sur cette planète qui n’est pas nommée. Pour situer la Horde est partie de l’Extrème-Aval, une trentaine d’années avant le début de ce récit.

Quelle épopée fantastique !! Un mois après cette lecture, j’y pense encore souvent et repense avec émotion à ces 23 hommes et femmes qui tentent l’impossible. De nombreuses péripéties (une Fontaine étrange, une Flaque dangereuse, des méduses qui volent dans le ciel, des hallucinations et toujours ce vent qu’il faut contrer…..)

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La langue est très inventive (néologismes, mots valises, exercices oulipiens) et m’a ravie. Ces hommes et femmes parlent du vent avec des signes de ponctuations, rencontrent des éoles (humains vivant sur des bateaux (à voiles et sur roues les bateaux donc des chars à voile ;-)).

Enfin après un séjour dans une ville répondant au nom d’Alticio, ils rencontreront les survivants de la 33ème horde (leurs parents)
Ils traverseront des déserts, des lacs, des montagnes….toujours à pied en tirant leur chariot. Un roman magnifique sur la solidarité, le dépassement de soi, l’amitié…..

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Au début ce livre est difficile à lire (car chaque personnage parle à son tour et il y a juste un signe en début de paragraphe pour savoir qui parle)

En conclusion : Je suis encore tout ébouriffée de ce roman. Un livre qui peut marquer longtemps (je vous conseille le billet de Steppe   qui a choisi son pseudo en fonction de ce livre)

Un extrait : c’est Golgoth, le chef de la horde qui nous explique sa rencontre avec des chevents (chevaux de vent)

Une question de jours, je leur ai balancé, aux joufflus. « Gardez la gniaque, on va se la dégotter cette pentasse bien raide, la dévaler et ce sera reparti vers l’amont ! Osh-Osh, elle débloque depuis que Sov la trombine, l’écoutez plus, fermez le pavillon et tracez sud », que j’ai dit. Ils ont rigolé, ils se marrent toujours ces deux mioches, y’a pas plus lurons qu’eux! Ce matin je les réveille, j’étais de vigie et quoi? de l’aval débarque une petite harde de chevents j’en avais jamais vu ailleurs qu’en enclos et ça faisait vieux de ça ! Rien à voir avec les canassons d’abrités qui te remorquent du soc de charrue. Les chevents, ils sont plus fins du corps d’abord, la crinière se balade longue derrière l’encolure parce qu’ils se broutent entre eux les graines qui se prennent dedans. Et surtout le museau allongé, une lame on dirait, ça leur jette un air de bête noble, c’est beau – avec la robe en argent, lustrée. Donc je secoue les frérots, je sais qu’ils adorent ça, les chevents, et les voilà que ni une ni trois, sans même enfiler une botte, à la sauvage, ils les coursent et la harde qui calte au galop, les Dubka qui calment le jeu, approchent en douce, les chevents reculent encore, une longueur, ils croient y être mais non, les autres retrottent,comme ça jusqu’à perpète-l’horizon ! A midi, j’avais déjà fait un bout de chemin, rogueux et j’entends une cavalcade, c’était mes deux bouillus, à cru chacun sur un chevent, qu’en traînaient même un troisième, libre celui là, pour ma pomme. J’ai amadoué la chose et basta, plein sud, à dada sur mon ch’vent, à triple vitesse de marche, j’en revenais pas !
Puis bon ! ça a pas duré. A la sieste, ils m’ont jeté un « On va aller en chercher d’autres, des chevents, dors donc, t’as fait le guet moitié de nuit ! On te rapportera du gibier aussi bien ». Ils sont jamais revenus. (p 31)

NB : Comme ce livre va de la page 700 à la page 0 (à rebours donc), il s’agit d’un extraits des toutes dernières pages du livre.

Si vous souhaitez approfondir , quelques liens :

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Le site officiel dédié à cette horde.
Un article wikipedia très intéressant qui détaille les personnages et les lieux.
Enfin le blog d’une étudiante qui a choisi ce livre pour son projet de fin d’étude (le dessin que je préfère est celui Alticcio, la cité « aérienne »

Challenge à tous prix d’Asphodèle  : Grand Prix de l’Imaginaire roman 2006
Challenge Lieux Imaginaires chez Coralie

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13 réflexions au sujet de « La horde du Contrevent – Alain Damasio »

  1. Qu’est-ce que j’ai aimé ce roman! Un immense coup de coeur pour moi.
    Et Aoi, la petite goutte d’eau…
    Un livre d’une grande poésie, avec de belles métaphores. L’oeuvre d’un génie 🙂
    Bisous à toi

  2. J’ai terminé ce livre la semaine dernière. Je suis encore en « phase digestive », je laisse décanter avant de rédiger une chronique. Mais c’est effectivement un livre renversant sur le plan technique, narratif, humain, esthétique… Bref, j’ai adoré !

  3. Ping : Aucun souvenir assez solide – Alain Damasio | La jument verte

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