Des fleurs pour Algernon – Daniel Keyes

DESFLEURSPOURALGERNON
Charlie Gordon a 34 ans et un QI de 68. Il est handicapé mental mais arrive à vivre en autonomie : il travaille dans une boulangerie, où il fait le ménage et de petites livraisons.
Il a envie de progresser et se porte volontaire pour une expérience scientifique dans un laboratoire. Comme Algernon, la souris, il va être opéré pour devenir comme il dit « plus intelligent ». Les docteurs Nemur et Strauss lui demandent de tenir son journal où il consigne toutes ses émotions.


Voici un des premiers extraits de son journal

« Et les dix otres fois que nous avons recomancé Algernon a gagné a chaque cou pasque je trouvez pas le bones rais pour allé jusqu’a l’ARRIVEE. Ca m’a pas vecsé pasque j’ai regardé Algernon et j’ai apri a allé jusqu’au bou du birinte mème si ca me prant lontan.
Je savez pas que les souris été aussi un télijente. »

Après l’opération et l’injection d’hormones, Charlie devient peu à peu plus intelligent et nous explique (dans un langage de plus en plus élaboré et avec de moins en moins de fautes) tout ce qui lui arrive : une plus grande maturité intellectuelle mais des émotions parfois d’un garçon de huit ans.

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« Je ne sais donc toujours pas ce qu’est un Q.I. et tout le monde en donne une définition différente. Le mien est d’environ 100 actuellement et il va bientôt dépasser 150 mais il faut encore qu’ils m’emplissent avec quelque chose, comme le verre à mesurer. Je n’ai rien voulu dire mais je ne vois pas, s’ils ne savent pas ce que c’est ni où c’est, comment ils peuvent savoir combien on en a. »

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Au fur et à mesure de son évolution, il prend conscience d’une foule de choses : les « amis » qu’il croyait avoir à la boulangerie, se moquaient en fait de lui, les docteurs du laboratoire ne le considéraient pas, avant son opération, comme un être humain mais plus comme un cobaye….Des moments d’intenses émotions, beaucoup de tristesse mais aussi des passages gais où Charlie se montre à la fois révolté et facétieux :

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La foule sortit de la salle de bal et se répandit dans les couloirs, tandis qu’ Algernon, galopant sur la moquette marron du hall, les faisait drôlement courir. Sous les tables Louis XIV, autour des palmiers en pots, grimpant les escaliers, prenant les tournants, dégringolant les escaliers dans le grand hall, ameutant d’autres gens au passage. Les voir tous courir de droite et de gauche dans le hall, à la poursuite d’une souris blanche plus intelligente que beaucoup d’entre eux, était le spectacle le plus drôle qu’on ait vu depuis longtemps.

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Charlie tombe amoureux de son ancienne institutrice Alice, qui le suivait au centre d’apprentissage des adultes handicapés mentaux.

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Mais avec la liberté naissait un chagrin. Je désirais l’aimer [et] fonder un foyer.
Maintenant c’est impossible. Je suis aussi loin d’Alice avec mon Q.I. de 185, que je l’étais quand j’avais un Q.I. de 70. Et cette fois-ci, nous le savons tous les deux.

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En l’espace de quelques mois, Charlie essaie de comprendre son passé , des souvenirs lui reviennent de sa vie d’enfant auprès de sa mère, de son père et de sa petite soeur Norma. Entre deux mondes, il nous fait part de ces réflexions toujours justes et bien illustrées.

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20 mai. […] Mon intelligence a causé un fossé entre moi et tous ceux que je connaissais et que j’aimais, et j’ai été chassé de la boulangerie. Je suis maintenant plus seul que jamais auparavant. Je me demande ce qui se passerait si on remettait Algernon dans la grande cage avec quelques unes des autres souris. Est-ce qu’elles la traiteraient en ennemi ?

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En conclusion : un grand roman, tout à tour triste, révoltant et drôle
Un roman qui me réconcilie aussi un peu avec mes parents et  mon frère aîné, (aujourd ‘hui décédé), parce que Charlie c’est aussi lui.

