Luz ou le temps sauvage – Elsa Osario

luz

Luz arrive à Madrid avec son mari Ramiro et leur fils de deux ans. Luz est en quête d’un certain Carlos Squirru, exilé argentin. Ce roman retrace leur longue conversation sur le parcours de Liliana, la compagne de Carlos, qui a eu Luz en captivité, en Argentine. Luz explique qu’elle a eu des soupçons sur sa naissance et qu’elle a découvert récemment être la fille de deux opposants au régime Argentin dans les années 1970. Luz a été « subtilisée » par un général, organisateur de la répression, pour être « donnée » à sa fille. Elsa Osario, nous raconte l’histoire de de Liliana, de Carlos, de la Bête (organisateur de l' »enlèvement ») et de sa compagne Miriam, mais aussi celle de du père « adoptif » Eduardo, qui essaie à un moment de rétablir la vérité.

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Je me suis mise tout à tour dans la peau des différents intervenants (la seule qui m’a parue un peu caricaturale est Mariana la mère « adoptive » de Luz ….tant d’aveuglement comment est ce possible? )

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Une mention particulière au personnage de Miriam, qui dépasse son désir d’enfants pour venir en aide à Luz et Liliana. Luz, la lumineuse, arrivera par son entêtement et celui de Miriam à retrouver son identité.

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C’est un livre magnifique qui nous fait aller de 1976 jusqu’en 1998 avec des moments d’ intenses émotions, du suspens, de la tristesse, de la joie enfin …

En conclusion : un livre qui frôle les cinq étoiles et le coup de coeur : le seul bémol est que, si les dates sont bien indiquées en début de chapitre, la narration est un peu dure à suivre puisque, parfois, le point de vue change d’un paragraphe à l’autre sans que l’on comprenne aussitôt que ce n’est plus le même personnage qui « parle ».

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Deux extraits
Dolores, une amie du père « adoptif » Eduardo, fait prendre conscience à celui-ci du rôle joué par son beau-père dans la répression et sur le fait que de nombreux enfants ont été enlevés à leurs mères prisonnières (celles-ci étant ensuite assassinées après la naissance).

Toutes ces années en France ont formé une mince croûte sur sa blessure, mais depuis qu’elle est à Buenos Aires, la douleur s’est réveillée, elle peut la palper, la respirer, la sentir remuer dans son corps. C’est une douleur qui ne la laisse pas en paix, qui exige d’elle action, vengeance, réparation. Et la seule réparation possible, pense-t-elle, sera de remuer ciel et terre pour retrouver cet enfant, sa nièce ou son neveu, si du moins il a survécu.

Deuxième extrait : Carlos  apprend que la jeune fille de 20 ans en face de lui est en fait sa fille (il ne savait pas qu’elle était née, les recherches entreprises pour retrouver Liliana mentionnait l’accouchement d’un garçon mort-né).

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Lui seul pouvait essayer d’imaginer la fillette de cinq ou six ans derrière cette femme en face de lui, cette fillette qu’il ne pourrait jamais connaître. Il lui fallait chasser ce sentiment de gêne, desserrer l’étau de la rancoeur, oublier les circonstances, les haines, pour se laisser emporter dans cette atmosphère que Luz était en train de créer, et partager avec elle, même tard, même venant d’un autre, ces histoires qu’il n’avait pas pu lui raconter.

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Deuxième participation pour le mois Argentin organisé par Denis du blog Bonheur de lire.

moisargentin

Deuxième participation aussi au challenge Amérique du sud d’Eimelle

challengeameriquelatine

 

Louis Calaferte – Poèmes ébouillantés

jeudi-poesie

Allez chez Asphodèle lire les trouvailles des autres participants 😉

Quand nous étions vêtus de lourds et verts manteaux
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;et chaussés de nuages
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;dans les sabots du ciel

Quand les rouges chevaux hennissaient sur les mers
et qu’aux oreilles blondes des douceurs enfantines
les grelots de midi scintillaient de leurs fleurs

Quand la brume d’hiver ensablait dans ses moufles
les chemins incertains et les forêts lointaines

Quand les rires avaient des peaux de mirabelles
dans la maison de jonc et le jardin d’osier

Quand les fenêtres crues s’ouvraient sur des campagnes
de serpolet bruyant aux paumes des ravines

Quand c’était ce temps- là ce temps-là ce vieux temps