Juan Gelman

jeudi-poesie

Allez chez Asphodèle lire les trouvailles des autres participants 😉

La souffrance / est-elle défaite ou bataille ?/
réalité qui broies / es-tu compagne ?
tant de perfection te sauve de quoi ?/
Ne te fais-je pas mal ? Ne te juané-je ? /

te gelmané-je ? / ne te chevauchai-je
comme fou de toi ? tien poulain qui passe
se refusant à la mort répugnante ?/
celle qui pleure au pied de mes mouroirs ?/

ne suis-je pas là pour te paterner ?/
vas-tu m’excuser de tant te filier ?/
réel que tu subis comme accouchant /
ton souffroir /chante-t-il pour moi / contre moi ?/

me révèles-tu ce que je peux être ?/
m’ailes-tu /toi aile de ma fureur ?/
te dé-pouponnes-tu comme colombe
qui recherche un oeil aveugle pour voir ?

Juan Gelman, Lettre ouverte suivi de Sous la pluie étrangère, présenté et traduit de l’espagnol (Argentine) par Jacques Ancet, éditions caractères, 2011, p. 40 et 41

Pas de recueil de ce poète argentin à la bibliothèque où je vais (j’ai trouvé ce poème ici)

Le mois argentin est organisé par Denis du blog Bonheur de lire 

moisargentin