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Le billet de Claudia Lucia et celui de Cécile qui participe à cette LC (que je rajoute bientôt)

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lu dans le cadre des challenges Anticipation organisé par Julie

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Challenge « romans cultes » de Métaphore

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Challenge « Mois américain » organisé par Noctenbule

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Celui de Bianca « les 100 Livres à lire au moins une fois »

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et « Challenge à tous prix » d’Asphodèle « prix Nebula du meilleur roman en 1966 »

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A pied, à cheval et en fusée – Clifford Simak

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Il ne faut pas toujours se fier à la couverture d’un livre. Celui-ci par exemple est beaucoup mieux que la couverture ne le laisse paraître. Je l’ai trouvé dans une brocante et allez savoir pourquoi le titre m’a plu.
C’est l’histoire de Mike Ross, un aventurier découvreur de planètes. L’action se passe dans le futur (dans environ 20 siècles ;-)). Mike a été engagé par la mystérieuse Sara pour retrouver aux confins de l’univers un héros légendaire.

Un faux moine (Tuck comme dans Robin des bois ;-)) et Smith, un aveugle qui entend des voix, complètent cette folle expédition au départ de la Terre. Commence alors un périple à bord d’un vaisseau spatial puis la découverte d’une planète abandonnée et  étrange où des robots-chevaux-à-bascule, des Dadas, les accueillent. J’ai trouvé cette idée de chevaux-robots bien exploitée. J’ai beaucoup aimé aussi d’autres créatures de cette planète :  les étranges habitants d’arbres géants, un « poulpe » qui répond au doux surnom de « Hibou », des centaures qui jouent au polo avec la tête d’un robot en guise de balle.

Sous ces dehors d’aventurier avec gros bras et peu de cervelle, le héros Mike évolue et en devient attachant.

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En conclusion : sans être un chef d’oeuvre, j’ai passé un bon moment de lecture dans les transports en commun, j’ai ri plusieurs fois (et pas toujours au moment lors des scènes avec ces fameux Dadas) .

Du même auteur je vous recommande « Demain, les chiens » : je ferai un billet sur c livre  ….un jour…..

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Un petit extrait où on voit les Dadas pour la première fois (P 14)

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Je portai les jumelles mes yeux et les déplaçai lentement, jusqu’à ce qu’apparaisse la forme mouvante. Je ne vis tout d’abord qu’une tache qui avançait puis cela grossit lentement et se précisa. Des chevaux ? Il semblait proprement insensé qu’il pût y avoir des chevaux ici, et pourtant c’est bien ce que je croyais voir. Des chevaux blancs qui galopaient vers nous. Evidemment s’il y avait des chevaux ici , ils ne pouvaient être que blancs. Mais c’était de bien étranges chevaux et surtout ils avaient des jambes bien étranges. Ils ne couraient pas comme l’auraient fait des chevaux normaux, mais d’une manière incroyable, basculant d’avant en arrière.
Comme ils se rapprochaient, je pus les examiner plus en détail. C’étaient bien des chevaux. Ils en avaient parfaitement la forme, oreilles dressées, insolentes, naseaux luisants, crinières en l’air comme si le vent les soulevait, mais en fait absolument immobiles. On aurait dit des chevaux sauvages au galop qu’un artiste de quatre sous aurait dessinés pour un calendrier, figés à jamais dans l’attitude qu’il leur avait donnée. Et leurs jambes ? Je ne les voyais pas. En fait ils n’avaient pas de jambes, mais des bascules. Deux paires de bascule, une devant, une derrière, celle de devant plus étroite afin d’éviter qu’elle ne s’empêtre dans celle de derrière lorsqu’ils couraient, lançant d’abord la patte postérieure en avant, sur laquelle ils basculaient, tandis que la paire antérieure se soulevait puis à son tour touchait le sol et basculait.
Complètement ahuri, je rendis les jumelles à Sara.

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Challenge « anticipation » organisée par Julie et « Mois américain » de Noctenbulechallengeanticipation

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et aussi Challenge totem de Liligalipette

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La quinzaine de l’imaginaire chez Aymeline

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et enfin Challenge organisé par Cécile  « Oh my couvertture » (une seule participation suffit 😉 où il faut trouver une couverture kitchissime 😉

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La dame et la licorne

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« Jadis, par un matin radieux, pendant que je brodais, sereine et apaisée, une tapisserie imitant celle de Bayeux, une damoiselle sur un cheval fougueux mais bien dressé, pendant que je tirais mon fil, un peu par habitude, soudain il se fit un claquement, comme celui d’une jument donnant du sabot, frappant à l’entrée de la tonnelle. « C’est quelque troubadour, — chantonnais-je, — qui traverse  mon jardin ; invisible Troubadour, encore et toujours »

Ah ! Confusément je me souvins que c’était dans le jovial mois de mai, et chaque feuille dansait sur sa branche virevoltant dans un rayon de soleil, éblouie. Tranquillement je profitai du temps présent, pensant un peu à Bertrand ; en vain m’étais-je assignée de finir de broder le voile bleu lagon de la duchesse, celle qui en secret j’appelai Eleanor, pour la suivante de la princesse Mathilde, reine d’un jour, encore et toujours.

