Philippe Rahmy – Béton armé (Shangaï au corps à corps)

Philippe_A._Rahmy

Source photo : Wikipédia

Carnet de voyage. Philippe Rahmy nous raconte son séjour de deux mois à Shangaï, en 2011. Il a été invité avec d’autres écrivains par l’Association des Ecrivains de Shangaï. Philippe Rahmy apporte un regard à la fois émerveillé et distancié de cette ville. Emerveillé dans la mesure où il est atteint de la maladie des os de verre et que c’est son premier « vrai » voyage à 40 ans, distancié parce que même s’il n’a jamais pu voyager il a beaucoup étudié, écrit et parcouru (virtuellement) le monde.

Il s’étonne de la dure vie des travailleurs chinois, innombrables, endurants , ne se plaignant jamais. La vie à Shangaï est une bataille, un mouvement perpétuel , un fourmilière où on le sent bien souvent perdu.

« L’écriture, traduction du silence intérieur; la ville, affirmation bruyante du monde. deux inconciliables » (P66)

J’ai beaucoup aimé l’écriture poétique mais parfois aussi tranchante au moment où je m’y attendais le moins.

L’arbre de Shangaï est le magnolia, la fleur timide et réservée. Le symbole fut choisi en 1986, durant les premières manifestations étudiantes. Elles étaient encore joyeuses, trois ans avant Tienanmen. Deng Xiaping avait alors décrété « l’année portes ouvertes ». Il fallait apaiser la jeunesse, rassurer l’étranger. Cette période est révolue. Le récent musée de l’architecture, en forme de magnolia, est en acier. Il n’y a plus ni douceur ni discrétion. Quatre pétales immenses, quatre lames de guillotine surplombent la place du Peuple. p111

Pas de réelle histoire donc dans ce livre mais des impressions sur la ville, les habitants, la cuisine, les coutumes qui l’interpellent.

Cet écrivain parle aussi au gré des pages de souvenirs d’enfance, des souvenirs très douloureux de fractures à répétition, de difficulté de s’intégrer.

« Je revois mes parents faire des messes basses dans le couloir des urgences, leurs mines sombres me servant de baromètre pour évaluer la gravité de ma blessure : un sourire embarrassé signifiait que je m’en tirais avec un plâtre, un regard tendre que je restais à l’hôpital. Je juge encore les gens d’après cette échelle : qu’on me témoigne de la bienveillance et je crois qu’on va m’abandonner, qu’on veut ma mort. » (p 33)

En conclusion : un livre que je recommande pour ces nombreuses réflexions sur l’humanité, l’écriture, Internet, la dictature…..

Ce livre est l’histoire de deux mois d’un écrivain qui s’interroge, observe, analyse et qui a un sens développé de la formule et des images qui frappent  » Shangaï est un marécage sous un couvercle d’argent ».

Livre offert par Babelio dans le cadre de Masse critique. Le titre et la quatrième de couv m’ont séduite et je suis contente de l’avoir lu. (si quelqu’un  est intéressé, je lui envoie)

Cette lecture peut également s’inscrire dans le challenge Francophone de Denis (Philippe Rahmy est né à Genève en 1965), d’un père franco-égyptien et d’une mère allemande

challenge LittFrancophone

Fiche Wikipédia ici

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9 réflexions au sujet de « Philippe Rahmy – Béton armé (Shangaï au corps à corps) »

  1. Ce témoignage a l’air super intéressant, je ne suis pas surprise par les propos de l’auteur qui se rapprochent de ce qu’on m’a raconté sur cette ville (et sur la Chine en général). Ça serait un bon complément aux témoignages de mes amis qui y ont séjourné.
    Est-ce une destination que tu aimerais visiter ?

    • Coucou Adalana,
      Veux tu que je te l’envoie (bon pour le Japon ce n’est pas simple, mais je peux te l’envoyer en France, je confonds ou tu disais que tu avais de la famille en France ?) ?
      Et pour répondre à ta question , non la Chine ne me tente pas trop (elle ne me tentait pas avant ce livre) . Pour tout dire je trouve ce pays trop grand , trop …. tout, j’aurais peur d’être perdue 😉

      • Merci pour ta proposition, c’est très gentil. Mais ça n’est pas la peine, je ne pense pas que je pourrais le lire dans l’immédiat.

        Pour la Chine, c’est un pays qui ne me tente pas du tout non plus. Mon mari y va assez souvent pour le boulot, aussi bien au nord qu’au sud, et effectivement, c’est vaste, et ça ne m’a pas forcément donné envie !

  2. heureux de découvrir votre lecture, chère Valentyne – les livres resteraient inertes sans lecteurs: des choses parmi les choses… merci à vous de faire vivre « Béton armé », de le porter vers l’avant, vers les autres !

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