Jonathan Coe – La vie très privée de Mr Sim

Mes grands-parents, paternels je veux dire, avaient vécu dans le coin jusqu’à leur mort (à quelques mois d’écart), dans les années soixante-dix. J’étais donc plus ou moins en pays de connaissance, dans un de ces paysages perdus de mon enfance. Non pas que j’aie beaucoup fréquenté mes grands-parents. Mon père n’avait jamais été proche d’eux. Il les tenait à distance, comme il tenait tout le monde.

Au rond-point, prenez la deuxième sortie.

Je n’avais pas l’intention de traverser Lichfield, pas le centre-ville en tout cas. J’allais contourner le quart est de la ville. Dans le temps, avant les autoroutes, avant les rocades, traverser l’Angleterre faisait sans doute voir du pays. On passait dans la grand-rue, à cheval parfois, en remontant assez loin ; on s’arrêtait dans les pubs du centre-ville (ou au relais de poste, à l’auberge de la diligence, appelez ça comme vous voudrez). A présent, tout le réseau routier semblait conçu pour vous en empêcher au contraire. Les routes étaient là pour qu’on ne rencontre pas les gens, pour ne surtout pas s’approcher des lieux où l’humanité se rassemble.

Jonathan Coe – La vie très privée de Mr Sim

Sur une idée de Chiffonnette

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