Et la joyeuse et mélodieuse chanson du feuillage diaphane me charmait, me comblait de bonheur indicible, le bruit de ce sabot me fit sursauter ; si bien qu’alors, pour rompre ma solitude bienheureuse, je demandai, fredonnant : « C’est quelque fantôme-tambour qui vient me présenter sa dernière aubade à l’ombre des rosiers, quelque troubadour et sa lyre sollicitant mon écoute attentive ; une sérénade de mon Bertrand, d’amour encore et toujours. »

Mon amour à ce moment se dévoila plus fébrile. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Messire, — dis-je, — ou damoiselle, en vérité j’implore votre pardon ; mais le fait est que mon esprit vagabondait, et vous êtes venu galoper si gaiement, si joyeusement vous êtes venu taper les pavés de ma cour, que j’en ai arrêté mon ouvrage. » Et alors je levai pour accueillir mon invité ; une licorne encore et toujours !

Examinant son pelage immaculé, je soutins son regard plein de tendresse, de pureté et d’amour, lisant des mots qu’aucun poète n’a jamais rêver prononcer ; mais le silence fut rompu, et la gracieuse créature courba son cou de cygne, et le seul mot chuchoté  fut un prénom adoré : « Bertrand ! » — C’était moi qui le chantonnai, et la licorne répéta comme en chœur : « Bertrand ! » —encore et toujours.

M’asseyant sous le pommier, et sentant en moi toute mon âme s’embraser, je vis la toute belle sur mes genoux s’installer. « Sûrement, — dis-je, — sûrement, elle a quelque message de mon promis à me porter ; écoutons là, cette chimère avec sa barbichette. Laissons mon cœur se calmer un instant, et écoutons cette sérénade ; — c’est l’amour encore et toujours. »

Je posai donc mon ouvrage, et, caressai le pelage de cette jument à la corne tressée, elle parla ainsi et je vous rapporte fidèlement son histoire. Elle posa sa croupe dans l’herbe qui danse, elle me regarda longtemps, mes yeux perdus dans la psyché  de ses yeux, elle chevrota, bêla doucettement ; et, avec la tête d’une conspiratrice, elle se pencha au-dessus de ma robe; elle câlina ma gorge, à peine visible, dissimulée juste sous les dentelles  de la robe veloutée ; — elle se pencha, bêla encore et toujours.

Alors cette chimère virginale, par la légèreté de son encolure et la fantaisie de ses yeux, conduisant mon imagination insignifiante à dire : « Bien que ta tête, — lui dis-je, — soit crinière et toupet, tu n’es pourtant pas un messager, léger et  attentionné,  muse enlevée par la lune. Dis-moi quel est ton nom médiéval  au bout de cette  piste de vapeur d’ étoiles ! » La licorne dit : « L’amour encore et toujours ! »

Je fus émerveillée que cette gracieuse équidée comprit si aisément mes paroles, bien que sa réponse tombait sous le sens et m’apparut évidente dans toute sa nudité ; car nous ne devons pas oublier que souvent une licorne assène des vérités que l’on a oubliées, en toute innocence  sous un pommier en fleur, le brouillard du soir  tombe en chuchotant « L’amour encore et toujours ! »!

Et la licorne, penchée gentiment sur ma robe veloutée, répéta cette phrase magique, comme si dans cette mélopée elle absorbait toutes mes pensées. Elle répéta en bêlant ; elle secoua sa crinière, — jusqu’à ce que je me misse à chantonner joyeusement : « Bertrand galope en ce moment vers moi ; d’ici ce soir, lui aussi, il arrivera et me déclamera son inclination et pour ma beauté son penchant. » L’animal dit alors : «L’amour encore et toujours! »

Applaudissant la justesse de cette répétition jetée avec tant de brio, je m’exclamai : « Sans doute, — ce que tu délivres comme message, tu l’as appris chez une fée fortunée, chez qui le Bonheur introuvable a enseigné et qui t’a chuchoté philtre d’amour et sortilèges, jusqu’à ce que ses leçons soient de toi connues, jusqu’à ce que tu saches parfaitement ce sempiternel couplet : L’amour encore et toujours !

Et, la licorne approuvant encore de la tête m’encouragea à rire, j’enroulai tout de suite mon bras autour de sa fine encolure et la câlinant encore et encore ; alors, s’enfonçant dans le velours de la robe, elle s’efforça de susciter des rêves aux rêves, je cherchai ce que cette magistrale créature des anciens temps, ce  que cette jolie, gracieuse,  rebondie créature des anciens temps, voulait faire comprendre en bêlant son « L’amour encore et toujours » !

