Du sang sur la toile – Miyabe Miyuki

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Ce livre revêt presque la forme d’une pièce de théâtre : tout se déroule en un seul lieu, sur une seule journée. Les inspecteurs de la police de Tokyo ont convoqué les protagonistes d’un double meurtre. Qui est témoin, qui est suspect ? C’est là tout l’intérêt du livre, presque un huis-clos. Les faits : Un homme et sa maîtresse ont été assassinés à une semaine d’intervalle. L’homme a été poignardé avec rage, la jeune femme étranglée. L’homme, marié et père d’une fille de 17 ans Kazumi, s’était construit sur un forum une « famille virtuelle » où il jouait le rôle du père.

Le lecteur assiste aux échanges de Kazumi (la fille de l’homme poignardé), de la mère (un modèle de résignation face aux infidélités de son mari), et de trois autres personnes, les membres de la famille virtuelle Ritsuko, jeune fille livrée à elle-même, Minoru , jeune homme désabusé, et Yoshie, une femme de 35 ans, la « mère ».

Petit à petit on comprend le plan machiavélique des policiers pour obtenir des aveux : ils « connaissent » le coupable mais sans preuves….

J’ai trouvé ce livre très intéressant sur l’analyse des personnages en particulier ceux de la « famille virtuelle » : ils sont tous enfermés dans leur solitude, n’arrivant pas à parler au sein de leur famille et essayant d’en reconstruire une ailleurs, mais tout n’est que miroirs et faux semblants.

Un extrait qui m’a particulièrement paru juste :

De l’autre côté de la glace sans tain, Ritsuko parlait à Takegami avec des gesticulations frénétiques, sans se préoccuper de Minoru qui lui tournait le dos, la mine boudeuse.

– Le cœur est quelque chose d’invisible, vous êtes bien d’accord, Monsieur l’inspecteur ? Quand les gens sont ensemble, ils voient leurs visages respectifs. L’apparence extérieure. Rien d’autre. Les vraies relations intimes vont au-delà de ça. Quand je ris, mes amis ou mes parents croient bêtement que c’est parce que je suis contente. Ils ne s’aperçoivent pas que je cache mon vrai moi et que j’essaie de m’adapter : je fais comme si je pensais ou ressentais les même choses que tout le monde, et ça me demande des efforts insensés. Personne ne me regarde jamais comme un être humain. Je fais partie du paysage, point final. Mais en surfant sur Internet, je peux ouvrir mon cœur et rencontrer des personnes qui comprendront qui je suis réellement. (p 132)

Livre lu dans le cadre du challenge d’Adalana

challenge-japonais

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14 réflexions au sujet de « Du sang sur la toile – Miyabe Miyuki »

  1. Il est tentant celui-là ! Je n’ai pas le temps de lire le roman que j’ai choisi ce mois-ci (commande arrivée trop tard) mais ce n’est que partie remise !
    Merci encore pour ta participation ! 🙂

  2. Ping : Challenge Écrivains japonais : Récap’ de juillet | Adalana's Imaginary World

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