Reflet dans un oeil d’or – Carson McCullers

Lecture commune avec Eeguab

reflets

Un livre emprunté à la bibliothèque avec une 4ème de couv pour le moins intrigante.

Nous sommes dans un poste militaire : les personnages sont deux officiers, un soldat, deux femmes, un Philippin et un cheval; un meurtre a été commis.
Apparemment rien de plus clair, de plus net, que ce drame passionnel traité à la point sèche avec une fascinante sûreté de trait. Mais dans l’ombre, en marge, les mobiles secrets de chacun transparaissent et confèrent au récit une étranger épaisseur, une fantastique réalité survolée par un « Oiseau de Feu »

Dès le début du livre, je me suis demandée qui allait mourir. Et bien j’ai été surprise, car je ne m’attendais pas à cette fin du tout. La mort arrive dans les dernières pages du roman et ce n’est pas là le plus important. Pour moi, l’essentiel est le huis-clos entre ces personnages, tous plutôt ambigus. A la caserne (l’action se passe en temps de paix), le lecteur fait d’abord connaissance avec le capitaine Penderton et avec sa femme Leonore. Ces deux là se tolèrent et vivent côte à côte, tant bien que mal. Il faut dire que le capitaine Penderton sait que sa femme est infidèle. Son amant est un autre officier de la garnison, le commandant Langton. De ce personnage, on en saura peu , à part que sa femme, Alison, est dépressive, et supporte mal son infidélité.

Le soldat Williams est étrange et difficile à cerner. Associal, il espionne Leonore, la femme de Penderton. Leonore, jeune femme sportive mais peu intelligente (elle essaie de compter sur ses doigts pendant une partie de cartes pour trouver combien font 14 plus 7), elle semble futile et peu intéressante. Le commandant Langton l’aime-t-il ou cherche -t-il juste à fuir son foyer endeuillé ?

Le personnage le plus intéressant (quoique très antipathique) est sans conteste le capitaine Penderton qui souffre, non pas que sa femme le trompe, mais de « tomber amoureux des amants de sa femme ». Jusqu’où sa fureur le mènera -t-il ?

Que dire enfin d’Anacleto, le serviteur Philippin d’Alison, qui apporte un peu d’espoir dans ce huis clos ? même si je l’ai trouvé la plupart du temps dépassé par les évènements.

La pièce était illuminée par l’éclat rose du feu et il y voltigeait des ombres grises. La pendule, préludant par un petit déclic ronronnant, sonna trois heures.
« Tenez! dit soudain Anacleto. Il froissa la feuille de papier sur laquelle il peignait et la jeta de côté. Puis, assis le menton dans la main, d’un air méditatif il se mit à regarder les tisons du feu, fixement. « Un paon d’un vert sinistre, avec un seul énorme oeil d’or; et dans cet oeil les reflets de quelque chose de minuscule et… »

En conclusion, un livre très étrange, et assez envoûtant, où la tension monte peu à peu. Dès le début, Carson Mc Cullers dit qu’il va y avoir un mort. Commence alors un jeu du chat et de la souris, plutôt intéressant et bien mené.

Je n’ai pas vu le film avec Elisabeth Taylor et Marlon Brando. Peut être Edualc nous en apprendra-t-il plus 😉

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