Mishima – Chevaux échappés

Il lui semblait perdre pied, et tel celui auquel s’agrippe quelqu’un qui se noie, il étendit les mains pour se protéger et serra Makiko dans ses bras.
Il la tenait étreinte, mais ce qu’il sentait sous son vêtement léger n’était autre que la raideur de son obi, épais, sanglé, avec ses tours superposés et son noeud volumineux. C’était là quelque chose qui semblait l’éloigner davantage de Makiko qu’avant de l’avoir enlacée. Pourtant, ce qu’Isao ressentait de la sorte c’était la réalité inhérente à toutes les représentations qu’il se faisait d’un corps de femme. Aucune nudité ne pouvait sembler plus totalement nue.
Dès lors, ce fut un ravissement. On eût dit, brusquement, l’étalon qui s’échappe en brisant son licol. Une vigueur sauvage pénétra ses bras qui tenaient cette femme. Il la serra davantage, sentant leurs deux corps vibrer comme le mât d’un vaisseau qui tangue.

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Mishima – Chevaux échappés

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Sur une idée de Chiffonnette

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