La belle Hortense – Jacques Roubaud

HORTENSE

Dans ce premier tome, Jacques Roubaud nous fait découvrir le quartier de Sainte Gudule dans la Ville. Arpenter ce quartier et connaître ses habitants est un vrai plaisir: Il y a Eusèbe l’épicier qui épie les touristes, la boulangère, tendre comme une brioche, Hortense et ses amours, un antiquaire au nom prédestiné (Mr Nanderthal), un policier (car il y a dans ce livre une simili-enquête), un journaliste pour aider l’inspecteur (amoureux d’Hortense – le journaliste pas l’inspecteur), un mystérieux prince Poldève (amoureux d’Hortense), une petite fille observatrice, un chat Alexandre Vladimirovitch (peut être lui-même l’incarnation d’un prince poldève), l’aide de l’inspecteur, Mr Arapède (j’adore ce nom : je savais déjà par ma grand mère ce qu’était un arapède et vous ?) …

La Poldévie est au centre de ce roman. Pour en savoir plus sur la Poldévie, c’est ici (et très instructif)

En bref, Jacques Roubaud convoque une foule de personnages qui prennent tour à tour la parole pour parler de tout et de rien ou aussi du fameux criminel « la Terreur des quincailleries » (je rassure les éventuels lecteurs de ce billet, pas de crime sanglant). Jacques Roubaud balade ses lecteurs et lectrices à grands coup de digressions, de parenthèses, de listes, d’entre-chapitres et j’en passe. La séduction d’Hortense par ….(je ne vous dirais pas qui) est un pur bonheur….

J’ai adoré la forme plus que l’histoire en elle-même puisque même le Lecteur apparaît et apostrophe l’Auteur qui le renvoie dans ses buts (ainsi que l’Editeur, le Commercial, le Correcteur….).

Jacques Roubaud fait partie de l’Oulipo (avec Queneau, Pérec…) et c’est en soi toute une aventure, même si je pense n’avoir pas vu tous les jeux de mots, clins d’oeil….Un rapide tour sur le net m’a appris que je n’avais pas vu que le nom du journaliste Mornacier était l’anagramme de Romancier….Les références à Queneau et « Pierrot mon ami » sont nombreuses (et m’ont donné envie de lire ce livre)

En conclusion : un premier tome plus qu’intrigant, je file lire la suite où d’après la quatrième de couv un poney poldève ferait son apparition en Guest star…

Un extrait :

Les six princes Poldèves, bien que partisans résolus de la modernisation de la Poldévie, n’en oublièrent pas pour autant le passé. Les abondantes royalties qu’ils percevaient leur permirent de financer aisément le transport, pierre par pierre et salade à salade simultanément, de la chapelle dédiée au malheureux prince Luigi Voudzoï et du potager y afférent dont l’entretien fut confié à un maraîcher de Saint Mouëzy-sur-Eon.
Le soleil émergeait lentement des brumes matinales et éclairait le carré de sombres, prospères et tendres à la fois laitues, marquant l’emplacement symbolique de la fatale chute de cheval qui avait autrefois abrégé la vie de l’infortuné Luigi. Une délicieuse et passéiste odeur de crottin de cheval montait de l’humus fraîchement retourné, légèrement exotique toutefois, les salades du potager, en effet, étaient nourries du crottin de petits poneys montagnards poldèves, amenés à grands frais hebdomadairement et par avion.

challenge trilogie de l’été chez Philippe

TRILOGIE

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12 réflexions au sujet de « La belle Hortense – Jacques Roubaud »

  1. J’avais noté cette trilogie d’un de nos très grands poètes. Mathématicien, poète, il a en effet le parfait profil d’un oulipien (personne ne meurt dans cette « académie », les morts sont excusés lors des réunions. Un oulipien est vraiment un « immortel »). J’adore…

    • Coucou Denis 🙂
      Je suis aussi assez fan de l’oulipo et de leur contraintes d’écriture (et de l’humour comme le concept de « plagiaire par anticipation » 😉
      Bises. 🙂

  2. me semble bien que dans « Pierrot mon ami » ya une chapelle poldève… mais qu’est-ce qu’il n’y a pas dans « Pierrot mon ami ? »

    bon, je file réserver « la belle hortense » à la bib’ 🙂

  3. Un arapède? Misère, non, je n’avais jamais entendu ce mot avant aujourd’hui…! mdr
    Mais maintenant je sais 🙂
    La Poldévie, quel canular.. Il fallait oser quand même! Un poney poldève en Guest star? Je te comprends de vouloir désirer connaître la suite! Il faudrait déjà que je mette la main sur le premier tome. Tu me donnes très envie de le découvrir…
    À bientôt

    • Bonjour Nadine

      Un arapède est un mollusque qui reste scotché sur son rocher 🙂

      Ma grand mère née à Marseille parlait presque comme dans un livre de Pagnol 🙂
      Magie du net en recherchant arapède je tombe sur un extrait de Pagnol : « J’en ai connu cinquante comme ça qui parlaient de faire le tour du monde et qui sont restés bien au frais dans leur magasin, au lieu d’aller mourir dans quelque naufrage pour engraisser les arapèdes sur la côte des Malabars. Pagnol, Marius,1931, III »

      Bonne lecture 🙂 et bonne journée 🙂

  4. Et bien je connaissais les arapèdes mais pas la Poldévie ! mais apparemment je n’étais pas la seule 😉 Ca m’a l’air succulent, j’essaierai de trouver la la bibliothèque

  5. Je dois le lire pour mon cours de vie littéraire au XXème siècle et il me tarde tellement de le commencer 🙂 Mais j’ai envie de lire Pierrot mon ami avant 🙂
    Merci pour cette critique !

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