La petite écuyère a cafté – Jean-Bernard Pouy

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1995 – Gabriel Lecouvreur dit « le poulpe » mène l’enquête : deux jeunes gens de 17 ans, Bérénice et Frédéric se sont suicidés en s’attachant aux rails juste avant le passage du train Paris Dieppe. Gabriel fouine, pose des questions, s’attire des ennuis et fait parler les lycéens. Un personnage un peu à la San Antonio, qui de temps en temps cite Basho « La tête vide, quand j’ai sommeil, tout m’est bruit ». L’enquête est menée tambour battant le long des falaises de cette belle Normandie.
Les personnages sont un peu caricaturaux mais on sourit souvent. Et sous des airs de ne pas y toucher, des sujets graves sont abordés: religion, avortement, intégrisme, extrême-droite… la bande-son est plutôt réussie aussi (j’ai écouté quelques uns des titres cités par la bande de lycéens : PJ Harvey To bring you my love ….)

Un petit extrait : Gabriel vient d’interroger la responsable du centre équestre où Bérénice passait bon nombre de ses journées.

Gabriel roulait à fonds de cale sur la départementale. Une fille enceinte qui se suicidait avec le père de son enfant, parce que le monde était contre elle, parce que c’était la tuile du siècle, ça ne tenait pas. On était en 95. Ce genre de gaffe était facilement réparable. Surtout quand on fait du canasson à outrance. Or, elle semblait éviter tout ce qui pouvait ressembler à des montagnes russes. Comme si elle y faisait très attention à ce truc qui lui poussait dans le ventre.

Mais, bizarrement, Gabriel croyait cette femme qui vivait toute la journée avec des juments en chaleur et des étalons, la bave aux mors. Il se rendait compte que dans toute la littérature olé olé, il y a toujours un palefrenier, une écurie, des tas de paille, des hennissements dans le lointain, des bottes en cuir, quelquefois une cravache.

En conclusion : une bonne lecture qui m’a fait sourire dans le métro. De Jean Bernard Pouy, j’avais lu un recueil de nouvelles « La chasse au tatou dans la pampa argentine ». Je me rappelle avoir piqué un fou rire à la fin de la première nouvelle (toujours dans le métro, les gens me regardaient avec la tête de la femme qui dit « je veux la même chose qu’elle quand « Harry rencontre Sally »).

Jean Bernard Pouy fait partie de l’Oulipo (une référence pour moi)

Le Poulpe est une série qui a été inaugurée par Jean Bernard Pouy et qui est une vraie mine d’or pour ce challenge. Il y a pas mal d’autre titres dans cette collection avec des auteurs différents. Pour n’en citer que quelques uns : Nazis dans le métro, l’amour tarde à Dijon.
Le poulpe a été adapté au ciné en 1998 avec JP Daroussin et Clotilde Courau dans le rôle de Cheryl.

Une lecture dans le cadre du Challenge de Cécile « Oh my ce titre »

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10 réflexions au sujet de « La petite écuyère a cafté – Jean-Bernard Pouy »

  1. Je connaissais le poulpe par le film en fait. Je pensais d’ailleurs que c’était un personnage créé par Frédéric Dard, comme quoi.
    Les jeux de mots de la fin sont costauds…comme le titre du challenge !! 😀
    Gros bisous et belle semaine !

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