La conjuration des imbéciles – John Kennedy Toole

conjuration

L’histoire en quelques mots : Ignatius Reilly est un imbécile. Il a 30 ans, n’a jamais rien fait de ses dix doigts, il vit chez sa mère qu’il maltraite (psychologiquement). Il grogne, rote, a des opinions tranchées sur tout et un ego démesuré. En plus il est antipathique ! L’anti-héros par excellence.

Sa mère a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts et le force à trouver un travail. Il est donc embauché aux Pantalons Levy, une entreprise en débâcle (le dirigeant ne s’en occupe pas car il déteste cette entreprise, œuvre de son père). Le lecteur suit donc les premiers pas de ce Reilly dans le monde du travail….

J’ai un avis très mitigé sur ce livre, car même si j’ai ri deux ou trois fois, ce livre n’a QUE des personnages antipathiques (même la mère de Reilly que j’ai un peu apprécié au début est rapidement antipathique) et sur 600 pages c’est long.

De bons passage cependant, et une histoire assez intéressante (suspens sur les activités illicites qui se déroule dans le bar), on suit la rédaction d’une lettre qui va mettre le feu au poudre mais les monologues d’Ignatius Reilly sont vraiment longs et lassants.

J’ai apprécié certains dialogues, le côté absurde des raisonnements de Reilly, les réflexions du balayeur du bar, le rôle d’un certain perroquet…..

En conclusion : Une critique assez féroce de la société américaine dans les années cinquante (même si le livre a été publié en 1980 il a été écrit en 1959), qui ne m’a pas emballée ;-(

Un extrait : un dialogue entre Mr Levy le patron des Pantalons Levy et Mme Levy suite à une pseudo révolution que Reilly a organisé aux Pantalons Levy (page 208)

– Comment savoir ce qui lui est passé par la tête ? il veut que je vire le type qui lui a renversé ses plantes et puis encore un autre qui lui a tailladé son écriteau. Il dit que les ouvriers de l’atelier sont des malfrats qui n’ont pas de respect pour lui. Il dit qu’ils veulent sa peau. Je vais donc aller à l’atelier pour parler avec Palermo, qui n’est évidemment pas là, et qu’est-ce que je trouve ? tous les ouvriers ont des briques, des bâtons, des chaînes- y’en a partout ! ils sont tous dans tous leurs états et ils me racontent que ce gars, Reilly, c’est lui le gros chameau, leur a dit d’apporter tout ça pour attaquer le bureau et filer une volée à Gonzalez.

– Quoi ?

– Il n’arrêtait pas de leur répéter qu’ils étaient sous-payés et surexploités.

– Je suis bien d’accord avec lui, dit Mme Levy. Hier encore Susan et Sandra m’ont écrit à ce propos. Leurs petits copains, à la fac, leurs ont dit qu’à les entendre parler de leur père – toi – on aurait dit un planteur vivant de l’esclavage. Elles sont dans tous leurs états, comme tu dis. Je voulais t’en parler mais j’ai eu tellement d’ennui avec ce nouveau sèche-cheveux que ça m’est sorti de l’esprit. Elles veulent que tu augmentes les salaires de ces malheureux, sans quoi elles ne reviendront plus à la maison.

–  Non mais, elles se prennent pour qui, ces deux-là !

– Elles se prennent pour tes filles, au cas où tu l’aurais oublié. Elles ne te demandent qu’à pouvoir te respecter. Elles disent que tu devras améliorer les conditions de travail et les salaires de tes employés, sinon elles ne remettront plus les pieds à la maison.

–  Alors ça y est c’est les gens de couleur qui les intéresse tout d’un coup ? Fini les petits gommeux, déjà ! Ils n’ont pas tenu longtemps !

– Et voilà ! Tu attaques tes propres filles une fois de plus. Tu vois ce que je te disais ? C’est pour ça, que moi non plus, je ne peux pas te respecter. Si l’une de tes filles était un cheval et l’autre un joueur de base-ball, tu serais aux petits soins pour elles.

– Si l’une était un cheval et l’autre un joueur de base-ball nous serions dans une meilleure situation ! elles nous rapporteraient de l’argent !

Livre lu dans le cadre d’une LC avec Noctenbule pour le  mois américain

CHALLENGEmoisamericain

Challenge « romans cultes » de Métaphore

challenge-romans-cultes

et challenge à tous prix de  Laure repris par Asphodèle car ce livre a reçu le Pulitzer en 1981

logo-challenge-c3a0-tous-prix