Je me tenais ainsi, songeant, imaginant, mais restant silencieuse face à la belle licorne, dont les yeux doux et brillant m’apaisaient maintenant jusqu’au fond du cœur ; je cherchais à deviner cela, et plus encore, ma main reposant à l’aise sur la crinière en liberté que la lumière de ce mois de mai enjolivait , à Lui, Bertrand mon aimé, — ah ! L’amour encore et toujours !

Alors il me sembla que le parfum du pommier en fleur s’épanouit, dans ce jardin sous les ombrages que la fée avait saupoudrés pour mieux m’enivrer  «  Inhumaine ! — m’écriai-je, — ton message n’est que rêve éveillé, elle t’a envoyé du réconfort et de l’espoir dans ton attente de Bertrand ! Bois, oh ! Bois ce bon air du matin, frais comme le vin, et enivre-toi de ce Bertrand que tu attends ! » La licorne dit : «L’amour encore et toujours ! »

« Poète ! — dis-je, — magnifique chansonnette ! Licorne ou jument, mais toujours poète ! Que tu sois une messagère de mon amoureux, ou que le hasard t’ait seulement envoyée, mandaté, et peut être même envoutée, dans ce jardin idyllique, ensorcelée, dans ce parc  pour  l’Amour abandonné, — dis-moi sincèrement, je t’en prie, respire-t-il encore, mon Bertrand tant adoré ? Dis, dis, je t’en conjure ! » La licorne bêla : «L’amour encore et toujours! »

« Poète ! — dis-je, — être de malheur ! Licorne ou jument, mais toujours poète ! Par-delà ce ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous chérissons, dis à mon âme remplie d’espoir  si, dans un futur proche, je pourrais serrer mon cher et tendre que les mésanges nomment Bertrand, embrasser à nouveau mon honnête page que les mésanges nomment Bertrand. » La licorne bêla : «L’amour encore et toujours! »

« Que cette phrase soit le signal de nos retrouvailles futures, licorne ou jument ! —chantonnai-je en me levant. — Rentre dans les écuries,  va voir les palefreniers assoupis ; et reviens  ici, sustentée et rafraîchie ; nous deviserons à nouveau ; reviens sous la tonnelle de ce pommier  et installe toi sur ma robe de velours ; pose ton chanfrein sur mes manches bouffantes  et tressons  ensemble les louanges de l’absent, mon cher Bertrand ! » La licorne bêla : «L’amour encore et toujours! »

Et la licorne, imperturbable revint s’installer, toujours assise sur la robe de velours de la dulcinée, juste en dessous du pommier de ce beau mois de mai ; et ses yeux ont toute la profondeur  des lacs de montagne, eaux de rêve ; et la lumière du soleil, dégoulinant sur elle robe couleur de cristal, projette son ombre sur l’herbe grasse ; et mon âme, virevoltant autour de cette créature qui bêle chantonnant sous le pommier  continue à me seriner, «L’amour encore et toujours! »

licornedame

 

Les mots collectés par Asphodèle  

Invisible –  fantôme  – introuvable –innocence –voile –dentelle –  brouillard – psyché – honnête – insignifiant – dessous – eau – politique – nudité – lumière – lagon  – diaphane – visible –cristal – blog –  briller-vérité – fantaisie – traverser – vagabonder – vapeur- vin

 

Et voici le concours : Pour écrire ce texte, je suis partie d’un poème d’un auteur américain  célèbre ( un poème beaucoup plus sombre, je n’ai gardé quasiment aucun mot, j’ai juste essayé de garder le rythme). Pour participer au concours de ce modeste blog, il vous faut trouver l’auteur du poème et le titre et m’envoyer tout cela par mail exclusivement (pas dans les commentaires) à valentyned(at)gmail(point)com

Un livre est à gagner (je ne sais pas encore lequel 😉 faites des propositions !!

Vous avez jusqu’au 14 février (jour de la saint Valentyne comme chacun sait). Les résultats seront publiés lors d’un « jeudi poésie d’Asphodèle » : le  20 février  ou le 6 mars dernier délai  car je dois changer de fournisseur internet et je ne sais pas si j’aurais un accès facile en février 😉  

Et un dernier indice pour la route, le romancier poète, novelliste est du XIXème siècle.

CHALLENGEmoisamericain

 

 

Je n’ai pas mis politique (et j’ai triché pour blog 😉 )