mariage

Salut la compagnie, je m’appelle Lubie.

Oui oui vous avez bien lu, Lubie comme une lubie.

C’est Alfred qui m’a trouvé ce prénom.

Alfred ce n’est pas mon père, c’est mon patron, mon ami, mon confident, en un mot le propriétaire de la ferme où je suis née au mois de juin il y a sept ans.

Je suis arrivée par surprise avec trois semaines d’avance, et c’est pour cela qu’Alfred m’a appelé Lubie : je suis souvent en avance, mais aussi parfois en retard, en un mot un peu imprévisible surtout pour une jument normande. Enfin à moitié normande !

Les chevaux normands sont placides, prévisibles moi c’est tout l’inverse.  Ma mère, me dit souvent que je ressemble beaucoup à mon père, un anglo-arabe qui passait par là, et avec lequel elle a eu une formidable mais éphémère histoire d’amour.

Je suis donc métisse : Normande matinée d’anglo-arabe, alezane, de jolie chaussettes montantes, des balzanes dit on par ici. Des crins longs et délavés. Des grands yeux de biche ; ça c’est Alfred qui le dit car je n’ai jamais approché une biche d’assez près pour voir si c’est vrai ! c’est pas compliqué, moi, quand , je vois une biche, (un chevreuil ou un cerf me fait le même effet) je me mets dans tout mes états et j’essaie de montrer que je cours aussi vite que tous ces cervidés. Et alors Alfred dit : « çà y est Lubie a remis cela et a fait la nouba ! » d’un ton un peu fâché.

Mon boulot à la ferme, c’est  d’emmener les légumes au marché le dimanche matin avec la  charrette, ou alors je tire le cabriolet qui va chercher le médecin.  Je suis trop fine et pas assez résistante pour les travaux de labours que fait ma maman.

Un matin Alfred est venu me voir dans ma stalle, tout excité en agitant un papier rose et crème, que j’ai essayé de manger, car quand même, l’heure du petit déjeuner était bien passée depuis 5 minutes.

Il m’a lu précautionneusement le papier  en articulant bien, parce que j’ai parfois la comprenette un peu lente :

 Clément et Marie

Ont le plaisir de vous annoncer

leur mariage en l’église Saint Martin-pêcheur

De Veules les Roses

Le samedi 32 juin

 

Sur le coup, je n’ai pas compris pourquoi cette annonce le mettait dans un tel état d’euphorie l’Alfred. Et ensuite, tout s’est éclairé : Alfred m’a raconté que les mariés lui avait demandé de les conduire de chez eux à l’église avec son cabriolet …. Et c’est donc moi qui vais amener les tourtereaux en calèche à l’église. « C’est une grande responsabilité, pour toi Lubie, m’a dit Alfred : il va falloir être à la hauteur. »

Là j’ai pas tout compris, bien sûr que la calèche est à la bonne hauteur, cela fait 5 ans que je la tire et puis çà veut dire quoi responsabilité ? Dès fois il est vraiment bizarre l’Alfred !

 

Billet de mars 2012 récupéré de mon ancien blog 🙂

Suite demain (même heure , même endroit)

 

 

 

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5 réflexions au sujet de « mariage »

  1. Ping : Vol au dessus d’un nid de coucous | La jument verte

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