Journal d’un stylo 5

1er septembre 2013

Dans le cadre de ma psychothérapie avec le Docteur Freud, celui-ci m’a intimé de me décrire en 500 mots.

Et il a précisé « en explorant vos cinq sens » (je vais avoir du mal car ce que j’ai de plus développé chez moi c’est le sixième sens, mais bon, allons y!)

Tout d’abord le toucher, je suis dur (certains diraient même rigide, pour ne pas dire psycho- rigide). Pour ma part, je préfère m’en tirer par une pirouette et dire que je ne suis pas très souple, j’applique la méthode Coué en plus de celle de Monsieur Freud. Comme mon réservoir peut se retirer de sa carapace, je me sens parfois tout nu et désarmé.

Si vous me respirez, vous verrez tout de suite que je suis un très grand voyageur : je sens donc, pêle –mêle, le sac de Valentyne, les billets de métro, des vieux bouquins de bibliothèque, des restes de barres de céréales (miam le miel et le chocolat !). Et aussi, je sens ces innombrables listes qu’elle tient et sors à tout bout de champ (c’est le seul moment d’ailleurs où je lui suis indispensable : dès qu’elle a  une idée et elle me dégaine). Vous allez me dire qu’une liste ne sent pas, et bien si, une liste sent : par exemple sa dernière liste en cours est la liste de livres qui ont pour sujet la nourriture « le festin de Babette », « Charlie et la chocolaterie ». Cette liste a une très bonne odeur, et ce même si le goût du « coup de Gigot » m’a un peu gêné à côté du goût du chocolat).

Parfois, comme elle n’a plus de papier, elle écrit sur sa liste de livres, passer à la laverie (j’adore l’odeur de lessive), penser à faire le plein (beurk, l’odeur d’essence). Oh là là que j’aime ces odeurs et ces fragrances de listes !

Goûtez-moi, mangez-moi : enfin pas trop hein, parce que si tout le monde se met à me goûter, franchement au niveau des bactéries, je vais stresser.

Ecoutez-moi ! Et alors en retour je vous raconterais ! C’est là que je suis le meilleur, il me suffit d’une oreille attentive pour que je m’épanche, raconte ce que vous avez de plus intime. Alors, je mène la danse seul et écrit sur chatouillant le papier, sans ligne le papier, surtout car je suis un peu en marge, les lignes bloquent ma créativité.

Et au final, regarder moi, je suis droit comme un I : je suis translucide (mais pas extra lucide même si je fais un gros travail d’introspection, régulièrement). Je renvoie la lumière du soleil quand je me repose nonchalamment installé sur le bureau.

On voit le niveau de mon moral à la ligne bleue de mon réservoir. Un vrai baromètre. Mais je vous parlerais de ceci une autre fois, parce que là il est l’heure de repartir écrire. Ah non. Val vient de me dire que j’allais dessiner. Elle met le poste à fonds et j’écouter le boléro de Ravel, la Truite de Schubert et Vangelis. Je me demande bien pourquoi !

5 réflexions au sujet de « Journal d’un stylo 5 »

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